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  • Des interviews exclusives de Dja-Apharou ISSA IBRAHIM, ami et confident de Jacques Baulin, responsable par donation de l’intégralité des documents constituant le fond, et président de l’association sont actuellement publiées dans la rubrique présentation.

  • Les trois ouvrages de J. Baulin : Conseiller du président Diori, La politique africaine d’Houphouët-Boigny et La politique intérieure d’Houphouët-Boigny
    seront disponibles sur le site en version iBook et en version Pdf dès septembre
    2009.















PARIS - OUTRE - MER


11.7.69


Une question, parmi d’ autres, a permis à Pompidou, au cours de sa première conférence de presse, d’ évoquer, après Chaban-Delmas au Parlement, l’ avenir des rapports franco-africains. L’ effort fait par la France en faveur du tiers monde, singulièrement en faveur des pays qui lui étaient hier rattachés, sera poursuivi. Cet effort, Pompidou le justifie par l’ intérêt réciproque et aussi par la morale, par les devoirs qui incombent aux pays industrialisés à l’ égard des pays pauvres. Pompidou considère qu’ il y aurait un grave danger à voir se creuser toujours davantage le fossé qui sépare les pays nantis de l’ hémisphère nord des pays démunis de l’ hémisphère sud. Il ne souhaite pas que la France devienne cartiériste. Elle entend poursuivre son aide bilatérale. Et, à mon sens, les propos du Chef de l’ Etat sont intéressants. Il estime que l’ aide bilatérale est plus commode, plus simple et plus efficace. Cela dit, il n’ est pas hostile à la participation de la France à une aide internationale, à ce que l’ on appelle multilatérale. Cependant, il ne cache pas que, sur le plan international, la meilleure façon de soutenir les pays démunis du tiers monde est encore de garantir les prix de la production. Au passage, dans sa conférence de presse, il a souligné aimablement que, jusqu’à présent, il n’ avait pas dépendu de la France qu’ il en soit ainsi.


J’ ai fait allusion, dans ma précédente chronique, au télégramme de remerciements de Pompidou à Sékou-Touré . J’ ai le sentiment que le rétablissement de relation diplomatiques normales entre Paris et Conakry est maintenant possible. A la condition, toutefois, que Sékou Touré se comporte comme un homme politique majeur. Je veux dire par là qu’ il cesse de dénonce stupidement la participation de la France à d’ imaginaires complots contre sa personne. Sékou Touré, ces jours derniers encore, accusait, sans la nommer, certaine puissance étrangère, impérialiste évidement, d’ avoir armé le bras de celui qui avait tenté de mettre fin à ses jours. Depuis le complot Jacquinot-Triboulet, ce genre d’ accusation fait sourire. Ce n’ est pourtant pas avec ce genre d’ argument que Sékou-Touré pourra renouer avec Paris, même si actuellement la conjoncture est favorable.


Diori Hamani est le premier chef d’ Etat africain reçu par les nouveaux dignitaires de la cinquième République. Le cérémonial est resté le même. Il semble qu’ il en soit de même quant à la compréhension des problèmes des hôtes de l’ Elysée et de Matignon. Les nuages, qui avaient assombri un temps —après le voyage à Londres— les rapports franco-nigériens, sont dissipés. Il n’ en reste pas moins que Diori, qui conduit bien son affaire sur le plan politique, malgré le conflit nigérien et peut-être à cause de lui, se heurte à de sérieuses difficultés économiques. La sécheresse qui sévit au Niger a des répercussions redoutables. Le mil devient une denrée rare, hors de prix. Les troupeaux sont décimés. Le Niger a un espoir : l’ uranium. Il ne sera rentable que d’ ici à deux ans. En attendant, le Niger a besoin d’aide et d’ investissements. Il est, avec la Haute-Volta, de ces pays qui donnent l’ exemple et ne ménagent pas leurs efforts pour rétablir une situation difficile.


Tsiranana , qui va succéder à Diori à Paris, s’ inquiète aussi des déficiences de son économie. Il faut, dit-il, nous serrer la ceinture. C’ est, en d’ autres termes, ce que conseille Senghor à ses compatriotes. Toutefois, les députés sénégalais ont voté, lors de la dernière séance de leur session, l’ augmentation de leurs indemnités. Ce n’ est pas cela qui désarmera les syndicalistes sénégalais qui, il y a peu encore, menaçaient le régime.


La mort de Tom M’Boya est une perte pour l’ Afrique. Les incidents qui ont fait suite à son assassinat sont révélateurs des antagonisme ethniques,qui rendront plus difficiles la succession Jomo Konyatta. celle-ci, lorsqu’elle s’ ouvrira, risque fort de bouleverser toute l’ Afrique Orientale, cette portion de l’ Afrique où, de plus en plus, les Chinois disputent les ficelles aux Russes.

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