Avertissement: Ce site n'est plus maintenu à jour. Vous pouvez continuer à le consulter en archive.

N-24-007-001

  • Recherche textuelle
  • Brèves
  • Des interviews exclusives de Dja-Apharou ISSA IBRAHIM, ami et confident de Jacques Baulin, responsable par donation de l’intégralité des documents constituant le fond, et président de l’association sont actuellement publiées dans la rubrique présentation.

  • Les trois ouvrages de J. Baulin : Conseiller du président Diori, La politique africaine d’Houphouët-Boigny et La politique intérieure d’Houphouët-Boigny
    seront disponibles sur le site en version iBook et en version Pdf dès septembre
    2009.















PERSPECTIVES NIGÉRIENNES .


Edité par le CENTRE D’INFORMATION DU NIGER


13 , Boulevard Haussmann - Paris IX ème


Avril 1967


MENSUEL n° 7


SOMMAIRE


" Niger 67"


1


L"Entente"


2


Un complexe textile pour le Niger


2


. . . et une sacherie


3


Le mil , culture industrielle ?


3


Le parc automobile du Niger


4


Nouvelles brèves


6


" Une société entièrement nigérienne"


6


Une pédagogie peu orthodoxe


7


Connaissance du Niger


8


"NIGER 67"


Sous le titre "Niger 67" , l’hebdomadaire "Jeune Afrique" présente dans sa dernière livraison un supplément illustré de 32 pages sur les réalisations nigériennes en matière de politique étrangère , sociale et économique .


Ce supplément s’ouvre sur une interview du Chef nigérien , qui évoque en premier lieu le principal problème des jeunes Etats africains , celui du sous-développement .
"J’ai reçu mandat des Chefs d’Etat de l’OCAM (Organisation commune africaine et malgache ) de défendre devant les autorités de la Communauté économique européenne les intérêts des 50 millions d’Africains qui vivent dans les 14 Etats membres de notre Organisation . Avec patience et persévérance , au lendemain de notre accession à l’indépendance , nous avons essayé de nous regrouper afin de compenser la faiblesse de nos ressources et la modicité de nos marchés nationaux . Notre organisation , malgré son jeune âge , compte déjà des réalisations positives .
"L’on assiste dans le monde entier à la stagnation , voire à la régression , du montant des aides financières accordées aux Etats en voie de développement par les nations les plus riches .
"Afin de hâter notre développement économique nos économies ont besoin de se garantir des débouchés réguliers . Il faut assurer à nos producteurs des prix stables et rémunérateurs . Seules , ces conditions peuvent nous permettre de réaliser des programmes de développement à long terme , capables de créer un pouvoir d’achat suffisant pour amorces valablement l’industrialisation qui nous est nécessaire .
"Je ne crains pas de me répéter indéfiniment : de telles perspectives ne sont possibles que si l’on met en place dans le cadre du Marché commun une véritable organisation des marchés des principaux produits tropicaux .
"Ce que nous demandons aux Européens , c’est la justice . Nous ne voulons pas être oubliés . Il n’est pas juste que si en 1960 une tonne de cacao permettait d’importer 2700 mètres de tissus écrus , cette même tonne en 1965 n’ait permis d’importer que 800 mètres de tissus .
"Nous arguments son irréfutables . Nous n’épargnerons aucun effort et poursuivrons le dialogue avec les autorités de la CEE pour obtenir la stabilisation des prix de nos produits et pour l’organisation des marchés . La stabilité politiques de nos pays en dépend pour une grande part.
".


Abordant ensuite la politique intérieure , le Chef de l’Etat du Niger rappelle les objectifs que son gouvernement s’est fixé : unité nationale , amélioration du niveau de vie des masses , indépendance économique , tous objectifs auxquels se propose de parvenir le second plan quadriennal de développement du Niger .


L"ENTENTE" OU LA PRATIQUE DE LA SOLIDARITE


Des traditions d’échanges , des habitudes de vie commune ainsi qu’une certaine complémentarité économique ont fait , qu’en 1959 , 4 Etats de l’Ouest Africain -La Côte d’Ivoire , le Dahomey , la Haute-Volta et le Niger - ont voulu réaliser un groupe harmonieux ou ils règlent "en famille" et dans l’intérêt de tous , les problèmes qui se posent à leur dans différents domaines . L’année dernière le conseil s’est élargi avec l’adhésion du Togo .


