A-018-002.

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  • Des interviews exclusives de Dja-Apharou ISSA IBRAHIM, ami et confident de Jacques Baulin, responsable par donation de l’intégralité des documents constituant le fond, et président de l’association sont actuellement publiées dans la rubrique présentation.

  • Les trois ouvrages de J. Baulin : Conseiller du président Diori, La politique africaine d’Houphouët-Boigny et La politique intérieure d’Houphouët-Boigny
    seront disponibles sur le site en version iBook et en version Pdf dès septembre
    2009.
















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En ce qui concerne la "Note sur l’évolution des frais de personnel de la SONARA " du 31.7.67 :


a — il est inadmissible que les frais de personnel aient été
multipliés par 14,36 - et par 8,45 à l’unité — alors qu’il
est universellement admis que l’augmentation de la
production a pour conséquence inéluctable de faire baisser
les frais généraux et de personnel à l’unité ;

b - il faudrait étudier de très près la contexture de ce poste
" salaires " , pour voir si ce ne sont pas les trop gros salaires
qui ont augmenté et pour voir aussi s’il n’y a pas de "
salaires honoraires " .

c Expliquer cet accroissement invraisemblable des frais de
personnel par la générosité excessive du directeur de la
SONARA — comme le fait l’auteur de cette "Note " dans sa
conclusion - c’est trop facile . Nous somme des partisans
de la liberté d’entreprise précisément pour éviter ces abus
de la "copinerie ". Aucune entreprise privée ne permettrait à
son directeur , une générosité , ou plutôt une désinvolture
de ce genre .

Si l’on ajoute à ces données fondamentales certains faits à savoir que :


1°. Les arachides du Niger semblent avoir cette particularité
contre - nature de perde du pois — au lieu d’en allant d’un
climat sec à un climat humide ( voir " Note de présentation
de l’enquête . . . " p. 2 ) .

2°. Un faux volontaire a été commis et reconnu par le
Directeur de la SONARA , en ce qui concerne les sacs .

3°. L’irrégularité de la comptabilisation à été reconnue aussi
par le Directeur ,

4°. La constitution d’une " caisse noire " de 100 à 150.000.000
PAR AN , sans que l’on sache même le but , les fins d’une
telle réserve occulte , est inadmissible , on se trouve obligé
de répéter la conclusion des enquêteurs qui écrivent :


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ANALYSE DES DOCUMENTS ET DE L’ENQUETE SONORA


LES SACS


1. Des calculs beaucoup trop "larges"
Les différents rapports font bon marché des deniers de l’Etat




a) A la page 5, para. 2 de la note n° 221 du 7.7.67 , on lit :

" En considérant que tous les embarquements sur la France sont
effectués en vrac avec bardis de 10% . . . en admettant une perte
de 50% de la valeur des sacs par suite de la première utilisation
et des frais de retour . . ."

Or , :
— en 1965-1966 , sur les 100.000 tonnes d’arachides exportées vers
la France , moins de la moitié l’ont été par des navires non
spécialisés c’est à dire nécessitant des bardis ou si l’on préfère
des arachides ensachées . Il faut donc pousser l’enquête exportées
avec bardis . Amon avis , il y a là , une différence de 5 à 10. 000.000
de CFA .


— Admettre , en passant , qu’il y a " une perte de 50% de la
valeur des sacs " . . , c’est un peu trop cavalier dans la mesure
où ces 50% sur 114.000 tonnes , signifient près de 100.000.000 de
CFA en plus ou en en moins . Il convient donc de traiter ce
problème avec beaucoup plus de minutie , beaucoup plus
d’attention dans la recherche des précisions .


b) A la page 5 , para 1 1 de la même note n° 221 , le prix d’un sac est
calculé à 135 CFA , alors qu’en page 8 de la " Note sur le coût
de la sacherie de la SONATRA en 1965-1966" , prix moyen d’achat
en 1965 (donc pour la campagne 1965-1966 ) est de 126 CFA .

