M. Houphouët-Boigny, dit-on, est mortifié. Le scandale du « doctorat » de Bédié l’a touché plus qu’il n’y paraît. Avec son amour-propre à fleur de peau, il n’arrive pas à cacher sa fureur. Il regrette d’avoir envoyé une lettre de félicitations et de se retrouver à découvert [1].
Pendant des semaines, il lui interdira sa porte.
Le ministre lui-même disparaît de la circulation comme au lendemain de son intervention au IVe Congrès du PDCI cinq ans auparavant. On le dit abattu. Certains de ses amis parlent de dépression. Quoique conscient de l’affection toute particulière que lui porte le Président, il craint d’être éliminé de la course à la magistrature suprême. Il craint même d’être écarté du gouvernement lors du tout prochain remaniement ministériel.
De fait, à ce moment, et pour une période très courte, le Président commence à avoir « enfin » des doutes, m’assure-t-on, sur le sérieux
et la compétence de celui qui reste son favori. Le contretemps du doctorat paraît d’autant plus fâcheux que le président Houphouët-Boigny avait des plans bien précis en prévision du Ve Congrès du PDCI qui se prépare.
Le Président sait de plus que la diffusion du tract a été méthodique. Pour une fois, elle ne s’est pas
|
||
| | Plan du site |