C’est grâce à sa souplesse que cette organisation est l’une des rares en Afrique à avoir survécu à l’épreuve du temps . Elle constitue également une manifestation pratique , non - verbale , de la solidarité africaine .


Chaque année , et plusieurs fois dans l’année , les chefs d’Etat de cet ensemble de 15 millions d’habitants se retrouvent afin de discuter des problèmes urgents et précis qui se posent à eux .


Les 23 et 24 mars dernier s’est tenu à Abidjan la seconde réunion de l’entente pour 1967 . Elle était présidée par Monsieur Diori Hamani et a eu surtout à étudier le fonctionnement du Fonds d’Entraide et de garantie , dernier rouage créé dans le cadre de l’Entente , mais non le moindre .


On connaît l’originalité de cet organisme dont le but est de garantir les emprunts productifs en tenant compte du souci de sécurité des investisseurs étrangers . Cette garantie est accordée aussi bien aux entreprises privées qu’aux organismes publics ou parapublics de l’un des cinq Etats-Membres .


Supposons par exemple qu’un industriel décide de lancer une activité dans son argument , présente son dossier au secrétariat administratif du Fonds de Garantie . Ce dernier après l’avoir instruit , le soumet au comité de gestion composé de deux membres par Etat . Si le comité accorde sa garantie , il signe sur le champ un ordre de paiement irrévocable à l’adresse de la Banque dépositaire des avoir du Fonds .


- Si pour raison quelconque l’industriel promoteur de l’affaire ne peut honorer ses engagements , le Fonds se substituera à lui pour le remboursement de ses dettes aussi , bien entendu , pour relancer l’affaire . Grâce à ce système les organismes s’engageant à financer une entreprise ont non seulement la garantie de leur client , du rapport de rentabilité du projet , et du gouvernement africain , mais aussi celle d’un Fonds bloqué en permanence , dans une banque . Au taux normal d’intérêt le pouvoir multiplicateur du Fonds est de 10 fois son capital . Il peut en d’autres termes , servir de garantie à des investissements annuels de l’ordre de 130.000.000 de francs français , puisque lui-même s’élève à 13. 000.000 de francs par an .


Cet garantie , donnée en commun par les cinq Etats , dénote un esprit de solidarité qu’on rencontre rarement dans le monde . Il faut souligner en effet que sur ce montant de 13 millions de francs ,
La Côte d’Ivoire verse 10.000.000
Le Niger , 840.000
La Haute-Volta , 840.000
Le Dahomey , 840.000
et le Togo 480.000 francs .


La Côte d’Ivoire , pour sa part , s’est engagée à ne présenter aucun dossier pendant les cinq premiers années .


Le Fonds est géré par tous les partenaires qui ont des prérogatives identiques quel que soit le montant de leur participation .


UN COMPLEXE TEXTILE POUR LE NIGER . . .


En 1969 , une usine textile sera implantée dans la zone industrielle de Niamey . C’est ce qui ressort de la convention qui vient d’être signée par le Président Diori et le représentant de l’important groupe français Willot .


L’usine aura une production annuelle de 1.520 tonnes , répartie en 400 tonnes de tissu écru , 600 tonnes de tissu blanchi , 400 tonnes de tissus teints et 120 tonnes de fil , le tout pour un chiffre d’affaire de l’ordre de 18 millions de francs français .


La construction de cette usine , dont le capital initial est fixé à 12.000.000 de francs (8.400.000 francs souscrits par le groupe français et 3.600.000 par des Nigériens) , nécessitera un investissement de 37.000.000 de francs .


Les perspectives de développement avaient prévu l’importation du complexe textile d’abord à Madoua , important centre cotonnier , puis à Maradi . Mais des considérations de rentabilité et de facilité de gestion ainsi que d’approvisionnement ont amené à retenir Niamey comme lieu d’importation . Au départ , quatre sociétés étrangères étaient intéressées par l’affaire . Deux restent en cours , après l’élimination des projets italien en nigérian , le groupe Willot , qui vient rapports intéressant les pays de l’Entente .