Cette différence de 9 CFA PAR SAC fait au total — pour les
quelques 2.000.000 de sacs nécessaires au 157.000 tonnes
d’arachides — 18.000.000 de CFA .


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2. Des prix troublants

A la page 8 de la "Note sur le coût de la sacherie de la SONARA
(1965-66)" on trouve le prix d’achat des ses en 1965 et en 1966.


Les auteurs de ce rapport ne semblent pas avoir été frappés par les
faits ahurissants que voici :

a - dans la même année 1966 , le prix d’achat du sac a varié
de 107 à 162 CFA , c’est à dire a augmenté de quelque 60% .

b - dans la même année 1966 , le prix d’achat du sac a varié
de 135 à 162 CFA , c’est à dire a augmenté de 20%

c- Mieux encore on a acheté 900.000 sacs seulement
quand le prix moyen du sac était de 126 CFA et on en a
acheté 1.850.000 quand le prix moyen a haussé à 146 CFA .
Cette différence de 20 CFA pièce sur 1.850.000 sacs , cela
fait 37. 000.000 de CFA .


Dans n’importe quelle firme privée , le directeur responsable d’une
telle "bévue" serait remercié sur le champ pour incapacité notoire .
Dans le cas qui nous occupe , il faut chercher qui a empoché des
commissions royales . En effet , d’après notre enquête auprès des
fabriquants français , les prix n’ont pas varié en 1965 .


3. Les sacs usages.


A la page 4 , para 3 , de la " Note sur le coût de la sacherie de la SONARA 1965-66 " il écrit :


" De fait , il est admis qu’un sac en jute peut faire trois voyages au
maximum . . . / s’il ne fait que deux voyages il est revendu au tiers de
son prix d’achat . . . "


Là se posent un certaine nombre de question :

a — Pourquoi trois voyages au maximum et pas quatre ou cinq ?

b — Qui a intérêt à mettre en relief qu’il est avantageux de vendre les sacs après deux voyages , puisque de cette façon on récupère le tiers du prix d’achat donc qu’on a un bon amortissement et qu’il est avantageux , à ce moment , d’acheter des sacs neufs ?


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2. Des prix troublants

A la page 8 de la "Note sur le coût de la sacherie de la SONARA
(1965-66)" on trouve le prix d’achat des ses en 1965 et en 1966.


Les auteurs de ce rapport ne semblent pas avoir été frappés par les
faits ahurissants que voici :

a - dans la même année 1966 , le prix d’achat du sac a varié
de 107 à 162 CFA , c’est à dire a augmenté de quelque 60% .

b - dans la même année 1966 , le prix d’achat du sac a varié
de 135 à 162 CFA , c’est à dire a augmenté de 20%

c- Mieux encore on a acheté 900.000 sacs seulement
quand le prix moyen du sac était de 126 CFA et on en a
acheté 1.850.000 quand le prix moyen a haussé à 146 CFA .
Cette différence de 20 CFA pièce sur 1.850.000 sacs , cela
fait 37. 000.000 de CFA .


Dans n’importe quelle firme privée , le directeur responsable d’une
telle "bévue" serait remercié sur le champ pour incapacité notoire .
Dans le cas qui nous occupe , il faut chercher qui a empoché des
commissions royales . En effet , d’après notre enquête auprès des
fabriquants français , les prix n’ont pas varié en 1965 .


3. Les sacs usages.


A la page 4 , para 3 , de la " Note sur le coût de la sacherie de la SONARA 1965-66 " il écrit :


" De fait , il est admis qu’un sac en jute peut faire trois voyages au
maximum . . . / s’il ne fait que deux voyages il est revendu au tiers de
son prix d’achat . . . "


Là se posent un certaine nombre de question :

a — Pourquoi trois voyages au maximum et pas quatre ou cinq ?

b — Qui a intérêt à mettre en relief qu’il est avantageux de vendre les sacs après deux voyages , puisque de cette façon on récupère le tiers du prix d’achat donc qu’on a un bon amortissement et qu’il est avantageux , à ce moment , d’acheter des sacs neufs ?


