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  • Des interviews exclusives de Dja-Apharou ISSA IBRAHIM, ami et confident de Jacques Baulin, responsable par donation de l’intégralité des documents constituant le fond, et président de l’association sont actuellement publiées dans la rubrique présentation.

  • Les trois ouvrages de J. Baulin : Conseiller du président Diori, La politique africaine d’Houphouët-Boigny et La politique intérieure d’Houphouët-Boigny seront disponibles sur le site en version iBook et en version Pdf dès septembre 2009.

TRICONTINENTAL 41

Année IV août 1969

PUBLIE EN ESPAGNOL, ANGLAIS ET FRANCAIS PAR LE SECRETARIAT EXECUTIF DE L’ ORGANISATION DE SOLIDARITE DES PEUPLES D’ AFRIQUE, D’ ASIE ET D’ AMERIQUE LATINE.

Le Bulletin tricontinental autorise le reproduction totale ou partielle de ses articles et informations.

OPSAAAL, Bolte Postale 4224
Câble OSPAAAL, la Havane Cuba

SOMMAIRE

  • Corée une guerre de résistance 2
  • Afrique : stratégie impérialiste au sud du continent 7
  • Sud Yemen poursuivre la lutte 9
  • Peuples arabes : une réponse révolutionnaire devant les fausses consignes 20
    sur la scène tricontinentale
  • Etats-Unis : rites d’ initiation pour étudiants 22
  • L’ érou : le problème de la terre 27
  • Laos : présence du Néo Lao Haksai à Vientiane 30
  • Dhufer : la crise de la révolution et la nouvelle orientation 33
    fronts de guérillas
  • Haïti ; le déchaînement de la guerre populaire 35
  • Cameroun : les dernières opérations guérilleras 37
  • Niger : coenr du néo-colonialisme en Afrique 38
  • lettres à l’ OSPAAAAL
  • Expérience accumulées pour d’ autres peuples 41
  • Faire une mise au point attentive de la tactique 42
  • Intéressés par les problèmes de l’ Afrique 44
  • Entendre la voix de nos frères 44
  • Solidarité combative avec l’ Amérique Latine 45

    appels et messages

  • Corée : actes hosties des Etats-Unis 47

NIGER : cœur du néo-colonialisme en Afrique


Le Niger est un pays peu connu. Il se trouve dans la partie centrale de l’ Afrique à une distance de 800 kilomètres de la mer ; Ses frontières sont délimitées par le Mali, l’ Algérie, la Lybie, le Tchad, le Nigeria et la Haute-Volta.

Ses 1 188 000 kilomètres carrés insuffisamment irrigués et qui subissent l’ influence du climat saharien (les 2:3 de son territoire font partie des sables du Sahara) sont consacrés à une économie d’ agriculture presque primitive et 95% de sa population est représentée par des agriculteurs. Avec 67% de son commerce extérieur aux mains des compagnies françaises et ses principaux secteurs économiques contrôlés par les monopoles étrangers, le Niger, qui est devenu en 1960 une république indépendante, de nom, languit dans la misère, sans plan et sans perspective.

La découverte d’ un gisement de 360 kilomètres carrés et de 20 000 tonnes de réserve d’ uranium a fait brusquement apparaître les plans de la Commission de l’ Énergie Atomique de la France mais les perspectives pour le peuple nigérien se sont alors avérées encore plus sombres : renforcement de la « collaboration » militaire franco-nigérienne, plus grande dépendance économique et politique...

Pour les 3 000 000 Nigériens qui, en 1964, avaient à peine 30 médecins, 2 hôpitaux et 60 dispensaires et qui n’ avaient que 20 élèves à l’ étranger, dans les universités (pour toutes les branches de l’ économie), les plans que présente actuellement l’ administration de Diori pour sauver le pays ont bien peu de valeur.

Pour 34 448 enfants d’ âge scolaire, sur 587 918, qui peuvent aller à l’ école (5,8% le pourcentage le plus bas d’ Afrique) quelles perspectives peuvent présenter les 39 élèves qu’admet l’École Normale d’ Instituteurs ?

Quelles perspectives, enfin, peuvent offrir les administrateurs néo-coloniaux représentées en la personne d’ Hamani Diori ?

Diori, un des principaux représentants de la francophonie en Afrique, président du Niger, était, quand a été proclamée l’ indépendance, un militant de la section nigérienne ( Parti Progressiste Nigérien, PPN) du Rassemblement Démocratique Africain (RDA), organisation régionale qui avait pris la tête du mouvement national de libération dans le contrées connues sous les noms d’ Afrique Occidentale et d’Afrique Équatoriale française.

En 1958 les forces de répression françaises ont destitué le gouvernement légal de Djibo Bakary et ont installé un gouvernement fantoche représentant les intérêts étrangers, à la tête duquel se trouvait Hamani Diori a supprimé la liberté d’ expression, la liberté

de réunion et la liberté d’ organisation syndicale et politique.