. . . ET UNE SACHERIE


Les besoins en sacs du Niger pour le transport des arachides en particulier sont , à l’heure actuelle , supérieurs à 2 millions d’unités . Aussi a-t-on envisagé la création d’une sacherie capable de produits à 2 millions d’unités . Aussi a-t-on envisage la création d’une sacherie capable de produire 2 000 tonnes de sacs environ , chaque année .


On utilisera de "dah" , similaire au juste , comme produit de base . La culture du dah lancée récemment doit s’étendre sur 3.000 ha environ : les rendements moyens déjà obtenus sont d’une tonne à l’hectares de lanières , soit , avec un rendement des 2/3 , de 0,6 à 0,7 tonnes de fibres par hectares . Les terres destinées au dah sont suffisamment riches et les besoins en eau seront couverts par un ouvrage de retenue de 20 millions de m3 prévu en 1968 .


L’usine présente un intérêt certain car elle se situe en amont de l’agriculture (fourniture d’emballages ) et en aval car elle développe une culture nouvelle assurée d’un débouché rémunérateur et régulier . En outre elle créera 235 emplois nouveaux .


L’investissement prévu est de 7.740.000 de francs français . La Banque de Développement de la République du Niger (BDRN) , le Fonds Européen au titre de la diversification des cultures , et le secteur privé en assureront le financement .


LE MIL , CULTURE INDUSTRIELLE ?


La majeure partie des terres arabes du Niger est consacrée à la culture des produits vivriers , essentiellement du mil , du sorgho et des pois , nourritures de base de la population .


Quant à la consommation du mil et du sorgho , une enquête effectuée en 1963 donne les chiffres suivants :



consommation humaine totale :


865.000 tonnes



consommation animale :


80.000



besoins en semences :


25.000


Si l’on retient des facteurs aussi influents que l’accroissement démographique ou le changement de goût des consommateurs , on peut penser qu’en 1968 , la consommation humaine maximum avoisinera 950.000 tonnes .


Les besoins en semences augmenteront proportionnellement à l’accroissement des superficies , soit 13% par rapport à 1963 , environ 30.000 tonnes . La consommation animale augmentera dans les mêmes proportions et atteindra vraisemblablement 100.000 t .


La production s’élève , en moyenne , progressivement . Si l’on tient compte de l’équipement en culture attelée , de l’action entreprise dans les régions "animées" , de l’introduction des semences sélectionnées et de l’accroissement des surfaces cultivées , la production permettra de constituer des stocks pouvant couvrir le déficit éventuel d’une récolte compromise par une mauvaise pluviométrie .


Mais plus encore que leur importance en tant que cultures vivrières le mil et le sorgho se voient attribuer une place de choix parmi les cultures industrielles . Depuis plusieurs années , le Niger suit tout spécialement les recherches entreprises par la F.A.O ; pour la production de farine de mil . A cet effet , le gouvernement a financé sur ses ressources propres la construction , à Zinder , d’une unité expérimentale , la conduite de l’affaire étant confiée à la Banque de Développement du Niger . L’investissement est de l’ordre de 1.200.000 francs français .


La société de transformation du mil (SOTRAMIL) créée récemment vient d’être agrée , en tant qu’entreprise prioritaire , au régime B du Code des Investissements .


N’étant qu’au stade expérimental , l’usine produit pour l’instant une tonne de farine par heure soit environ 2000 tonnes par an . A l’issue de cette période d’expérimentation , l’usine produira 7.000 tonnes de farine par an . Elle produira également de la semoule , de couscous et servira de base à la fabrication de biscuits et de pâtes alimentaires . Les déchets iront à l’alimentaires . Les déchets iront à l’alimentation du bétail .


Enfin , le coût de la transformation du mil en farine est très faible puisqu’il s’élève à environ 0,10 francs français le kilo .


Sous tous ses aspects ce projet présente un grand intérêt pour le Niger ; il valorise un produit agricole disponible en grandes quantités et dont la production peut être facilement augmentée . Une partie de la population féminine peut être employée efficacement . Enfin et surtout , on n’aura vraisemblablement aucune peine à trouver des débouchés à l’exportation vers des pays côtiers plus lointains , le coût du transport étant beaucoup moins élevé .


