N-24-019-001

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  • Des interviews exclusives de Dja-Apharou ISSA IBRAHIM, ami et confident de Jacques Baulin, responsable par donation de l’intégralité des documents constituant le fond, et président de l’association sont actuellement publiées dans la rubrique présentation.

  • Les trois ouvrages de J. Baulin : Conseiller du président Diori, La politique africaine d’Houphouët-Boigny et La politique intérieure d’Houphouët-Boigny
    seront disponibles sur le site en version iBook et en version Pdf dès septembre
    2009.















perspectives nigériennes


Mensuel - janvier 1969


Sommaire


Les dix ans de la République du Niger


1


Intense activité diplomatique


2


L’ attitude coopérative des Pays Bas


3


Un festival de la Jeunesse


3


A la recherche de méthodes peu onéreuses


4


Le problème de l’ énergie


4


Crédits FED pour l’ animation féminine


5


Nouvelles brèves


5 et 6

LES DIX ANS DE LA RÉPUBLIQUE DU NIGER


Le 18 décembre, les Nigériens célébraient le 10 e anniversaire de leur république.


Les festivités devaient se terminer par une réception offerte au Palais par le Président de la République et Mme Aîssa Diori.


La journée avait commencé à 8 heures par les traditionnels défilés sur la place du Petit Marché. Les groupes des Femmes du Parti, de la Jeunesse Pionnière, des sportifs, sans compter les enfants des écoles et des détachements des diverses armes, recevaient chacun leur part des applaudissements de la foule.


Plus tard dans la matinée, le chef de l’ État procédait successivement à l’ inauguration de la deuxième centrale électrique " Nigelec-2", à la pose de la première pierre d’un nouvel immeuble qui abritera le siège de l’ union Nationale de Crédit et de Coopération (U.N.C.C.), et de l’ Union Nigérienne de Crédit Agricole ( U.N.C.A.), puis assistait à des courses hippiques.


Dans son traditionnel " message à la Nation", le Président Diori Hamani mentionnait les succès remportés, sans ignorer pour autant les nombreux et sérieux obstacles qui parsèment la voie du Niger en particulier, et des pays sous-développés en général. En voici de larges extraits :


" En célébrant cet anniversaire nous pouvons, à juste titre, être fiers et nous réjouir de la solidité de nos institutions démocratiques, du climat de concorde et d’ union qui règne chez nous, des progrès déjà accomplis à l’intérieur et du rôle important et parfois déterminant joué à l’ extérieur par notre pays.


" Cette fierté est d’autant plus légitime que la conjoncture ne nous est pas des plus favorables dans un monde auquel nous sommes inévitablement liés... Au delà des antagonismes raciaux, des aspirations à la libre détermination, de la recherche d’ appuis stratégiques, ce qui pèse plus que jamais sur la vie du Tiers Monde, c’est la conquête des marchés, la dure compétition des économies. Jusqu’ à l’ aberration, jusqu’ à la criminelle absurdité, jusqu’ à laisser des populations entières manquer de nourriture quand ailleurs on rejette le lait au ruisseau et le poisson à la mer, quand on sacrifie tant de ressources à des explorations spatiales qui, de surcroît, aboutiront peut-être un jour à de nouveaux conflits.


"... La Convention de Yaoundé expire le 31 mai prochain et tous nos efforts tendront à ce que des solutions satisfaisantes soient trouvées à nos grands problèmes.


" Parmi les solutions possibles, citons : une meilleure organisation des marchés, l’accroissement de l’ amélioration des moyens de financements mis à notre disposition, la mise en oeuvre de mesures incitant réellement les capitaux privés à investir dans nos pays.


" Les concours directs déjà apportés par les nations de la Communauté Économique Européennes, la France, l’ Allemagne fédérale, l’ Italie et les Pays- Bas, surtout et que nous apprécions, nous autorisent à penser que notre attente ne sera pas déçue.


" En dehors des concours bilatéraux et multilatéraux des pays de la Communauté Économique Européenne, l’ aide venue des puissants États-Unis d’Amérique risque malheureusement de diminuer, les derniers crédits globaux ayant étés réduits de près de moitié.


" D’ autres pays encore contribuent à notre développement et nous leur en savons gré. Je veut évoquer, entre autres, l’ aide de la République de Chine et l’ aide que le Canada apporte à l’ Afrique francophone.


