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  • Des interviews exclusives de Dja-Apharou ISSA IBRAHIM, ami et confident de Jacques Baulin, responsable par donation de l’intégralité des documents constituant le fond, et président de l’association sont actuellement publiées dans la rubrique présentation.

  • Les trois ouvrages de J. Baulin : Conseiller du président Diori, La politique africaine d’Houphouët-Boigny et La politique intérieure d’Houphouët-Boigny seront disponibles sur le site en version iBook et en version Pdf dès septembre 2009.

LES DONNES DE LA SITUATION EN
HAUTE VOLTA


La Haute Volta traverse en ce moment une période d’ exceptionnelle misère. Ces derniers mois, le marasme contraignit beaucoup de magasines à fermer leurs postes : Monoprix, la SCOA, etc. . . Les maisons et les entreprises encore ouvertes travaillent toutes avec de grosses difficultés, et des comptes en banque largement découverts. Elles s’ efforcent de dépenser le moins possible, et renouvellent leurs stocks, leur matériel au compte goutte. A longueur de journée, des bandes d’ enfants abandonnés errent à travers la ville, à la recherche d’ un croûton de pain, d’ un bol de riz, d’ un menu larcin, d’ un service à rendre contre une pièce de monnaie. Chose exceptionnelle pour un pays africain, personne ne s’ occupe d’ eux. La nuit, ils dorment sur les trottoirs, à la belle étoile. Certains se prostituent, même parmi les garçons. De l’ avis général, la Haute Volta se prépare une formidable délinquance juvénile d’ ici peu d’ années.

Les raisons de la misère

La misère du pays provient pour une large part des contraintes financières probablement trop rigoureuses imposées par le Gouvernement. En 1966, lorsqu’il arriva au pouvoir, le Général Lamizana découvrit un déficit de 2 milliards, pour un budget de 8. Il estima d’ emplée qu’ il lui faudrait une aide extérieure, mais qu’ il ne l’ obtiendrait qu’ à condition d’ inspirer confiance aux bailleurs de fonds, et que la Haute-Volta saurait les convaincre seulement si elle consacrait ses ressources au remboursement des créanciers. Une austérité impitoyable élimina les dépenses inutiles, au point de faire cesser le fonctionnement des climatiseurs dans les bureaux, et de remplacer le champagne par le coca-cola dans les réceptions officielles. Enfin, Lamizana procéda à l’ augmentation des impôts, à la levée d’ une « Taxe patriotique » exceptionnelle, et à la réduction des salaires, pour augmenter les ressources de l’ Etat. Ces mesures draconiennes se traduisirent par une réduction des revenus évaluée à 30%. Or ces 30% représentaient à peu près la marge sur laquelle vivaient les entreprises privées, commerciales et autres. Atteintes dans leurs activités, beaucoup d’ entre elles réduisirent leurs investissements, ou même fermèrent simplement boutique. Cette récession entraîna d’ innombrables pertes d’ emplois, et une aggravation de la gêne produite par les mesures

officielles. Aujourd’hui, la Haute-Volta semble avoir atteint le fond du gouffre. L’ équipe au pouvoir ne pourrait sûrement pas lui infliger de nouvelles restrictions sans de violentes résistances. En brousse, la perception des impôts donna lieu à des incidents. En particulier autour de Bobo-Dioulasso.

La France

Beaucoup des difficultés actuelles semblent d’ ailleurs toucher à leur fin. La reprise économique dépend en premier lieu des investissements publics. Or le FED se prépare à donner 3 milliards 600 millions de Francs CFA ; pour la construction d’ une route de Ouagadougou au Ghana -2 milliards- ; pour l’ aménagement d’ une autre artère de Bobo-Dioulasso au Mali - 1 milliard - ; pour l’ amélioration hospitalière - 600 millions-. Ces crédits, alloués depuis plusieurs mois, doivent être effectivement versés dans un très proche avenir.