LE PARC AUTOMOBILE DU NIGER


Le nombre de voitures immatriculés au Niger est passé de 6892 au 31 décembre 1964 à 7809 à la fin de 1965 .


La France occupe nettement la première place dans la composition du parc nigérien . On compte en effet 5647 véhicules français sur un total de 7809 soit un pourcentages de 77% (83% pour les voitures particulières ). En 1964 , ce pourcentage était de 72 %.


Citroën vient largement en tête devant Peugeot et Renault . Land-Rover arrive en quatrième position , pour les marques étrangères .


Importations de véhicules automobiles au Niger en 1965 (valeur en francs français)



Valeur


Tonnage


1) Voitures particulières
dont :


4.814.980


584


France


1.909.420


275


Allemagne fédérale


2.153.740


203


Italie


110.600


18


Royaume -Uni


282.300


47


Espagne


16.000



Côte d’Ivoire


28.780


4





Etats-Unis


244.300


27


Japon


17.240


2


2) Camions-bennes
dont :


1.810.300


241


France


1.747.820


237


Allemagne fédérale


16.000


4


3) Autres camions et camionnettes
dont :


7.164.280


858


France


3.645.120


170


Allemagne fédérale


172.720


17


Royaume-Uni


2.514.500


265


Tchad


40.000


8


U.S.A.


777.020


94


4) Autocars :
dont :


402.100


39


France


387.640


37


Côte d’Ivoire


14.460


2


On ne possède à l’heure actuelle aucun renseignement statistique sur les importations et les immatriculations de 1966 , mais la tendance à la progression parait se confirmer , comme elle s’est confirmée pour les 5 années précédentes .


PIECES DETACHEES ETS SERVICE APRES-VENTE


En ce qui concerne les pièces détachées et le service après-vente , les concessionnaires des principales marques disposent d’un stock de pièces et accessoires et assurent l’entretien et la réparation des véhicules qu’ils représentent .


Les importations de pièces détachées se sont chiffrées en 1965 à 2.034.060 F.F. pour un poids de 143 tonnes . Quant aux importations de pneumatiques , elles se montaient , pour la même période à 2. 810.300 F.F pour un poids de 389 tonnes . Il s’agit de pneumatiques français pour la plus grande partie , ainsi que des Pirelli italiens .


LE MARCHE DES CARBURANTS


On compte 244 dépôts d’hydrocarbures au 31 décembre 1965 . Les consommations s’établissent comme suit pour l’année 1965 :


essence-auto


15282,1 m3


pétrole


4282,8 m3


gaz-oil


14335,3 m3


essence-avion


8412,4 m3




Les prix de vente des hydrocarbures dans les différents centres urbains du Niger sont déterminés chaque trimestre par la Direction des mines et de la géologie en coopération avec le groupement professionnel du pétrole . Ces prix sont ensuite officialisés par arrêté du ministre des Affaires économiques , du Commerce et de l’industrie .


Importation de carburants en 1965
(valeur en F. F. )



Valeur


Tonnages


Total


7.475.740


19.850


UN MARCHE DE POIDS LOURDS IMPORTATION


Il n’existe au Niger qu’un seul organisme spécialisé dans le financement des ventes de véhicules automobiles : la Société Nigérienne de Crédit automobile (SONICA) .


La SONICA , société constituée par tous les concessionnaires automobiles , finance les ventes de véhicules légers (taxis , voitures particulières , camionnettes ) comme les ventes de poids lourds . Le marché des poids lourds est important au Niger , étant donné les besoins de transports routiers de ce pays éloigné de la côte et des ports . Aussi la SONICA a-t-elle une grande partie de son activité axée sur le financement des camions .
Sont chiffre d’affaires s’établit , en francs français :
1964  : 30.580.000
1965  : 31.920.000
1966  : 35.520.000

REGLEMENTATION SUR LE SUCRE


L’une des réalisations les plus importantes de l’Organisation Commune Africaine et Malgache (O.C.A.M.) a commencé de fonctionner à la fin de 1966. Il s’agit de l’organisation du marché du sucre qui a fait l’objet d’un accord signé en juin 1966.


