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N-24-005-001

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  • Des interviews exclusives de Dja-Apharou ISSA IBRAHIM, ami et confident de Jacques Baulin, responsable par donation de l’intégralité des documents constituant le fond, et président de l’association sont actuellement publiées dans la rubrique présentation.

  • Les trois ouvrages de J. Baulin : Conseiller du président Diori, La politique africaine d’Houphouët-Boigny et La politique intérieure d’Houphouët-Boigny
    seront disponibles sur le site en version iBook et en version Pdf dès septembre
    2009.















perspectives nigériennes


Édité par le CENTRE D’INFORMATION DU NIGER

13, Boulevard Haussmann - Paris IX ème


MENSUEL n° 5 Février 1967


sommaire


Un exposé du président Diori Hamani


1


Des tanneurs nigériens formé en Allemagne


3


L’entente à Niamey


2


L’arachide au Niger


4


et à Abidjan


2


Les entreprises prioritaires du Niger


6


Les étudiants épaulent l’ OCAM


2


Nouvelles brèves


7


Une opinion du parti socialiste français


2


Un musée original


7


Le drame du Niger


3


Connaissance du Niger


8


UN EXPOSÉ DU PRÉSIDENT DIORI HAMANI


reçu le 24 janvier par l’ Association des Journalistes d’ Outre-Mer, le chef de l’État nigérien et Président en exercice de l’Organisation Commune Africaine et Malgache ( OCAM ) a traité de deux thèmes : la francophonie et l’organisation des marchés tropicaux.


S’agissant de la francophonie, le Président nigérien a déclaré :


" Au moment où le monde se cherche et tandis que les solidarités et les affinités s’affirment, la francophonie nous apparaît comme le tam-tam qui bat le rassemblement de tous les francophones. Tous les francophones doivent se retrouver pour prendre conscience de cet héritage commun qu’ils sont appelés les uns et les autres à perpétuer et à enrichir. Est-il concevable dans ces conditions que le fauteuil de la France soit vide à ce vaste rassemblement ? Nous disions non car il ne saurait y avoir de francophonie sans la France ".


Abordant ensuite le problème des produits tropicaux, le Président Diori Hamani a rappelé les efforts déjà faits à Bruxelles devant les membres de la Commission du marché Commun et Abidjan, lors de la Conférence Parlementaire de l’ Association, pour montrer la situation alarmante des pays africains qui voient dans cesse se dégrader les prix de leurs produits alors que les prix des produits industriels, nécessaire à leur développement, ne cessent, eux, d’augmenter.


" La situation s’aggrave aujourd’hui : en effet, le démentellement des mécanismes de la Zone Franc, consécutif aux accords de Yaoundé tend à aligner nos prix sur les cours dits mondiaux.
L’établissement de prix mondiaux a souvent un caractère aberrant ; le prix mondial du sucre, par exemple, est inférieur de moitié au prix de renient des producteurs les plus compétitifs. Seulement 5 à 10 % des échanges mondiaux sont effectués sur la base du prix mondial. Sur les marchés organisés, ( marchés des pays de l’ Est, de la zone dollar, de la zone sterling, de la zone franc ) les prix pratiqués sont des multiples du cours mondial ". Certes, a ajouté le Président Diori, les dix-huit pays africains associés à la CEE reçoivent de celle-ci un appui financier considérable, mais cette aide se trouve annulée non seulement par la détérioration constante des termes de l’échange mais aussi par un développement insuffisant des relations commerciales entre la CEE et les États africains. " Par ailleurs, cette aide financière est liée à une obligation d’approvisionnement dans les pays de la communauté. Alors que nous pouvons par exemple, acheter des Land Rover sur des fonds provenant du FAC, ( liés à seulement 65 % ), il peut paraître paradoxal que cela nous soit rendu impossible lorsque nous mobilisons les fonds de la Communauté Économique Européenne ( liés à 100 % ). "


L’ENTENTE A NIAMEY . . .


Le comité de gestion du Fonds d’ Entraide et de Garantie des cinq États de l’ Entente ( Côte d’ Ivoire, Dahomey, Haute-Volta, Niger et Togo ) s’est réuni les 10 et 11 janvier derniers à Niamey.