La France, de son côté, surveille la situation et aide le Gouvernement pour qu’ elle ne s’ aggrave pas. A l’ inverse des Dahoméens, les voltaïques jouissent d’ une excellente cote à Paris. Ils obtiennent une aide constante d’ environ 4 milliards et demi de francs CFA par an. Le Trésor français ne leur a fait aucune difficulté pour leur attribuer les 600 millions d’ avance qu’ ils souhaitaient obtenir cette année. L’ ancienne métropole éprouve en effet beaucoup d’ estime pour Lanizana. Elle apprécie particulièrement son austérité, et les efforts qu’ il réalise pour rembourser les dettes de l’ Etat, même aux simples particuliers. Il existe donc de sérieuses raison de croire qu’ elle ne laisserait pas la situation devenir dangereuse.

Le Problème de Maurice Yaméogo

Il n’ existe actuellement qu’ un seul litige entre Paris Ouagadougou : le sort personnel de Maurice Yaméogo, que le Gouvernement de M. Pompidou voudrait savoir libre, et auquel il serait disposé à offrir une discrète hospitalité.

Pour sa part, le Général Lamizana se trouve personnellement gêné par cette proposition. Considéré longtemps comme l’ un des premiers auxiliaires de Yaméogo, il doit tenir compte du fait que Maurice Yaméogo possédait beaucoup d’ ennemis dans l’ élite politicienne, composée des ministres, des commandant de cercle etc, sans compter Nazi Bony et Ki Zerbo ainsi que leurs amis. Cette élite forme aujourd’hui la principale opposition à son élargissement, et à son départ en France.

Le régime militaire

La Haute-Volta obéit réellement à un régime militaire, peut-être le plus pur en son espèce parmi tous ceux qui existent en Afrique. Non seulement le Président, les Ministres, reçoivent, travaillent en uniforme, mais encore ils rendent compte de leurs activités à un Conseil Supérieur des Forces Armées, réuni à peu près tous les mois ; mais celui ci ne représente pas un second pouvoir, dans la mesure où il se réunit seulement sur l’ initiative du Président, qui explique à ce Parlement en uniforme, il lui fait approuver, sa politique.

Cela permet au Général de prendre régulièrement la température de l’ armée, à travers les égards qu’ il lui manifeste. Il a été très sensible à la mésaventure de son collègue Soglo. La destitution du Dahoméen par ses lieutenants a vivement frappé le voltaïque. Cet exemple l’ incite à croire qu’ il demeure dans la voie de la sagesse et de la prudence lorsqu’il associe à son action des subordonnés qu’ il contrôle.

Comme officiers, comme hommes, Lamizana et ses Ministres militaires inspirent à leurs compatriotes des sentiments opposés à ceux que suscita le régime Soglo dans sa dernière phase. Depuis deux ans, les successeurs de Maurice Yaméogo prêchent tous exemple. Lamizana, pour sa part, n’ utilise pas le Palais présidentiel, sauf pour les réceptions publiques. Il vît toujours dans sa ville personnelle, une très modeste maison qu’ il occupait avant son accession au pouvoir. Aucun bruit de malversations ne court sur lui-même, sur quelqu’un de sa famille ou de son entourage. Il travaille personnellement dans un bureau non climatisé pour donner l’exemple.

Les Ministres, pour leur part, vivent sur la solde de leur grade, avec en plus une indemnité de représentation de 28.000 francs par mois. cette rigidité des moeurs entretient le respect autour du Gouvernement.

Les hommes en place

Au sein l’ équipe en place, les personnalités les plus influentes sont, dans l’ ordre d’ importance, l’ Intendant Militaire Garango, Ministre des Finances ; Damiba, Ministre du Plan ; le Capitaine Bila Zagré, Ministre de l’ information ; le Lieutenant Dakouré, Ministre de l’ Agriculture. Lorsqu’il forma son équipe, le Général Lamizana ne découvrit pas dans son entourage l’ officier apte à prendre les Affaires Etrangères. Sur le conseil de Ki Zerbo, il désigna un jeune intellectuel, musulman de Gauche, Diplômé des Sciences Politiques de Paris et ancien stagiaire à l’ ENA française âgé de 31 ans, M. Malick Zoromé. D’ un abord affable, modéré dans ses propos, ce personnage est l’ un des mystères du pays. Il tient les propos les plus aimables

sur la coopération mais vota contre la France aux Nations Unies dans l’ affaire de la Côte française des Somalis. Si ses opinions intimes sont mal décelables, il est net qu’ il prend l’ art de mentir pour de l’ habileté. L’ influence qu’ il exerce sur le Gouvernement reste aussi difficilement évaluable. On la dit faible. Lamizana le garderait en raison de son appartenance ethnique. Il vient de la région septentrionale frontalière du Mali et montre une grande ferveur musulmane.