Devant cette situation, l’ UDN, qui a pris par la suite le nom de Sawaba (liberté), s’ est donné pour tâche d’ appeler à l’ union avec les forces révolutionnaires pour faire face à la ligne réactionnaires de l’ aile droite du RDA. Ainsi, allié au BNA (Bloc Nigérien d’ Action) et constituant avec lui le Mouvement Socialiste Africain (MSA), il a par la suite, rejoint les rangs de l’ organisation régionale, le Parti du Regroupement Africain (PRA).

En même temps a commencé la répression sans discrimination contre le Sawaba, qui a été déclaré illégal en 1959. A dater de cet instant, le crime a été l’ expression de la sauvage répression qui s’ abat sur ceux qui essayent d’ exprimer leur opposition au régime. En particulier au cours des années 1964 et 1965 les exécutions publiques, les pendaisons, les assassinats nocturnes et les viols se sont succédés, journellement.

De son côté, Diori a essayé de renforcer ses positions politiques : il s’ est allié au sein du Conseil de l’ Entente avec le Dahomey, la Côté d’ Ivoire et la Haute-Volts. En 1961 il a signé avec la France un accord qui permettait aux troupes françaises d’ opérer librement dans le pays : les officiers français allaient servir de « conseillers » à leurs collègues nigériens et les troupes évacuées de Haute-Volts et du Mali allaient être transférées dans ce pays désertique. En même temps il a cru le soutien des États-Unis qui lui ont fourni une grande quantité d’ armes et de munitions, en même temps qu’il demandait à Israël de lui envoyer des instructeurs militaires.

A partir de ce moment-là, deux partis et deux positions se sont définis :
L’ Union pour la Communauté Franco-Africaine (UGFA), nom qu’a pris le PPN pour mieux marquer son rôle de principal agent des intérêts français en Afrique dirigée par Diori et Hams, et le Sawaba, dirigé par Bakary.

Diori et son parti, bien qu’ils essayent de le nier démagogiquement, représentent le néo-colonialisme au Niger. Le parti Sawaba se fait le défenseur de véritables changements pour le pays. C’ est ce que déclarait Bakary : « La structure sociale du Niger serait favorable au développement d’ une révolution socialiste, parce que, à part une poignée de profiteurs, le reste de la population est constitué par des masses paysannes qui n’ ont rien à perdre. »

Afin de mieux organiser la lutte dans le pays, le Sawaba a créé le Front Démocratique de la Patrie, ouvrent à tous les véritables patriotes de la nation et qui a un programme national et démocratique. Sur le plan politique, ce programme pose essentiellement : l’ indépendance effective, la souveraineté pleine et entière qui suppose entre autre le retrait des troupes françaises stationnées au Niger ; le rétablissement des libertés fondamentales ; l’ adoption d’ une ligne politique tendant à la véritable union des peuples africains ; la pratique d’ une


politique internationale indépendante et l’ adoption des principes de neutralité ; et la constitution d’ un gouvernement d’ union nationale représentatif de toutes les catégories du pays.

Sur le plan économique il réclame une politique de développement planifié et l’ élimination de toutes les entreprises économiques françaises : le retrait des organismes économiques internationaux qui signifient pour le Niger une limitation à sa liberté d’ action ; le développement du commerce extérieur et des relations commerciales avec tous les États africains ; l’ exploitation des richesses naturelles du Niger et fondamentalement le développement et l’ exploitation rationnels des réserves agricoles basés sur la distribution égalitaire de la terre au moyen d’ une réforme agraire.

Enfin le Sawaba pose un vaste programme d’ enseignement et de santé et de remise en valeur de la culture et de l’ art des divers groupes ethniques qui vivent au Niger.

Mais le programme de révolution socialiste, tel que le pose le Sawaba, pourra difficilement être réalisé tant que ne seront pas expulsés les intermédiaires des grandes compagnies étrangères.

Et le Niger a fait l’ expérience d’ un parti (le Sawaba) qui a eu des dirigeants au pouvoir - bien que de façon tout à fait formelle - et qui ont été éjectés par les traîtres mis en avant par les anciens colons. Ces dirigeants ont été poursuivis et assassinés, tout simplement pour avoir voulu commencer à instaurer une politique propre.

Plus tard, lorsqu’en 1965 ils se sont organisés pour lutter militairement contre Diori et ses « assesseurs », ceux-ci ont déchaîné le plus grande violence répressive dont ils étaient capables.

Ce groupe guérillero a été provisoirement mis en déroute. Au Niger, la misère continue ainsi que le manque de perspectives pour le peuple sous l’ administration de Diori ou de ses semblables. Les patriotes nigériens le savent bien, ils savent aussi que sur les défaites se construit la victoire finale ; aussi pour eux, cela fait partie d’ une lutte qui ne pourra prendre fin qu’avec la victoire. Actuellement le Niger a sa place parmi les peuples qui sont conscients de la nécessité de poursuivre la lutte armée jusqu’à la conquête de la libération définitive.

Portfolio

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