L’accord repose sur l’engagement des pays africaines , membres de l’O.C.A.M. , et importateurs de sucre , de se fournir auprès des raffineries de sucre du Congo-Brazza et de Madagascar qui à leur tour s’engagent à satisfaire leur demande dans la limite des contingents d’exportation , au prix garanti par l’accord .


Les prix des sucres congolais et malgache n’étant pas compétitifs , la nécessaire péréquation entre sucres importés du Congo et de Madagascar et sucres importés d’Europe est effectuée par une Caisse de péréquation , alimentée par le prélèvement d’une taxe ad-hoc sur les sucres importés d’autres origines que les pays-membres de l’Accord .


Afin de favoriser la production des pays membres conformément à l’Accord , un Arrêté vient d’être pris au Niger Fixant le montant de la taxe perçue sur le sucres imports destinée à alimenter le Fonds de soutien du sucre . (J.O. Niger , du 1 er mars 1967).

NOUVELLES BRÈVES


DEUX TOURNEES À L’INTERIEUR DU PAYS


Le Président de la République du Niger , soucieux de garder un contact aussi étroit que possible avec les 3.250.000 habitants dispersés dans un pays vaste comme deux fois la France , a entrepris un second , puis un troisième voyage dans le sud-ouest et le sud -est du Niger à la fin du mois dernier. On se rappelle que le Président Diori avait déjà effectué une tournée à l’intérieur au mois de février .


Accompagné de plusieurs de ses ministres , le Président Diori , comme dans chacun de ses précédents déplacements , a assisté à des meetings dans les villages traversés , a tenu des conférences avec les cadres et a visite les dernières réalisations agricoles et industrielles de chaque région.


AIDE DE LA FRANCE AU NIGER


Une nouvelle convention financière vient d’être signée entre la France et le Niger aux termes , et des cultures cotonnières , aux aménagements hydro-agricoles , et à la construction de l’énergie solaire et la poursuite du programme de formation des cadres administratifs par les services de la promotion humaine , la mise à la disposition du gouvernement nigérien d’un cabinet d’architectes et l’acquisition d’une vingtaine de gros camions porteurs destinés à l’évacuation des arachides .


OUVERTURES DE RELATIONS DIPLOMATIQUES ENTRE LE NIGER ET LA TURQUIE


"Le Niger et la Turque ont décidé d’établir entre eux , des relations diplomatiques au niveau des ambassadeurs " annonce un communiqué émanant de la Présidence de la République du Niger . "


"UNE SOCITE ENTIEREMENT NIGERIENNE"


" CORPO-Niger n’est pas un magasin d’import-export. C’est un instrument pour stimuler la production , une société entièrement nigérienne "
déclarait , le 26 juillet 1962 , le président Diori , lors de l’inauguration du premier magasin-témoin de la Société Nationale de Commerce et de Production du Niger .


Depuis cette date , 3 autres magasins ont été installés dans la capitale et les habitants de Zinder , Maradi , mais aussi d’Agadès , Bilma , Abala , Galmi trouvent sur place des installations de la CORGO -Niger .


CORGO-Niger est une société d’économie mixte créée en Avril 1962 , dont le capital , naguère de 1 million de francs , a été porté à 3 millions en 1963 . 51% de ce capitale ont été souscrits par l’Etat et les sociétés d’économie mixte et la répartition en est actuellement la suivante :


Etat du Niger


33%


Union Nationale de Crédit et de Coopération
(UNCC)


15%


BDRN


3%


Privés nigériens


34%


Office du commerce tunisien


15%


La COPRO -Niger s’est donnée pour tâche d’assainir les circuits commerciaux , c’est -a-dire de réduire , entre le producteurs et le consommateur , les prélèvements effectués par des intermédiaires trop nombreux ou dont les profits ne sont pas justifiés par les services rendus . C’est pourquoi la société a orienté ses activités vers la commercialisation des produits agricoles du pays et le ravitaillement des masses rurales désavantagées par de nombreux facteurs tels que le pays et le mangue de transports et la grande dispersion de la population .