Sans aucune exception, ces personnages mènent tous existence austère. Officier du Génie, le Ministre Dakouré a déposé très officiellement une demande pour partir en France effectuer son stage de perfectionnement réglementaire, dans le courant de l’ année 1969.

Mais par le plus curieux des paradoxes, ces hommes exigeants pour eux-mêmes se montrent relativement mous à l’ égard de leurs compatriotes, et même de la situation générale. Ainsi, à la Présidence, le Général Lamizana donne ses audiences avec une parfaite pontualité, mais au même moment, les employés civils dorment dans leurs bureaux, traînent le long de couloirs à l’ abandon, aux meubles gris de poussières. Autrement dit, le Gouvernement Lamizana donne l’ impression de travailler consciencieusement, mais de tourner sur lui-même et d’ exercer une activité relativement artificielle, malgré le mal qu’ il se donne et les efforts sincères qu’ il déploie.

Les élections de 1970 et les partis

Pour Lamizana, tout se trouve lié l’ échéance de 1970. L’ an dernier, Lamizana, annonça qu’ il conservait le pouvoir en raison de l’ impuissance des partis à s’ entendre, mais qu’ il s’ en déferait au plus tard en 1970 lorsque l’ assainissement financier serait accompli. Par la force des choses, 1970 marquera donc une date, soit que le Général revienne sur sa parole et garde le pouvoir, soit qu’ il organise des élections et remette la direction des affaires au vainqueur.

Dans cette seconde hypothèse, les candidats se recruteront parmi les partis politiques organisés : le RDA fidèle à Yaméogo, les débris du Parti Républicain de la Liberté de Nazi Bony, surtout influent en pays Bobo, et le Mouvement de Libération Nationale - MLN - du Professeur Ki Zerbo. Dans la situation actuelle, il s’ avère très difficile de connaître l’ influence des deux premières organisations, puisque leurs activités officielles demeurent interdites. En principe, le MLN souffre de la même restriction. Mais à la différence du RDA, par exemple, il figure parmi les vainqueurs de Janvier 1966, et dispose d’ un ami au Gouvernement avec Malick Zoromé. Ki Zerbo, pour sa part, figure parmi les inspirateurs officieux du régime. Les égards dont il jouit ne sauraient donc se com-

- parer avec le sort de l’ opposition, même si théoriquement les partis font tous l’ objet de mesures identiques.

D’orientation progressiste et chrétienne, le MLN passe pour un parti d’ intellectuels, coupé des masses paysannes. Pour cette raison, on assure qu’ il ne saurait acquérir aucune audience auprès des masses. Pourtant, lui seul peut s’ organiser aujourd’hui à peu près librement, et ce de privilège impressionne beaucoup « les masses ». En 1963, le renversement de Fubert Youlou à Brazzaville montra comment des intellectuels minoritaires peuvent, en pays sous-développé et sans cadres influencer pour plusieurs années l’ orientation politique de leur pays. Le phénomène peut parfaitement se reproduire en Haute-Volta, à l’ échéance de 1970.

Naturellement modeste, conscient de ses propres lacunes, le Général Lamizana se montre impressionné par les diplômes et le titre de Ki Zerbo. il fût également frappé par le rôle du MLN dans la chute de Yaméogo, et considère qu’ il s’ agit d’ une force avec laquelle il faut compter, voire composer. L’ arrivée du MLN à une place plus importante, et par la légalité, constitue donc l’ un des problèmes de l’ avenir.