Le Fonds d’ Entraide et de Garantie de l’ Entente qui remplace le Fonds de Solidarité institué par la Convention du 29 mai 1959, dispose d’un montant initial de 26 millions de francs français accordés par la Côte d’ Ivoire ( 20.000.000 ), le Dahomey, la Haute-Volta, le Niger ( 1.680.000 F.F. chacun ) et Togo ( 960.000 ).


" ce fonds, a déclaré dans son discours d’ouverture le Ministre nigérien des Finances, constitue un organisme original de soutien du financement de projets intéressant le développement des États et présentant certaines caractéristiques de rentabilité économique dans les domaines industriel, agricole, commercial et de l’infrastructure. Il se propose, à précisé M. Courmo Barcourgne, de rechercher, soit de financements privés complémentaires lorsqu’un projet est déjà pris en compte par un organisme d’aide extérieure, soir le financement des projet nécessitant le recours aux crédits bancaires classiques ".


D’ores et déjà le Fonds étudie une quinzaine de projets, allant du forage au Niger, à la construction d’une usine de traitement de l’arachide au Dahomey ou à l’exploitation de la canne à sucre au Togo.


. . . ET A ABIDJAN


quelques jours plus tard, le 14 et le 15 janvier, le Président Diori présidait, à Abidjan, la première réunion du Conseil de l’ Entente pour 1967, et de félicitait de la rapidité de la mise en place de l’organisation du Fonds d’ Entraide et de garantie.


Commentant pour la presse les travaux du Conseil, le Président Diori précisait en outre, qu’il avait tenu ses collègues des diverses missions qu’il a effectuées en tant que Président de l’ Organisation Africaine et Malgache et notamment de la mission qui l’a conduit à Bruxelles pour la défense de produits tropicaux.


" Nous continuons, a-t-il dit, les négociations à tous les niveaux afin que ce problème trouve une solution équitable ".


* * * * *

< i> LES ÉTUDIANTS ÉPAULENT L’ OCAM


Le Congés Constitutif du M.E.O.C.A.M. ( Mouvement des Étudiants de l’ Organisation Commune Africaine et Malgache ) s’est réuni à Niamey du 2 au 4 janvier sous la présidence d’honneur du Président Diori Hamani. Une charte a été adoptée. Elle se propose d’opérer, au niveau des universités, un dégagement radical de la tutelle marxiste-léniniste, pour soutenir les Chefs d’ État dans leurs effort d’unification réelle de l’ Afrique et de Madagascar.


Le président Diori a tenu, pour sa part, à souligner toute la signification de ce congrès qui revêt une prise de conscience de nos jeunes étudiants, leur volonté de se plonger dans les réalités de leurs pays respectifs. C’est dans cette mesure, a conclu le Président, que nous parviendrons à cette véritable union africaine que nous avons tous le désir de bâtir ".


* * * * *

UNE OPINION DU PARTI SOCIALISTE FRACAIS


" Le populaire de Paris ", organe central du Parti Socialiste Français ( S.F.I.O. ) a publié le 14 janvier dernier un article consacré au Niger. Nous en citons de larges extraits :


Sans contestation possible, la République du Niger s’est acquis le droit d’être fière d’elle-même. Après une entrée tourmentée dans l’indépendance, elle eut quelque mal à établir son équilibre. Néanmoins, elle bénéficie aujourd’hui d’une harmonie intérieure enviable. L’ État repose sur de bases solides. Les institutions sont en place. Aucun à-coup n’entrave leur fonctionnement. Le régime républicain acquiert de la vitalité. Avec constance, les masses populaires accordent leur suffrages à l’équipe gouvernementale. Celle-ci bénéficie donc du feu vert pour agir. Elle s’y emploie de façon à la fois hardie et réfléchie. Chef de l’État et du gouvernement, le Président Diori Hamani se montre prudent, sans reculer devant les audaces nécessaires " .


" Les Nigériens sont des gens travailleurs et raisonnables. Chez eux la nature est plutôt marâtre. D’où un indispensable surcroît de labeur. Évidement, l’agriculture et l’élevage reçoivent une vigoureuse impulsion. Mais l’industrialisation n’est pas oubliée. Elle démarre, comme le démontre la société des produits chimiques créée dans la zone de Niamey ".


