B-013-001-001

  • Recherche textuelle
  • Brèves
  • Des interviews exclusives de Dja-Apharou ISSA IBRAHIM, ami et confident de Jacques Baulin, responsable par donation de l’intégralité des documents constituant le fond, et président de l’association sont actuellement publiées dans la rubrique présentation.

  • Les trois ouvrages de J. Baulin : Conseiller du président Diori, La politique africaine d’Houphouët-Boigny et La politique intérieure d’Houphouët-Boigny seront disponibles sur le site en version iBook et en version Pdf dès septembre 2009.

Remise le 25.11.68

CENTRE D’INFORMATION DU NIGER

Copie faite

TAIBOUT 59-58 50-40

LE DIRECTEUR jb/dh
13, BOUL . HAUSSMANN
PARIS - IXe

le 23 novembre 1968

Rapport sur ma mission au Canada.

S. E. Monsieur Hamani Diori
Président de la République du Niger
Niamey

Monsieur le Président,

Je suis arrivé à Montréal, le mercredi 20 novembre à 22 heures. J’ai dit à nos amis qui m’attendaient à l’aéroport, que :

  • a - j’avais la lettre nommant Maître Pierre Thomas comme Consul Honoraire
  • b - je voulais rencontrer le Premier Ministre Trudeau pour une affaire importante et urgente.

Douze heures plus tard, nous étions à Ottawa. Le nouveau Consul du Niger - il se déplace avec une grande aisance dans les bureaux du Premier Ministre et y connaît tout le monde y compris M. Trudeau - me ménageait une entrevue avec M. Lalonde, « Adjoint Exécutif du Premier Ministre », en présence de M. Riddle, chef du département Afrique Levant au Ministère des Affaires Etrangères.

Bien entendu, j’avais fait part des observations de l’Ambassadeur du Niger à Washington, à nos amis de Montréal. Pour les démentir sans doute, tous deux ont tenu, dès le début, à me dire qu’ils avaient été heureux d’apprendre la nomination de M° Pierre Thomas comme Consul Honoraire du Niger à Montréal et qu’ils y voyaient les prémisses d’un renforcement des liens entre le Canada et le Niger. L’adjoint du Premier Ministre a tenu à ajouter que « la prochaine nomination d’une personnalité telle que M° Bernard Deschènes comme Consul Honoraire de la Côte d’Ivoire au Canada nous comble aussi de joie ».

Je leur ai exposé ensuite l’objet de ma mission en quelques mots.

Quarante-cinq minutes plus tard, le Premier Ministre abandonnait un Conseil de Cabinet pour me recevoir.

Je l’informais d’abord que vous m’aviez envoyé spécialement pour lui transmettre un message, et je lui donnais ensuite lecture de la note verbale - dont vous trouverez la photocopie ci-jointe - résumant votre position sur la francophonie.

La lecture de la note l’avait visiblement ému, et il n’a pas cherché à cacher son émotion, il m’a dit :

« Transmettez au Président de la République mes remerciements chaleureux pour le geste amical que constitue l’envoi d’un émissaire spécial, avec un tel message. Dites-lui que ce geste me touche profondément... La compréhension dont font preuve le Président Diori Hamani et les autres Chefs d’Etat francophones d’Afrique, envers nos problèmes nous est d’un grand secours... »

Monsieur Trudeau repartait pour assister à la fin du Conseil de Cabinet en me disant de l’attendre. Il revenait au bout d’un quart d’heure, et la discussion s’est engagée sur le fait que le Québec était le seul à avoir reçu une invitation à la Conférence, dont la copie avait été envoyée à un autre invité...

il m’a informé alors qu’une réunion sur ce problème de la francophonie était prévue pour l’après-midi à 16 heures, et m’a demandé d’attendre à Ottawa jusqu’à 18 heures, pour sa réponse à la note verbale.

Ce n’est que le lendemain vendredi 22, à 10 h 30, que M. Lalande m’a transmis la note verbale dont vous trouverez le texte en annexe.

En résumé, on peut dire que ce qui a touché le plus M. Trudeau, c’est que vous ayez dépêcher un émissaire spécial pour lui exprimer votre sympathie pour sa cause, lui exposer la situation dans laquelle vous vous trouviez, et lui demander de faire preuve de compréhension.

Je suis certain qu’une simple lettre envoyée par les canaux officiels n’aurait absolument pas eu le même effet. D’ autant que votre émissaire, en réfléchissant avec lui à haute voix sur les moyens de sortir de l’impasse, l’a convaincu, semble-t-il, de votre bonne foi totale.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments dévoués.

Portfolio

Creative Commons License Fonds d’archives Baulin (http://www.fonds-baulin.org), développé par Résurgences, est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons : Paternité-Pas d’Utilisation Commerciale-Pas de Modification 2.0 France.
Plan du site
Site propulsé par l'Atelier du code et du data, chantier d'insertion numérique