Au lendemain du putsch d’avril 1974, certains observateurs relevaient une double coïncidence : le renversement du régime civil précédait de quarante-huit heures la phase finale des négociations franco-nigériennes sur l’actualisation du prix de l’uranium, et de trois semaines la tenue du Congrès du Parti Progressiste Nigérien (PPN) au pouvoir depuis l’indépendance. À mon sens, il ne s’agit nullement d’un concours fortuit de circonstances. Il existe bien entre les trois événements une relation de cause à effet.
Pour le Président, le Congrès devait être le couronnement d’un effort long de plusieurs années tendant à revigorer les instances politiques, à en stabiliser les structures organisationnelles et à rajeunir les cadres du Parti et de l’État. Il le considérait donc comme un enjeu aussi vital pour l’avenir du pays que le succès des négociations pour une rémunération équitable de l’uranium.
Au demeurant, l’évaluation des auteurs du coup de force coïncidait avec celle du président Diori. En effet, au lendemain du putsch, le lieutenant-colonel Kountché reconnaissait, avec une naïveté désarmante, que l’opinion « semblait attendre beaucoup de ce congrès... (qui) aurait donné aux dirigeants l’occasion d’asseoir un peu plus leur autorité par des moyens contestables. » [1] Donc, la cause paraît entendue : pour les putschistes, la tenue du Congrès aurait constitué un obstacle majeur sur la voie de leurs ambitions.
Il n’en reste pas moins que ce 1er Congrès arrivait avec beaucoup de retard. Un retard de quinze ans.
D’abord deux mots d’histoire.
Le Parti Progressiste Nigérien (PPN) avait un palmarès fort honorable dans la lutte anti-coloniale. L’apparentement du Rassemblement Démocratique Africain (RDA), dont il faisait partie, à la fraction parlementaire communiste à l’Assemblée nationale française, lui avait valu, à lui aussi,
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