* * * * *

LE DRAME DU NIGER


Depuis quelque temps le Niger produit son propre ciment : en juillet dernier, les cinquante premières tonnes sorties de l’usine de Malbaza parvenaient à Niamey. L’ événement prend toute son importance quand on considère que le Niger a été depuis toujours et notamment pour les produits industriels de ce genre, tributaire de l’étranger.


En France la tonne coûte 170 FF. La même tonne de ciment importé et rendu à Niamey coûtait 420 Francs Français.


Dans ces efforts pour abaisser les prix des produits importés, le gouvernement a mené à bien la construction de la cimenterie de Malbaza.


Aujourd’hui la tonne de ciment produite au Niger " ne coûte plus " que 354 FF. , à Niamey soit 15 % de moins que le ciment importé. Il n’en reste pas moins que son prix de revient est égal au double de celui de la tonne de ciment en France.


On espère encore abaisser le prix du ciment en remplaçant le fuel importé ( qui doit parcourir 2 000 Km du port de Cotonou à Mabaza ) par un système de chauffage à la coque d’arachide. ( 8 F le kg contre 20 f le kg de Fuel ).


L’usine est installée au centre d’un gisement calcaire et trouve également sur place tous les matériaux nécessaires à la fabrication du ciment. Sa capacité maximum est de 130à 150 tonnes par jour ce qui dépasse largement les besoins actuels du marché intérieur. Aussi le gouvernement nigérien se propose-t-il d’encourager la construction privée.


Tant par la masse des capitaux investis - 33.000.000 de francs français - que par la main-d’oeuvre, la cimenterie de Malbaza est de loin la plus importante réalisation industrielle du Niger. Elle est gérée par une société d’économie mixte, la Société Nigérienne de Cimenterie, créée en mai 1963. le fonds d’Aide et de Coopération français a participé à son financement, et la côte d( Ivoire y possède des actions.


Enfin la construction de cette usine a entraîné la constitution d’une agglomération moderne et importante ; afin d’éviter que cette agglomération ne se constitue dans le désordre, le Niger a fait établir un plan d’urbanisme qui réserve l’avenir.


* * * * *
DES TANNEURS NIGÉRIENS FORMÉS EN R.F.A.


Malgré la fluctuation des cours mondiaux, la situation du commerce des cuirs et des peaux, au Niger, reste favorable. Le maintien de ce commerce est dû essentiellement à la réputation des peaux nigériennes quant à la qualité de leur conditionnement.


Les exportations sont difficiles à évaluer, en raison des circuits traditionnels des produits de l’élevage. Toutefois sur le plan des seules exportations contrôlées, on arrive aux chiffres suivants :



Année


Cuirs


Peaux de moutons


Peaux de chèvres



1956


55.242


175.051


651.724



1960


132.489


270.736


1.026.922



1964


169.500


359.590


1.116.748


Le Nigéria reste le premier importateur. Les quantités moyennes annuelles exportées vers le Nigéria sont les suivantes : cuirs ( 20.000 à 30.000 ) ; peaux de moutons ( 20.000 à 30.000 ) ; peaux de chèvres ( 300.000 à 400.000 ) et peaux de reptiles ( 5.000 à 10.000 ).


Par ailleurs, l’éventail des pays importateurs de peaux de chèvres s’élargit, les États-Unis occupant une place importante.


Le Ministre de l’ Économie rurale cherche à multiplier les centres de préparation pour présenter, en plus grande quantité, un produit toujours mieux traité et à créer une industrie de transformation primaire. C’est ainsi qu’une tannerie de peaux, d’une capacité de 300.000 peaux de chèvres et de 100.000 peaux de moutons, est en cours de réalisation à Maradi, région qui fournit les fameuses peaux de chèvres rousses. ( En 1964, la circonscription de Maradi a fourni 326.000 peaux de chèvres contrôlées ).


Enfin une tannerie de cuirs à Niamey est à l’étude.
Parallèlement, des efforts sont entreprises pour former un personnel spécialisé. Outre les 89 moniteurs et surveillants d’élevage, trois jeunes nigériens ont suivi récemment un stage dans les tanneries d’ Allemagne Occidentale. L’École de Maradi va, d’autre part, être sacrée exclusivement à cette formation.


