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N-23B-087

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  • Brèves
  • Des interviews exclusives de Dja-Apharou ISSA IBRAHIM, ami et confident de Jacques Baulin, responsable par donation de l’intégralité des documents constituant le fond, et président de l’association sont actuellement publiées dans la rubrique présentation.

  • Les trois ouvrages de J. Baulin : Conseiller du président Diori, La politique africaine d’Houphouët-Boigny et La politique intérieure d’Houphouët-Boigny
    seront disponibles sur le site en version iBook et en version Pdf dès septembre
    2009.
















RÉCÉPISSÉ D’ UN ENVOIE RECOMMANDÉ


69-54/hl


Paris, le 25 Janvier 1969


Monsieur Mai Maigana
Directeur de cabinet
Présidence de la République
NIAMEY Niger


Mon cher Maî,


Je te prie de trouver ci-joint :


1° . L’ original du télégramme du 8 janvier,
2° . l’ original de la lettre et de l’ annexe du 11 janvier,
3° . la photocopie du reçu de Chelton.


Amitiés.


ZCZC 133
ABIDJAN 77 8 1005


Bédie


à Télexer N°  214
1 er Appel
2 e Appel


CONFIRMATION


F.O.R. NIAMEY
123


1969 JAN 8 13 14


ETAT
PRESI REPUBLIQUE MINI/FAE
A


MONSIEUR MAI MAIGANA DIRECTEUR DU CABINET PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE NIAMEY NIGER


NO 75046


SUITE VOTRE DERNIERE VISITE VOUS FAIT SAVOIR CE QUI SUIT :
PRIMO : GOUVERNEMENT IVOIRIEN DECIDE RENONCER PERCEPTION DES T P S SUR OPERATION BLE CANADIEN POUR LE NIGER.


SECUNDO : AU SUJET FRAIS A PAYER A GRANDS MOULINS UNE BAISSE TRES SUBSTANTIELLE POURRAIT INTERVENIR STOP VEUILLEZ DONC ATTENDRE PLUS AMPLE INFORMATION SUR CE POINT SENTIMENTS CORDIAUX


KONAN BEDIE

MINISTERE DES AFFAIRES ECONOMIQUES ET FINANCIERES


République de Côte d’ Ivoire
Union - Discipline - Travail


LE MINISTRE DÉLÉGUÉ


N°  126 AEF/M/Comiprix


ABIDJAN, le 11 JANV. 1969


le Président de la République du Niger


Monsieur le MINISTRE des AFFAIRES ECONOMIQUES, du COMMERCE et de L’ INDUSTRIE
NIAMEY ( République du Niger )


Monsieur le ministre,


Faisant suite aux conversations qui ont eu lieu entre les autorités du Niger et de la Côte d’ Ivoire, j’ ai l’ honneur de vous prier de bien vouloir trouver, ci-jointe, une note au sujet de l’ importation du lot de 20.000 tonnes de blé que le Gouvernement canadien vient d’ offrir à la République du Niger.


Le Gouvernement ivoirien a accepté d’ absorber ce blé dont votre pays n’ a pas l’ utilisation, mais il est bien évident que la Côte - d’ Ivoire ne pourrait, dans l’ avenir, renouveler cette opération d’ un caractère tout à fait exceptionnel et dont la réalisation pose des problèmes délicats.


Je vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur le Ministre, l’ assurance de ma haute considération.


Ministère des Affaires Economiques et Financières


KONAN BEDIE


MINISTERE DES AFFAIRES ECONOMIQUES ET FINANCIERES


REPUBLIQUE DE COTE D’ IVOIRE

NOTE AU SUJET DE L’ IMPORTATION D’ UN LOT DE 20.000 TONNES DE BLE CANADIEN


Le Gouvernement canadien vient d’ offrir à la République du Niger un lot de 20.000 tonnes de blé. La Côte d’ Ivoire a accepté d’ absorber ce lot dans le but d’ aider les autorités nigériennes, qui n’ en ont pas l’ utilisation.


Sans d’ ailleurs que le Gouvernement du Niger en soit responsable, cette importation, décidée d’ une manière précipitée et sans que certaines garanties indispensables aient été prises, a posé de très sérieux problèmes et il est bien évident que la Côte d’ Ivoire ne pourrait, dans l’ avenir, renouveler cette opération qui, je pense utile de le souligner, doit garder un caractère tout à fait exceptionnel.


Les besoins en blé de la Côte d’ Ivoire sont de l’ ordre de 60.000 tonnes par an, dont l’ importation s’ effectue d’ une manière échelonnée par quantité ne dépassant jamais 5.000 tonnes. Le lot de blé canadien est arrivé à Abidjan, alors que la minoterie locale, dont le programme d’ approvisionnement a été bouleversé, attendait, du 10 Décembre 1968 au 6 Janvier 1969, trois chargements représentant près de 14.000 tonnes. Les Grands Moulins se sont donc vu à la tête d’ environ 34.000 tonnes de blé, soit plus de la moitié de leurs besoins annuels et se sont trouvés et vont se trouver confrontés à de délicats problèmes, notamment de stockage et de conservation, le blé étant très difficile à maintenir en bon état en milieu tropical.