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c — Quand un sac est - il usagé au point d’être impropre au
transport des marchandises ?

d — Comment se fait-il d’autres utilisateurs - dont la CFDT-
puissant se servir de sacs considérés impropres par la SONARA ?

e — A quoi les acheteurs de ces sacs les utilisent — ils ?

f — Sur les 927. 621 sacs vendus par la SONARA ( voir p.6 de la
" Note " ) le nom d’un seul acheteur , la CFDT , est précisé .
Quels sont donc les acheteur des 834.621 sacs restants ?

g — Quelle garantie a-t-on que certains sacs vendus comme
usagés et impropres , ne sont pas des sacs neufs , revendus et
refacturés à la SONARA au prix fort
 ?


Une suggestion : les sacs coûtant tellement cher , pourquoi ne pas
créer un grand atelier de rapièçage qui tout en
permettant des économies notables , pourrait donner
un travail à 150 ou 200 jeunes filles et garçons .


LES FRAIS GENERAUX


De tous temps , les firmes de type "colonial" ont joué à fond , sur les frais généraux, en tablant sur le fait que la vérification de la gestion à l’étranger est difficile , sinon impossible.


Ceci dit , voici les remarques qui s’imposent dans ce domaine
(voir "Analyse de la structure des prix . . " ) :


1. Les dépenses effectives ( " la denrée finale " ) sont partout inférieures
aux " prévisions barême " — à l’exception du poste " charges
financières " — sauf pour les frais généraux où celui qui a fait les
prévisions s’est "trompé " de plus de 100 % .


2. Sur 133.000 tonnes d’arachides exportées , la différence entre ce
qui était prévu et ce qui aurait été dépensé — 800 à 1910 CFA — ,
atteint les 150.000.000 de CFA . (1) Aucun dirigeant d’aucune filme
privée ne pourrait survivre à de telles "erreurs d’appréciation" .


(1) . A noter que dans l " Analyse de la structure des prix de l’arachide pour la compagne 65-66 " , on donne à la page 7 les chiffres de 800 CFA comme prévu et 1910 , comme " donnée finale " , alors qu’à la plage 4 du "procès verbal " du 31 juillet on donne le chiffre de 900 CFA comme prévu et 2.227 comme "donnée finale" . Il faudrait rechercher l’origine de cette contradiction , car dans cette seconde hypothèse , la différence serait non pas de 150.000.000 de CFA , mais de 176.000.000.


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" De toutes les manières le détournement d’une somme de plus
de 100 millions à des fins personnels est à exclure " .

Je pense , pour ma part , en tendant compte de l’analyse sommaire exposée ci-dessus que :

1°. Les sommes détournées directement ou indirectement s’élèvent
à prés de 300.000.000 de CFA, PAR AN , DEPUIS PLUSIEURS
ANNEES .

2°- non seulement il a été porté préjudice aux intérêts matériels
de l’Etat nigérien mais aussi à son intérêts moral et à celui de
tous les EAMA , en effet si la CEE était au courant de ces
faits , elle aurait beau jeu pour expliquer la dureté de sa
position .

Il en découle , - sauf contre - indication d’ordre politique - que la responsabilité personnelle du Directeur est engagée au - delà de la simple "mauvaise gestion " .


C’est regrettable d’en arriver à cette conclusion , mais il faut avoir le courage de regarder les choses en face . Car , si un enquêteur peut se permettre de ménager telle ou telle personnalité de ses connaissances de la haute société de Niamey et de Paris , un dirigeant , à mon avis et en principe se doit de réagir.


Il doit le faire pour montrer aux autres directeurs de société qu’en cas de malversations , ils ne pourront s’en aller fortune faite , avec un blâme non public pour toute sanction .

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