( suite page 6 )

L’ ARACHIDE


Au cours de la campagne 1965-1966, la récolte d’arachides a été évaluée à plus de 280.000 T . La production commercialisable d’arachides décortiquées a atteint pour sa part le chiffre de 156.000 T quant aux exportations elle ont été de l’ordre de 135.000 T de graines dont près de 40.000 vendues hors de la zone franc.


Les perspectives décennales ( 1963-1974 ) prévoyaient une récolte de 280.000 T d’arachides-coque pour 1974. Cet objectif est donc dores et déjà dépassé.


certes les producteurs d’arachides n’envisagent pas d’étendre de façon trop considérable leurs cultures. Toutefois il ne semble pas possible de ramener durablement le volume de la récolte d’arachides-coque au-dessous de 250.000 T. Il en découle, qu’en tenant compte de la consommation locale ( alimentation et semences ) il y aura chaque année, un disponible commercialisable décortiqué de l’ordre de 130.000 T.


LE PROBLÈME DE L’ÉCOULEMENT DES ARACHIDES


Devant cette évolution rapide de la production, le gouvernement du Niger a été amené à ce préoccuper du problème général des possibilités de vente de arachides.


Certes, les perspectives du marché mondial de l’arachide permettent d’espérer que le placement de tonnages plus importants pourrait s’effectuer facilement. Il convient de noter ici, que les progrès de l’arachide ont été plus lents - quoique plus réguliers - que ce des autres oléagineux dans l’expansion des exportations mondiales durant la période 1958-1964. En effet, le taux d’accroissement des exportations africaines d’arachides a été de 11,8 % contre 26,7 % pour l’ensemble des exportations d’oléagineux, même si elles sont presque doublé à l’intérieur de la CEE entre 1954 et 1963.


Facteur de préoccupation majeur, la position de l’arachide durant les 10 dernières années s’est dégradée de 19,5 % par rapport aux autres oléagineux dans le volume du commerce mondial.


sa vente dépend en fait des habitudes de consommation d’un petit nombre de pays de la CEE et la Suisse.


La plus grande partie de la production nigérienne est absorbée par la France qui reconduit d’année en année la convention franco-nigérienne et permet ainsi au Niger d’écouler, en France, son arachide décortiquée à des prix au-dessus de ceux pratiqués sur le marché mondial.


Pour la production de la campagne 1964-1965, par exemple, la France avait absorbé 90.000 T à 990 FF la tonne, et 90.000 tonnes encore, pour la campagne 1965-1966 à 982,50 FF en garantissant 10.000 T supplémentaires à 970 FF. Enfin, pour la campagne 1966-1967, l’accord franco-nigérien garantit l’écoulement de 130.000 T d’arachides décortiquées au prix de 970 FF. la tonne auquel s’ajoutera un prime de bonne livraison de 12,50 FF. par tonne.


LE PROBLÈME DU TRANSPORT


L’arachide achetées sur les marchés villageois et dans les centres d’achat réservés ouverts à cette intention y est stockée et livrée sur place à la Société Nigérienne de Commercialisation des arachides ( SONARA ). Cette dernières assure toutes les autres opérations : livraison aux huileries locales, transport et livraison aux acheteurs sur la base CAF ou exceptionnellement FOB. Les arachides commercialisées dans l’ouest du Niger et sur certains marchés du centre sont acheminées sur Cotonou par les soins de l’ organisation Commune Dahomey-Niger ( O.C.D.N. ).


Ce transport, normal dans le cas des arachides du centre, la voie dahoméennes étant alors plus onéreuse que celle du Nigéria. Elle présente par contre l’avantage de réduire les sorties des devises et de procurer aux transporteurs nigériens un volume de fret important. De plus, sur cette voie le gouvernement du Niger intervient dans la fixation de la tarification applicable, même pour les trajets en territoire dahoméen.