Ki Zerbo veut jouer la carte anti-ivoirienne

Curieusement, son Chef montre une grande lassitude, beaucoup de désenchantement. Sans doute réalise-t-il mieux qu’ hier les difficultés, les faiblesses de son pays. C’ est un grand garçon distingué, au visage prématurément vieilli. Il parle d’ une voix douce, pleine de modération, pour exposer son programme. Celui-ci consiste à libérer le peuple, c’ est à dire à commencer par faire passer en jugement Maurice Yaméogo. Le Professeur ne veut pas sa tête, mais une peine infamante et au moins symbolique, « pour instruire le peuple ». Il se déclare partisan du maintien Conseil de l’ Entente, mais veut sa transformation complète. Pour lui, la Haute-Volta se trouve dans la situation d’ une « semi-colonie » à l’ égard de la Côte d’ Ivoire, et en perd sa substance

Cette hostilité à la Côte d’ Ivoire comme à la personne du Président Houphouët constitue l’ un des points communs entre le régime et le MLN. Les dirigeant voltaïques reprochent en effet au fondateur du RDA d’ avoir voulu rétablir Yaméogo en faisant passer des subsides à ses partisans, spécialement à sa femme Félicitée , convaincue de complot et arrêtée au mois d’ Août. Si le Général Lamizana se montre relativement discret sur cette affaire et se garde de formuler des accusations précises , le Capitaines Bila Zagré se montre plus explicite. M. Ki Zerbo, lui, se montre formel. La Haute-Volta semble ainsi vivre dans la hantise d’ une « conjuration » Ivoirienne permanente. Cette croyance, répandue dans le personnel dirigeant, s’ appuie sur une hostilité très vive des Mossis envers un pays où

ils vont traditionnellement chercher du travail, et où ils s’ estiment mal reçus, exploités. Une démagogie anti-ivoirienne pourrait vrais semblablement constituer un excellent thème de démagogie ou de surenchère politique. Dans la mesure où le MLN prépare dès maintenant l’ échéance de 1970, cet élément mérite de retenir l’ attention.

Maurice Yaméogo, Ki Zerbo et Lamizana

S’il possède sur les autre partis l’ avantage de pouvoir effectuer sa propagande au grand jour, M. Ki Zerbo ne s’ en trouve pas moins dans une situation équivoque. Sans participer directement au pouvoir, il soutient l’ équipe en place et se trouve moralement solidaire des mesures d’ austérité qu’ elle impose. Or ces mesures, faut-il le préciser, n’ inspirent aucun enthousiasme. Sa position deviendrait sans doute encore plus inconfortable, si le Gouvernement libérait Maurice Yaméogo en réussissant à maintenir Ki Zerbo dans son opportunisme actuel. Le MLN serait alors très affaibli par l’ acceptation d’ une mesure qu’ il combat. Or rien ne prouve qu’ il passerait à l’ opposition dans ces circonstances. L’ équivoque de sa situation l’ engagerait sans doute à vouloir, malgré tout, en conserver les avantages. Si Lamziana était un habile politique, il verrait là un moyen de lever l’ hypothèque MLN.

Bien entendu, une telle manoeuvre dépend beaucoup de la liberté d’ action dont il dispose pour élargir Maurice Yaméogo. Au cours d’ un longue conservation, le Général s’ est déclaré conscient des problèmes posés par cette détention. Il convient volontiers qu’ elle gêne son pays dans ses rapports avec l’ Entente, et surtout avec la France. Il s’ avoue épouvanté à l’ idée que son captif puisse mourir entre ses mains. Il prétend rechercher une formule acceptable, pour pouvoir s’ en défaire sans susciter des réactions violentes de la part des ennemis de l’ ancien régime, à savoir certains jeunes officiers, des syndicalistes, et le MLN. Or les jeunes officiers ne disposent d’ aucune représentation politique. Les syndicats demeurent muselés. Le MLN ne pourrait contrarier cette initiative qu’ à la condition de prendre des risques. Ces trois risque ne ressortent pas de l’ impossible. S’ ils correspondent à un péril effectif, celui-ci réduit d’ autant l’ autorité de Lamziana. Au début de Février, celui-ci se déclarait pourtant disposé à libérer Yaméogo « très bientôt ».

