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  • Des interviews exclusives de Dja-Apharou ISSA IBRAHIM, ami et confident de Jacques Baulin, responsable par donation de l’intégralité des documents constituant le fond, et président de l’association sont actuellement publiées dans la rubrique présentation.

  • Les trois ouvrages de J. Baulin : Conseiller du président Diori, La politique africaine d’Houphouët-Boigny et La politique intérieure d’Houphouët-Boigny seront disponibles sur le site en version iBook et en version Pdf dès septembre 2009.

Diori
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L’ACTION DE NOTRE CENTRE EN FAVEUR DU NIGER

Monsieur le Président,

Cela fait quinze mois que vous m’avez demandé « d’aider Diori dans la mesure du possible ». Je pense que - à part le domaine des publications et de la propagande - nous lui avons été d’une très grande utilité, sur trois plans bien précis et pour lesquels il m’a exprimé, à deux reprises, sa reconnaissance pour vous et a eu des mots d’appréciation pour moi. Ces trois domaines, les voici.

1° Son journal :

Rien qu’en prenant des mesures pour la mise en place d’une petite imprimerie de 5.000.000 de CFA susceptible d’imprimer « le Temps du Niger », j’ai amené M. Bine qui possède aussi l’imprimerie de Niamey à consentir un rabais de 50%. Depuis notre intervention, l’impression du quotidien nigérien coûte 15.000 CFA par jour au président Diori au lieu de 30.000.

La facilité avec laquelle nous avons obtenu ce résultat a tout simplement sidéré le Chef d’Etat nigérien.

2° Les arachides

Par la seule analyse de documents ordinaires, j’ai pu relever à notre Centre de Paris, une anomalie dans la gestion de la SONARA, société mixte chargée de la commercialisation des arachides du Niger. J’informais immédiatement le Président qu’il y avait des malversation sur les sacs d’arachides, malversation se traduisant par un vol de 150.000.000 de CFA au détriment du NIGER.

Tout d’abord, il ne m’a pas cru. Puis, sur mon insistence ,il a accepté de faire ouvrir une enquête. Celle-ci a corroboré nos déductions et a amené le directeur de la SONARA a admettre qu’il avait, sciemment, faussé sa comptabilité.

Le président Diori a été d’autant plus étonné que ses services, les administrateurs nigériens de la SONARA et surtout le délégué nigérien aux comptes s’étaient laissés berner pendant quatre ans, sans s’apercevoir des détournements.

A son dernier passage à Paris, le Président Diori m’a remis les procès-verbaux des enquêtes qu’il avait ordonnées et m’a demandé de donner mon avis. J’ai étudié les enquêtes et je l’ai averti que les détournements dont il avait été victime ne s’élevaient pas à 150 mais à 300.000.000 de CFA.

Il m’a demandé si je pouvais lui trouver un expert-comptable susceptible de vérifier de fond en comble les comptes de la SONARA pour commencer et ceux des autres sociétés mixtes ensuite. J’ai cherché et réussi à débaucher un Italien de 60 ans, que je connais personnellement, expert-comptable de première force, dont je peux garantir l’intégrité et la science. Il part de 8 crt., pour Niamey, comme chargé de mission au Cabinet du président Diori.

3° L’usine d’impression textile

Vous savez, Monsieur le Président, à quel point j’ai insisté auprès de vous comme auprès de Diawara et de Bédié, pour que le projet allemand d’impression de Faneys soit substitué à celui de la SOTEXI. Vous savez à quel point je trouvais navrant et même scandaleux d’avoir à rejeter le projet allemand qui se proposait de vendre des Fancys moins chers tout en acceptant de travailler le coton ivoirien, alors que la SOTEXI va utiliser des écrus chinois ou coréens et vendra ses Fancys à un prix plus élevé.

j’ai été plus heureux au Niger où :

  • a - on avait poussé le Président Diori à accepter une filature - tissage sans l’avoir informé même de l’existence d’un projet concurrent allemand. Quand il l’a appris, de ma bouche, il est tombé des nues et a réprimandé sévèrement ses collaborateurs, leur reprochant de lui avoir caché jusqu’à l’existence ce projet,
  • b - quand le projet d’une usine d’impression de Fancys - garantie par le Fonds d’ Entre’aide- a été mis sur pied, le Président Diori m’a demandé si le groupe allemand évincé de la filature pouvait s’y intéresser,
  • c - j’ai pris contact avec le groupe allemand et j’ai convaincu, en dépit de ses déboires précédents, à participer à l’offre : c’est ce qu’il a fait,
  • d - à son passage à Paris - quelques heures avant mon récent départ pour Abidjan- le Président Diori m’a demandé le dossier que lui avait préparé un de ses collaborateurs, sur les différends projets concurrents présentés à son agrément,
  • e - j’ai été tellement écoeuré, par la lecture, à Abidjan, de ce rapport partial jusqu’à la malhonnêteté, que j’ai télexé au Président Diori, lui demandant de recevoir le représentant du groupe qui serait porteur d’une lettre cachetée de moi. Dans cette lettre je lui disais que :
    • - celui qui avait fait le rapport était foncièrement malhonnête,
    • - il fallait mettre face à face le rédacteur du rapport et le représentant du groupe allemand, en présence d’un arbitre impartial nigérien,
    • - il fallait raviver la concurrence pour obtenir de meilleurs conditions,

      Le Président Diori a eu la faiblesse de suivre nos suggestions et je pense que les résultats en ont été bénéfiques, puisque le groupe allemand a accepté les conditions suivantes :

    • - le gouvernement nigérien participera à 49% au capital - et aux bénéfices - de la société, sans débourser un franc ,
    • - les travaux de construction de l’usine commenceront 12 semaines après la signature du contrat, et la production des premiers mètres d’imprimés, 12 mois plus tard,
    • - dès la première année de production, un bénéfice de 35.000.000 de CFA sera réalisé, bénéfice qui sera à 83.000.000 - soit 34% du capital investi - la sixième année,
    • - le gouvernement nigérien percevra des droits de douane de 10% sur les écrues importés !
    • - en dépit de toutes ces concessions, le groupe allemand s’est engagé de plus, à vendre son Fancy à 125 CFA, le yard, soit 20 CFA de moins qu’à Abidjan où il n’y a pratiquement aucun frais de transport industriel des matières premières, du carburant, du matériel, etc.

    Pour la nouvelle usine d’imprimés de Côte d’Ivoire, à défaut du projet intégré allemand, ne serait-il pas possible, au moins, des conditions similaires ?

    Monsieur le Président,

    Voici les quelques services que la Côte d’Ivoire a rendus, par mon canal, au Président Diori.

Portfolio

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