Les arachides commercialisées dans la majeure partie du centre et dans l’est du pays sont dirigées sur Lagos avec un Stockage intermédiaire à Kano ( Nigéria du Nord ). Le transport rou

tier est assuré pour une partie par les véhicules appartenant à la SONARA et pour le reste par un pool de transporteurs en majorité nigériens ; l’avantage de cette voie était sa rapidité et son coût relativement bas. Malheureusement les développements de la situation en Nigéria ont fait que l’évacuation des arachides du Niger est tombée de 600 T par jour à 300 T par jour et qu’il en est résulté une augmentation du coût de plus de 100 FF. par T.


Pour abaisser les prix CAF, la SONARA a de plus en plus recours au transport en vrac ce qui permet des économies sur le fret est l’ensachage. A l’heure actuelle près de 85 % des exportations d’arachides se font en vrac.


LES PRIX


En 1965, le prix de revient de la tonne d’arachides décortiquées du Niger au stade CAF part européen s’est élevé à 949,60 FF. , dont 64 francs de fret maritime et 8 francs de frais au débarquement.


Les prix payés aux producteurs varient selon la position géographique des différents marchés. On établit alors un prix moyen pondéré. Pour la campagne 1965-1966, par exemple, le prix moyen pondéré pour l’ensemble du Niger, à atteint 456,26 FF. la tonne.


L’analyse détaillée des frais et commissions donne une idée plus juste de la composition du prix de revient de l’arachide au stade CAF - part européen. ( en F.F. )


Prix d’achat moyen pondéré


456,26


Sacherie


38


Frais commercialisation Niger


44


Transport, transit, magasinage au Niger


218,64


Frais généraux SONARA


10,70


Droit de sortie


75


Assurances ( de bout en bout )


7


Fret maritime


64


Frais au débarquement


8


Frais de vente et représentation en Europe


10


Frais financiers ( de bout en bout )


18


949,60


A relever, que depuis 1962, diverses mesures ont permis de réduire les postes commerciaux du barème ( excluant le prix au producteur, le transport à l’intérieur et la fiscalité ) de 220,66 FF. à 136,70 FF.


Le souci principal du gouvernement nigérien à l’heure actuelle est d’obtenir une baisse du prix à la production afin de mettre les arachides du Niger dans une position compétitive, avec en vue le respect des engagements prix avec la CEE.


LA COMMERCIALISATION


Le régime de placement garanti dans la zone franc devant être supprimé, le gouvernement du Niger a, dés 1962, réuni les anciens exportateurs d’arachides et leurs principaux acheteurs au sein d’une société d’économie mixte la Société Nigérienne de Commercialisation de Arachides dont 50 % du capital est détenu par le secteur public ( État ) ou para-public ( Banque de Développement de la république du Niger, Société de commerce et de production du Niger, Union Nigérienne de Crédit et de Coopération, Caisse de Stabilisation des prix des produits du Niger ) et l’autre moitié répartie entre le " professionnels " de l’arachide.


La SONARA a reçu le monopole de l’exportation et de la vente des arachides aux huileries. Par contre les achats à la production sont réservés aux Organismes stockeurs qui livrent immédiatement les arachides à la SONARA.


Le Niger dispose donc d’un système rationnel du commerce de l’arachide et d’un instrument efficace pour le mise en oeuvre de sa politique arachidière.


Le cuir traité est en partie transformé sur place et a donné naissance à un artisanat important. Ces artisans traitent environ 70.800 cuirs, 161,800 peaux de moutons et 614.300 autres peaux. La bourellerie prend également une grande importance, par suite du développement de la culture attelée. D’ici 1974, on produira 140.000 attelages pour la culture attelée bovine et les charrettes, et au moins 160.000 attelages pour la traction asine. la progression de la demande permet d’envisager une expansion égale de cet artisanat et entraînera très vite la création de coopératives.


* * * * *

LES ENTREPRISES PRIORITAIRES DU NIGER


Deux sociétés nigériennes viennent d’accéder, par décret, au régime B des entreprises prioritaires. On sait que les entreprises déclarées prioritaire bénéficient de nombreuses mesures d’exonération ou d’ allégement fiscal et de garanties particulières. ( Voir bulletin n° 3 ). Elles sont déclarées telles dans la mesure où leurs investissements revêtent une importance particulière pour le pays.


