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Jeudi 8 juin 1967

MON POINT DE VUE par Henry BÉNAZET


LES ÉTATS NOIRS ET LE MARCHÉ COMMUN


A chaque jour suffit sa peine. Hier, c’étaient les doléances des pays noirs qu’examinaient, à Bruxelles, les représentants des "Six". Des plaintes assurément fondées. Jugez-en.


Lorsque ces dix-huit Etats, pour la plupart francophones
- quatorze d’entre eux ne constituent-ils pas l’O.C.A.M. (Organisation commune africaine et malgache) ? - signèrent, voilà trois ans, le pacte d’"association" à la C.E.E., ils croyaient réaliser une opération
heureuse . Ne leur avait-on pas promis monts et merveilles, s’ils accroissaient au plus vite leur production agricole ? Le Marché commun se chargerait de l’absorber.


Cette directive, ils l’ont seru-puleusement suivie. Pour s’apercevoir, aujourd’hui, qu’ils sont les dindons de la farce. Non seulement ils n’écoulent qu’avec d’énormes difficultés une partie de leurs produits chez les "Six", mais les prix s’effritent. La banane ivoirienne, le cacao camerounais, le coton dahoméen, les arachides nigériennes, la vanille malgache accusent une baisse du quart, voire de la moitié, par rapport à 1953. Sans que les consommateurs européens en aient, bien entendu, profité.


PLs ! Tandis que les ressources des Noirs s’amenuisent sans cesse, il leur faut payer bien plus cher le blé, le sucre, les machines, les camions, le ciment, bref, tous les articles venant de l’étranger.


Aussi, dés octobre dernier, Hamani Diori, président de l’O.C.A.M., plaçait-il déjà les "Six" devant leurs responsabilités. Sans résultat jusqu’ici.
Cependant, l’organisme bruxellois ne saurait décemment attendre davantage pour remédier à cette situation intolérable.


A la vérité, ses membres se trouvent assez embarrassés. Certains même, fort gênés, en tête le gouvernement de Ronn. Les Allemands, au lieu d’importer des bananes africaines, ne se fournissent-ils pas en Amérique centrale ? Etrange façon de soutenir leurs "associés" !


Comprenant la nécessité de "faire quelque chose", peut-être allégera-t-on les axes- parfois écrasantes, comme outre-Rhin et en Italie - sur certains produits tropicaux. Il semble aussi que la C.E.E. relèvera le montant de son aide financière à l’O.C.A.M.


En tout cas, la France doit défendre, à Bruxelles, La cause de ces pays, dont quatorze étaient, , ses colonies ou , puisse-t-elle la plaider- à bon
- avec l’astuce et l’opinion qu’elle montre en - à tort- ses contre l’adhésion  !
Mais ce n’est là qu’un faible espoir
...

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