L’ une des inconnues de ce problème semble cependant la popularité de Yaméogo. En 1966, le Président tomba sans s’ être réellement défendu. S’ il possédait des adversaires, il avait aussi des partisans. Sa bonhomme plaisait au petit peuple de Ouadougou. Par comparaison avec les actuelles rigueurs budgétaires, son pouvoir laisse le souvenir d’ une époque agréable, chacun vivait mieux. Les dirigeants actuels le prétendent discrédits. Mais

redouteraient-ils tant, évoqueraient-ils avec tant d’ impatience les « intrigues » ivoiriennes en sa faveur s’ ils croyaient réellement à la défaite définitive de leur prisonnier ? sans qu’ il soit possible de répondre par l’ affirmative, cette question aussi mérite d’ être prise en considération.

Les américains

Les activités étrangères en Hante-Volta semblent pour le moment très restreintes. L’ aide américaine s’ élève à une centaine de millions par an. Elle représente un apport négligeable. L’ Ambassadeur Elliot Percival Skhiner est un Noir des Etats-Unis assez hostile aux Européens. Il parle mossi et pratique cette langue dans les réunions officielles, ce qui exagère les Voltaïques. L’ action de son Centre Culturel brille par la maladresse.

Lors de la dernière session de l’ ONU, le Général Lamziana chargera son Ministre des Affaires Etrangères de se rendre à Washington, pour remettre un message au Président Johnson. Le département d’ Etat proposa à Malick Zoromé d’ en assurer la transmission. Le jeune Ministre refusa, sous prétexte qu’ il devait déposer la lettre « en mains propre ». Finalement, le Protocole américain lui ménagea une rencontre avec Dean Rusk. Mais lorsque celui-ci lui demanda la lettre, il refusa encore de la lui donner pour la même raison. Il regagna finalement Ouagadougou avec le message dans sa valise, fort mécontent des Américains fort mécontents de lui. Cet incident n’ a guère amélioré les rapports entre les deux pays.

Les Soviétiques

L’ Union Soviétique, elle vient tout juste d’ établir son Ambassade au début de l’ année. Son représentant est un Arménien affable d’ une cinquantaine d’ année, M. Yakov Lazaref. Avant de venir en Haute Volta, il appartenait à la section africaine du Ministère Soviétique des Affaires Etrangères. Détail intéressant, ce Ministère possédait trois sections africaines jusqu’à 1967. Il en aura cinq désormais.

Pour le moment, les effectifs de l’ Ambassade sont de trente personnes. Ils sont destinés à s’ accroître. Les fonctionnaires russes voyagent beaucoup dans les pays voisins. Ils se rendent souvent à Dahonney, et surtout au Mali. Leur tâche semble consister à surveiller le Ghana, et à préparer leur retour à Accra. M. Yakov Lazaref s’ efforce d’ établir de bons rapports avec son collègue français. Il s’ intéresse particulièrement aux services voltaïques de l’ information. Place du marché, à Ouagadougou, le Hall d’ Information Voltaïque présentait, début Février, de très nombreux panneaux couverts de photo à la gloire de la Révolution d’ Octobre et du

socialisme. Il offrait aussi des scènes de guerre en Angola sous la rubriques : « Non au Colonialisme ! » Interrogé sur cet affichage, le Directeur du Centre, M. Bassolet, un Voltaïque, a répondu qu’ il ne faisait « aucune discrimination » entre les documents reçues, et qu’ il les affiche tous. En fait, les Soviétiques sont de très loin les plus nombreux. Leur profusion témoigne d’ une activité intense. M. Bassolet serait sensible aux propositions amicales, car il a de gros besoins d’ argent.

Formose, l’ ONU et les gisements de cuivre

Une Ambassade de Formose fonctionne à Ouagadougou. Sa tâche principale consiste, depuis quelques mois, à essayer d’ établir le contact avec les Chinois communistes de Bamako, et d’ exploiter la Révolution culturelle pour obtenir des ralliements à Tchang Kaï-check.

Une mission géologique des Nations-Unies travaille dans le pays. Elle a découvert de très intéressants indices de cuivre dans la région de Gaoua. Si le gisement se révèle important, il peut bouleverser l’ économie voltaïque et apporter d’ énormes ressources au pays. Le Gouvernement maintient un secret rigoureux sur cette affaire, suivie de très par Péchiney. Un consortium d’ exploitation est à l’ étude.

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