Ces deux entreprises sont successivement :
- La société Commerciale des Produits Agricoles ( SOCOPRA ), société anonyme constituée en août 1966 et siégeant à Niamey. Elle s’engage à effectuer toutes les opérations d’achat, transformation, vente, conservation, conditionnement des oignons et des arachides.
- La société Nigérienne de carrelage " déjà inscrite au régime A depuis le mois d’août 1965.


Voici par ailleurs, la liste des entreprises prioritaires :


ENTREPRISE


RÉGIME


DÉCRET


BUT


Société Industrielle, et
Commerciale Nigérienne
( SINCONI )


B


n° 63-069 du
5.4.1963


bonbons


M. Ba Oumar


B


n° 62-307 du
20.12.1962


Élevage de
poulets


BRADUNI


B


n° 63-122 du
29.6.1963


Boissons


C.F.D.T.


B


n° 64-262 du
31.12.1964


Engrenage coton


Société Nigérienne de
matière plastique
( SONIPLA )


B


n° 63-068 du
5.4.1963


matières plastiques


Imprimerie générale du
Niger


B


n° 63-181 du
2.10.63


Société générale des
Travaux publiques


A


n° 63-188 du
2.10.1963


Société de Parfumerie
Nigérienne ( SOPRANI )


A


en instance de
signature


Société Commerciale de
l’ Ouest africain ( SCOA )


B


en instance de
signature


Magasins
Super-Marché


Société Nigérienne de
cimenterie ( S.N.C. )


C


en instance
de signature


Société de Minoterie
Nigérienne


C


n° 65-153 du
4.11.1965


Société Nigérienne de
fabrication métallique


B


n° 65-154 du
4.11.1965


Briquetterie moderne
du Niger


B


n° 65-160 du
4.11.1965

nouvelles brèves


UN NIGÉRIEN, MEMBRE DU CABINET DE M. THANT


M. Issoufou S. Djermakoye, Ambassadeur du Niger à Washington et délégué permanent à l’ ONU, a été nommé sous-secrétaire au cabinet de M. THANT pour les questions des territoires sous tutelle et des territoires non autonomes. La durée de son mandat est de cinq ans. Interrogé par les journalistes, M. Djermakoye a fait part de sa fierté d’être associé à l’oeuvre de paix entreprise par le Secrétaire général des États-Unis.


20 MILLIONS DE M3 D’EAU POUR LE NOMADES DE L’ AÏR


Le fonds d’Aide et de la Coopération français a accepté de financer l’étude d’un projet de barrage dans le sud de l’ Aïr, entre In Gall et Agadez, destiné a retenir les eaux de pluie.


ce projet est d’un grand intérêt pour le Niger puisqu’il vise à mettre en valeur une vaste région ( 1000 ha ) particulièrement déshéritée.


Une étude topographique et hydraulique déjà réalisé montre que la terre est de bonne qualité et pourrait se prêter à des cultures telles que le blé. Le rapport rentabilité-coût de l’ouvrage est largement favorable. En effet, pour 30 à 35 millions de francs on pourra sédentariser une importante population actuellement nomade et lui assurer ainsi qu’au bétail une alimentation régulière en eau.


* * * * *

UN GRATTE-CIEL ÉGYPTIEN À NIAMEY


Niamey va avoir son gratte-ciel. C’est la société égyptienne d’import-export El Nasr qui fait construire cet immeuble, dont les 10 étages dépasseront la " maison de l’ Afrique " qui détenait jusque là le " record d’altitude ".


Le rez-de-chaussée servira de hall d’exposition pour les produits importés de République Arabe Unie selon les termes de la convention de commerce et de paiement, signée en mai 1962 entre les deux pays. le premier étage sera réservé aux bureaux ; les autres seront loués en appartements.


Les relation entre le Niger et la R.A.U. datent de Mai 1961, avec l’arrivée au Niger d’une mission économique de la R.A.U.


En juillet 1963, le président de la République du Niger, accompagné d’une forte délégation a effectué une visite officielle en république arabe unie.


