aa B-060-001-002 - NOTES - Classeur B - Fonds d'archives Baulin

B-060-001-002

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  • Des interviews exclusives de Dja-Apharou ISSA IBRAHIM, ami et confident de Jacques Baulin, responsable par donation de l’intégralité des documents constituant le fond, et président de l’association sont actuellement publiées dans la rubrique présentation.

  • Les trois ouvrages de J. Baulin : Conseiller du président Diori, La politique africaine d’Houphouët-Boigny et La politique intérieure d’Houphouët-Boigny seront disponibles sur le site en version iBook et en version Pdf dès septembre 2009.

Le Février 1968
S.E. Monsieur Hamani Diori
Président de la République du Niger
Niamey - Niger

Au sujet des surenchères


Monsieur le Président,

Quelles que soient les suites de l’ affaire d’ impression de textiles, il me semble que l’ on peut en tirer un certain nombre d’ enseignements. Je me permets de vous soumettre ci-dessous les trois leçon que je tire, pour ma part, des événements des deux derniers mois :
  • 1° Nécessité de la concurrence
    • a- en juillet, des patrons du textile demandaient au gouvernement nigérien les frais d’ étude du projet et des privilèges ;
    • b- en septembre, Séroussi proposait une usine, sans demander les frais ou des privilèges certs, mais aussi sans accorder des avantages au gouvernement nigérien ;
    • c- l’ idée de « faire barrage aux Allemands » et la réaction de ces derniers, poussaient les enchères et amenaient Séroussi à proposer une cinquantaine de millions comme taxes au gouvernement ;
    • d- Willot surenchérissait, et Séroussi aussi. Nous en sommes maintenant à près de 200.000.000 par an de taxes au gouvernement.

    La seule nous devons de les y forcer, en les mettant en concurrence.
  • 2° La responsabilité de la Coopération

  • Il me semble qu’ en tant que chef d’ Etat nigérien, et en tant que président de l’ OCAM, vous pourriez porter à la connaissance des Hautes Autorités de France, le déroulement de l’ affaire, en rappelant que dans les autres pays de l’ OCAM, des usines similaires fonctionnent en rapportant du 100 ou 200% à leurs promoteurs et 0% en taxes aux gouvernements.


    Il faudrait également, me semble-til-, demander à la Coopération de prendre dorénavant ses responsabilités, en créant à Paris un service Central capable de décider, à la demande des gouvernements africains, si tel ou tel projet est honnête dans les estimations de ses investissements, son compte d’ exploitation de les bénéfices prévus.

    Si la Coopération acceptait d’ engager sa responsabilité en tant qu’ organisme officiel, je pense que la SCOA, la CFAO et autres ICODI ne pourraient plus lancer des opérations scandaleuses à 100 ou 200% de bénéfices annuels.

  • 3° Une publication intérieure à l’ OCAM

  • Il serait bon d’ envisager la création d’un bulletin confidentiel, édité à une soixantaine d’ exemplaires, et destiné aux Chefs d’ Etat de l’ OCAM et à leurs ministres économiques ; dans cette publication seraient publiés tous les protocoles, contrat et accords (avec investissement, capitaux, comptes d’ exploitation, etc) signés, entre les gouvernement membres et des tiers.

    Ce bulletin non seulement jouerait ainsi un rôle coordinateur, mais encore constituerait une source précieuse d’ informations pour les jeunes ministres des autres pays qui sauraient exactement à quoi s’ en tenir.

    Mieux, ce bulletin mettrait du même coup fin à la volonté de secret qui anime les entreprises étrangères. Connaissant l’ existence d’ un tel bulletin, elles seraient amenées à se montrer beaucoup moins cyniques, de peur qu’ un expert d’ un pays tiers ne démasque leur jeu.

    Le secret favorise les manoeuvres des entreprises privées et cause des dommages énormes aux Etats africains. Il est de notre intérêt d’ y mettre fin.

    Voilà, les trois conclusions aux quelles j’arrive.

    Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments dévoués et déférents.

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