La COPRO -Niger a donc , avant tout , mission de rationaliser les circuits de commercialisation des produits de l’agriculture par l’achat aux groupements coopératifs à des prix justes . La conséquences immédiate de cette rationalisation des circuits commerciaux est la revalorisation des productions agricoles . D’autres part , les marchandises d’importations sont vendues aux paysans à leur juste prix .


Mais COPRO -Niger participé également à l’industrialisation du pays . Ainsi , enfin de permettre une plus grande consommation du riz produit au Niger et par voie de conséquence d’accélérer l’extension de la culture de cette céréale , une usine de décorticage du riz a été implantée à Tillabéry par COPRO -Niger. Le monopole de la commercialisation du paddy a été accordée à COPRO -Niger qui utilise les services des coopératives agricoles pour la collecte et la commercialisation du paddy dans certaines villages . Par la même occasion , COPRO -Niger assure le ravitaillement des magasins coopératifs .


D’autres projets de petits industries sont à l’étude et seront financés par l’Etat , COPRO -Niger et sans doute d’autres sociétés nigériennes . Ils concernant tous la transformation des produits agricoles ; conserveries de viande , savonnerie , tannerie , usines pour agglomérer le sucre , couscous , pâtes alimentaires .

DES METHODES DE PEDAGOGIE PEUT ORTHODOXES


Le Niger consacré actuellement près de 15% de son budget à l’éducation nationale sans pour cela dépasser un taux de scolarisation de 9% . Et encore , faut-il insister sur le fait que les maîtres ont un niveau parfois insuffisant et des classes qui peuvent attendre 60 à 80 élèves .


Même à supposer qu’il puisse consacrer quatre fois plus à l’enseignement , le gouvernement nigérien ne pourra parvenir à scolariser plus du tiers des enfants nigériens en âge d’aller à l’école . Force était donc de chercher d’autres solutions , plus pratiques , moins onéreuses , plus diversifiées .


Ainsi , à l’heure actuelle , à côté de l’enseignement classique on a ouvert de nouvelles voies le savoir .


L’ " animation au développement " , allant de pair avec l’alphabétisation des adultes cherche , non seulement à enseigner , mais aussi à former des cadres dans le milieu même où ils se trouvent , vivent , travaillent et produisent . L’action est le résultat d’une dynamique intérieure et non extérieure .


Les radio-clubs constituent une seconde voie : des dizaines de milliers de paysans , chaque semaine , autour de modestes récepteurs , pour essayer d’appréhender le monde nouveau que leur apprend a connaître un ami inconnu et dont les leçons leur parviennent d’une façon si étrange .


Les autorités ont lancé enfin en 1964 dans la bataille pour le savoir l’instrument le plus moderne : la télévision . Depuis peu , dans certaines classes , les leçons sont télévisées . A l’heures actuelle , cette méthode d’enseignement ultra-moderne a dépassé le stade de l’essai et le Niger est à l’avant -garde sur cette voie nouvelle . Un périodique parisien , "Entreprise" , vient de consacrer un article élogieux aux leçons télévisées et explique de la façon suivante le choix qui a été fait :


" Cela pourrait apparaître , écrit-il , comme un paradoxe étrange et superflu , s’il ne s’avérait en même temps que cette expérience est précisément effectuée pour apporter le maximum de rentabilité à des besoins de scolarisation immenses , qu’elle se trouve particulièrement bien adaptée aux conditions de ce pays subdésertique , enfin qu’elle rentre dans le cadre des méthodes pédagogiques d’avant -garde d’autant plus intéressantes et riches de promesses qu’elles sont très élaborées dans leur conception et se servent de moyens très rustiques quant à leur application ". ".


Evidemment , il a fallu mettre au point un enseignement du français et du calcul n’ayant rien de commun avec le système classique .


Les résultat sont-ils bons ? Oui , puisque les tests ont prouvé que 90% des enfants suivant ces cours avaient une compréhension des leçons supérieure à la moyenne .


Connaissance du Niger

LA REFORME ADMINISTRATIVE


"En procédant à une réforme administrative , le Gouvernement a voulu atteindre un double but : opérer une décentralisation , seul moyen d’assurer un dialogue permanent , par le canal d’un représentant du pouvoir , entre les masses et les autorités supérieures du pays et susciter une participation active et volontaire de cette masse à la gestion de ses propres affaires ".