* * * * *

LE NIGER ET L’ ITALIE


Un accord commercial, le premier du genre, vient d’être signé entre l’ Italie et le Niger. valable deux ans et renouvelable chaque année par tacite reconduction, il prévoit l’achat par les deux pays de produits indiqués sur une liste type. L’ Italie achètera notamment des arachides, des cuirs et des peaux, du coton . . . Le Niger, fera l’acquisition de produits alimentaires ( fruits, vins, huile d’olive ), de matériaux de construction, d’outillage et d’articles manufacturés divers.


Il est à noter que le volume d’échange entre les deux pays a triplé de 1961 à 1965.


* * * * *

UN MUSÉE ORIGINAL


Nous reproduisons ici des passages d’une conférence donné par M. J. M. Ruiz, sur le musée national du Niger :


" Ce musée ne ressemble à aucun autre. C’est un cocktail multicolore, fascinant, habilement dosé, plein de vie. Il est intégré au paysage exotique qui l’entoure. Un musée moderne doit instruire et divertir. C’est ce qui a été obtenu. Le nombre de visiteurs annuel s’élève à 120 000. Un chiffre record, si l’on veut bien considérer que le Musée du Louvre reçoit un million de visiteurs par an, dont une grande partie sont des étrangers, et qu’un autre musée d’Afrique - celui de Dakar - a reçu la visite de 3800 personnes au cours de l’année 1965.


" Le musée de Niamey est sans doute l’un des musées les plus originaux du monde, Cette

oeuvre singulière est constituée de trois réalisations différentes, merveilleusement fondues en un ensemble remarquablement harmonieux. C’est à la fois un splendide musée d’ethnographie, un important jardin zoologique et un beau parc public.


" le musée ethnographique disséminé en installations diverses, groupes d’intéressantes collections préhistoriques, géologiques, archéologiques etc. et offre en plein air la reconstitution authentique de l’habitat naturel du grand Niger représenté par les maisons typiques de haoussa, peul, songhay, djerma, touareg, aux couleurs et architectures si diverses.


A l’intérieur des différents édifices, dans les salles et sous des vitrine tournantes fabuleusement illuminées, sont exposées de splendides collections complètes de costumes guerriers, d’armes, de bijoux, de céramiques.


" Faisant partie de cet ensemble, de ce nouveau genre de musée adapté aux exigences ethnographiques des pays africains, se trouve le jardin zoologique. Installations attrayantes, vastes cages, enceintes soigneusement aménagées et entretenues, disposées avec un sens de l’esthétique sûr dans le grand parc".

CONNAISSANCE DU NIGER


L’ORGANISATION POLITIQUE :


Le P.P.N. / R.D.A. : parti progressiste Nigérien-Section du rassemblement Démocratique Africain.
Président : Boubou Hama
Secrétaire Général : Diori Hamani
Secrétaire Administratif : Abdou Gaoh


POUVOIR EXÉCUTIF :
( Constitution du 8 novembre 1961 )


Le Président de la République, Chef de l’ État, est le détenteur exclusif du Pouvoir Exécutif. Élu pour 5 ans au suffrage universel direct, il est rééligible. Il nomme les membres du Gouvernement, qui sont responsables devant lui, détermine leurs attributions et met fin à leurs fonctions.


Il a l’initiative des lois concurremment avec les membres de l’ Assemblée nationale.
Il accrédite les ambassadeurs, nomme aux emplois civils et militaires. Il est le Chef des Armées.
Il détermine et conduit la politique de la Nation.


POUVOIR LÉGISLATIF :


Le pouvoir législatif est exercé par une assemblée unique dite Assemblée Nationale dont les membres sont élus au suffrage universel direct sur une liste nationale complète et portent le nom de Député.
La loi du 7 septembre 1965 ( n° 65-036 ) porte le nombre à 50.
La durée de la législature est de 5 ans. les députés sont rééligibles. L’assemblée Nationale se renouvelle intégralement.
L’ Assemblée nationale vote les lois et consent l’impôt. Tous les députés sont membre du P.P.N. / R.D.A.


POUVOIR JUDICIAIRE :


Il est représenté par la Cour Suprême, la Haute-Cour de Justice et la Cour de Sûreté de l’ État.


Directeur de la publication : L. Trévidic

Abonnement annuel : 10. - francs


Imprimé par Eurofor-Press, 13 bis, rue lafitte, Paris
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