La succession d’Houphouët-Boigny
La gestion de l’économie

La Côte-d’Ivoire, comme la plu­part des autres pays sous-deve­lop­pés, tra­verse une crise finan­cière struc­tu­relle excep­tion­nel­le­ment grave. Sa dette exté­rieure s’élève à plus de 8 mil­liards de dol­lars  [1]. Naguère vitrine du monde libre, son Président refu­sait alors fiè­re­ment de voir son pays rester « une oasis de pros­pé­rité dans une mer de misère ». Il sou­hai­tait l’acces­sion des Etats voi­sins à cette pros­pé­rité dont la Côte-d’Ivoire pen­sait avoir l’apa­nage.
Aujourd’hui, ce même pays, en dépit d’une sta­bi­lité socio-poli­ti­que remar­qua­ble, sinon unique en Afrique sub-saha­rienne, est en état de ces­sa­tion de paie­ment.

Pourquoi cette déchéance qui a amené les auto­ri­tés finan­ciè­res de Paris et les orga­ni­sa­tions inter­na­tio­na­les spé­cia­li­sées de Washington, à se pré­ci­pi­ter au chevet de la Côte-d’Ivoire ? Comment expli­quer cette faillite quand, à l’ori­gine, la Côte-d’Ivoire sem­blait pro­mise à un avenir économique et finan­cier radieux ? N’est-ce pas M. Raphaël Saller qui décla­rait, en juillet 1961, « pou­voir rem­bour­ser sans grande dif­fi­culté les emprunts contrac­tés pour finan­cer divers tra­vaux, notam­ment la cons­truc­tion d’un vaste ensem­ble

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