Y avait-il un paramètre politique dans l’attitude de M. Henri Konan Bédié ? Celui-ci faisait-il barrage aux projets et aux investisseurs étrangers non français pour plaire à Paris et prouver que l’étiquette d’anti-français qu’on lui collait était imméritée ? M. Diawara et un autre ministre ivoirien le croyaient. Moi aussi.
L’affaire du don de blé canadien [1], qui tournera paradoxalement à l’épreuve de force entre Niamey et Paris, devait apporter la preuve que Konan Bédié était pleinement conscient de la nécessité de ménager certains intérêts économiques et politiques français, s’il voulait accéder à la présidence de la République. Il est regrettable qu’il s’y soit pris de façon maladroite, qu’il ait cherché à faire coup triple, c’est-à-dire ménager Paris, contrecarrer une initiative de J. Baulin,
et camoufler à tout prix une erreur de jugement. Le récit détaillé de cette affaire me paraît nécessaire dans la mesure où il met en relief une autre des facettes de la personnalité du candidat du président Houpouët-Boigny à la magistrature suprême.
De quoi s’agit-il ? Tout simplement de la mise en oeuvre du plan que j’avais exposé en gros à M. Bédié près de deux années auparavant, à savoir la
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