Afin d’ éviter des frais de manutention trop élevés, qui auraient lourdement grevé le produit, il a, en particulier, été nécessaire de libérer un magasin-cale proche de la minoterie ; or ce magasin est réservé à l’ entreposage, avant embarquement, du café et du cacao et son utilisation a d’ autres fins va gêner sérieusement les entreprises d’ acconage à une époque de l’ année où le port d’ Abidjan connaît une très grande activité.


En ce qui concerne la qualité du lot expédié par le Canada, le Manitoba 4, de grade inférieur, ne convient guère à la panification. Des essais techniques sont en cours et il est vraisemblable qu’ il sera nécessaire de le mélanger, à 50% environ, avec du blé français pour pouvoir obtenir une farine relativement valable, susceptible de correspondre aux goûts des consommateurs.


L’ écoulement du lot canadien devrait, en conséquence, demander environ huit mois (1) et il existe de sérieux risques de détérioration de ce blé, qui ne pourront être qu’ à la charge du vendeur  ; jusqu’à présent, en effet, les Grands Moulins n’ ont jamais stocké de blé pendant plus de trois mois.


Quant aux conditions d’ achat, le prix CFA actuel du blé français, retenu dans la structure de prix de la farine fabriquée en Côte d’ Ivoire, est de 17.145 francs la tonne. C’ est ce taux qui doit servir de base à la détermination du prix de cession du blé canadien. Le chiffre de 23.000 francs la tonne, qui me parait tout à fait excessif eu égard à la qualité du blé expédié, a été avancé par les autorités du Niger. Retenir ce taux aboutirait à une augmentation importante du prix de la farine, et partant, de celui du pain, qui est absolument exclue. Il ne peut être question, en effet, de demander un sacrifice de ce genre à la population ivoirienne et il serait tout à fait anormal que la Côte d’ Ivoire, qui ne réalise l’ opération en question que pour rendre service, se trouve pénalisée.


Sur le blé les droits de porte sont actuellement les suivants :


- droit fiscal 0,5%
- droit de douane 2%


(1) la meunerie locale triture mensuellement quelques 5.000 tonnes de blé ; puisqu’un mélange à 50% parait indispensable, les quantités de blé canadien utilisées chaque mois ne seront que de 2.500 tonnes.


Le Gouvernement ivoirien renonçant aux recettes douanières que l’ opération aurait pu procurer à son budget, a décider d’ exonérer de droits l’ importation des 20.000 tonnes de blé canadien, ce qui permettra à la République du Niger de recueillir des sommes plus importantes de la vente de ce lot.


Le prix CAF du blé français retenu actuellement dans les décomptes est, rappelons le, de 17.145 francs ; seul le droit fiscal est perçu sur cette origine, soit 85,70 francs par tonne, que les Grands Moulins n’ acquitteront pas sur le blé canadien. Ce montant s’ ajoutera donc au prix de référence du blé français, qui se trouvera porté à 17.145 + 85,70 = 17.230,70 francs.


prix de base


C’ est à ce prix que les Grands Moulins devraient acheter le blé canadien, si celui-ci avait les mêmes spécifications que le blé français.


réfactions


En fait, bien qu’ il soit difficile de se prononcer avant de connaître les résultats définitifs des agréages, il faut s’ attendre à ce que, compte-tenu de la qualité du blé canadien, des réfactions de prix aient lieu. Il est bien évident que si ce blé a un rendement inférieur à celui du blé français, il devra être acheté à un cours moindre, sans quoi nous aboutirions à une hausse des prix de la farine en Côte d’ Ivoire qui, nous l’ avons vu, est à exclure.


Il a déjà été constaté que le pourcentage de grains inutilisables en mouture ( grains cassés 2,56%, petits grains 2,90%, grains maigres 1,70%, impuretés et corps étrangers 0,50%...) était très élevé et de loin supérieur à ce qui est relevé pour les blés français.


frais de stockage


Devraient également venir en déduction du prix de base indiqué précédemment, les charges diverses qu’ occasionneront un stockage d’ une longueur anormale et l’ obligation de louer un magasin-cale au port, les silos des Grands Moulins n’ ayant pas une capacité suffisante.


Tous ces problèmes font d’ ailleurs l’ objet de discussions directes entre le Gouvernement du Niger et la Direction des Grands Moulins d’ Abidjan, les autorités ivoiriennes, qui ont fixé les grandes lignes de l’ opération, dont elles suivront de près le déroulement, ne devant être appelées à intervenir qu’ en cas de litige grave entre les deux parties.


En matière de paiement, en particulier, les Grands Moulins régleront directement le Niger, sans qu’ intervienne un quelconque relais du Gouvernement Ivoirien.


ABIDJAN, le 3 Janvier 1969.


Niamey le 13 Janvier 1969


Je soussigné Renato CHELTON, reconnaît avoir reçu des mains de Mai Mai Gana, le chèque de 180.988,05 dollars Canadiens N°- 1186-0001 sur la Bank J Montréal.
Sur ce chèque, à titre d’ acompte sur les honoraires établis, il sera retenu la contre-valeur de USA $ 130.500 (cent trente mille cinq cent). Le solde sera transféré sous forme de chèque bancaire à l’ ordre de la BDRN- NIAMEY.
Une fois la transaction avec il sera procédé au versement du reliquat des honoraires sur la base convenue entre les 2 parties.



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