Ces déclarations du Président Diori Hamani mettent l’accent sur ce qui caractérise de manière essentielle la réforme administrative de la République du Niger .


En effet , à tous les niveaux de l’action régionale et locale , on trouve maintenant des structures qui permettent aux populations de participer activement aux affaires qui trouve maintenant des structures qui permettent aux populations de participer activement aux affaires qui les concernent et , particulièrement , au développement de leur collectivité ainsi qu’au développement national .


La loi sur laquelle est basée toute la réorganisation , date du 17 juillet 1964 . Elle stipule notamment que la République est divisée en Départements , les Départements en Arrondissements et les Arrondissements en Communes .


Les Départements , au nombre de 7 , et les 32 arrondissements qui les subdivisent ont été installés à la date du 1 er octobre 1965 .


LE DEPARTEMENT


Le Département correspond à ce qu’il est convenu d’appeler une zone homogène de développement . C’est une circonscription administrative dont le responsable est le Préfet , dépositaire de l’Autorité de l’Etat dans le Département .


Le Département n’est pas , quant à lui , une collectivité territoriale décentralisée . C’est essentiellement un échelon administratif de coordination régionale , de conception , d’impulsion et de décision. Le Préfet , délégué du Président de la République et représentant direct de chacun des Ministres , exerce également des fonctions de tutelle à l’égard des collectivités territoriales .


L’ARRONDISSEMENT


Les 32 arrondissements sont également des circonscription administratives délimitant la susceptibles d’être compris et appréhendés directement par les populations . C’est pourquoi ils ont été , de surcroît , érigés en collectivités territoriales dotées de la personnalité morale et de l’autonomie financière .


Le Conseil d’arrondissement , élu au suffrage universel direct , en est l’organe de décision . Il règle par ses délibérations les affaires de la collectivité .


Présidé par le Sous-Préfet , le Conseil dispose d’une large et réelle autonomie .
Le Sous-Préfet assure l’exécution des décisions du Conseil . A ce titre il agit en qualité d’autorité d’arrondissement . En outre , afin d’augmenter encore les possibilités de participation des populations , le Sous-Préfet est assisté , dans l’exercice de ses fonctions d’autorité locale , par une commission consultative d’arrondissement dont les membres sont désignés par le Conseil en son sein . Cette formule permet d’associer un certain nombre de représentants élus de la population aux actions de gestion journalière de la collectivité .


LA COMMUNE


Les structures de la commune , également circonscription administrative et collectivité territoriale décentralisée , se présentent selon un schéma similaire : Conseil Municipal , commission consultative et Maire , ce dernier étant autorité municipale susceptible de se voir confier , par le Pouvoir Exécutif , des attributions d’intérêt général .


Si , comme on l’a vu , les possibilités de participation active des populations sont particulièrement grandes au niveau des arrondissements et des communes , la loi a néanmoins voulu assurer une certaine participation des populations à l’échelon du Département . Présidée par le Préfet , cette commission comprend , de droit , les Sous-Préfet et un certain nombre de membres désignés par les Conseils d’arrondissement à raison de deux par Conseil .


La commission consultative départementale est tenue au courant des actions de développement . Elle donne son avis à leur sujet et peut émettre des voeux dans les limites de sa compétence .


En résumé , l’organisation administrative que s’est donnée la République du Niger réalise une rencontre harmonieuse des structures descendantes du Pouvoir Exécutif , responsables des actions à la base auxquelles a été donnée la responsabilité de gérer leurs propres affaires locales ainsi que la possibilité de participer activement au Développement national .


Directeur de la Publication ; M. Maraval
Rédacteur en chef : L. Trévidic
Abonnement annuel : 10. - francs
Imprimé par Eurafor -Press


13 bis , rue Laffitte , Paris

info portfolio

Creative Commons License Fonds d’archives Baulin (http://www.fonds-baulin.org), développé par Résurgences, est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons : Paternité-Pas d’Utilisation Commerciale-Pas de Modification 2.0 France.
Plan du site
Site propulsé par l'Atelier du code et du data, chantier d'insertion numérique