" Enfin, des assistances nouvelles nous seront dispensées, parmi lesquelles celle des pays scandinaves, spécialement du Danemark.


" Dans cet ensemble, l’ assistance directe fournie par la France demeure plus généreuse. Le Niger continuera d’ en bénéficier, particulièrement en application du nouvel accord de coopération signé à Paris le 16 octobre dernier


" Dans cette conjoncture mondiale et africaine, quelle est la situation de notre pays ?


" la production agricole, qui lui fournit à la fois sa subsistance et ses principaux moyens d’ échanges, a malheureusement souffert cette année d’une pluviométrie défavorable : si les inégales récoltes vivrières permettront d’ assurer tant bien que mal la soudure, les rendements des cultures d’arachide et de coton semblent légèrement inférieurs à la moyenne ; l’ écoulement de ces produits sur le marché international se réalise à des prix variables mais hélas encore très sensiblement inférieurs à ce qu’ ils étaient il y a quelques années.


" L’ élevage subit également les conséquences de ses conditions météorologiques médiocres. Les difficultés d’ abreuvement et d’ alimentation du bétail ont entraîné les éleveurs et leurs troupeaux vers les zones cultivées du sud et il en résulte parfois, avec les agriculteurs, certaines tensions que l’ administration locale s’ attache à résoudre.


" Dans ces conditions, le revenu national ne s’ est pas encore accru de manière sensible, les recettes de l’ État n’ atteignent pas le niveau souhaitable, dans le même temps que les impératifs du développement interdisent la réduction des dépenses publiques.


" Pour que notre cher Pays puisse surmonter ces difficultés, il faut que chacun de nous, Nigériens, Nigériennes, prenne une conscience accrue de son rôle de citoyen, que chacun remplisse son devoir de contribuable, que chaque serviteur de l’État assume ses fonctions avec efficacité, justice et honnêteté.


" Nigériens, Nigériennes, c’ est avec lucidité et courage que nous devons aborder la deuxième décennie de notre République. La bataille se poursuit pour l’ indépendance économique et l’ amélioration du niveau de vie : ce sera, vous le savez, une dure et longue bataille. le Niger la gagnera parce que, dans cette unité nationale qui est la plus précieuse de ses réussites et qui s’ affirme de jour en jour, il peut compter sur le labeur des paysans, sédentaires et nomades, des ouvriers, employés et fonctionnaires, sur le réalisme des syndicalistes, l’ ardeur des militants, le dévouement des femmes, le dynamisme de la jeunesse, la fidélité éprouvée de l’ Armée."

INTENSE ACTIVITÉ DIPLOMATIQUE


Le Président de la République du Niger est en même temps le président en exercice du Conseil de l ’ Entente et de l’ Organisation Commune Africaine et Malgache (O.C.A.M.) et porte-parole des 18 États Africains et Malgache Associés (E.A.M.A.). A ces nombreux titres, sans compter le prestige personnel du Président Diori Hamani sur le double plan africain et européen, Niamey est, depuis plus d’ un an, le foyer d’une grande activité diplomatique, et le mois de décembre dernier n’ a pas constitué, en cela, une exception.


Le 2, M. Paul Martin, envoyé spécial du gouvernement d’ Ottawa, venu discuter des problèmes de francophonie et de l’ aide canadienne, quittait Niamey pour Abidjan.


Le 3, M. Van der Maade, nouvel ambassadeur des Pays-Bas, présentait ses lettres de créance.


Deux jours plus tard, le Président Diori Hamani quittait Niamey pour Abidjan et y présidait jusqu’au 6, la réunion des Chefs d’ État du Conseil de l’Entente.


De retour à Niamey dans la matinée du 7, le Président dépêchait M. Mamadou Maîda, ministre de l’ Économie Rurale, pour Tunis, Alger et Rabat, porteur de messages personnels aux Présidents Bourguiba et Boumédienne et au Roi Hassan II.


Le même jour, M. Abdou Sidikou, secrétaire d’État chargé des Affaires Étrangères, partait pour Kinshasa et Brazzaville porteur, lui aussi, de messages personnels du Président aux responsables des deux Congo, en froid depuis la malheureuse affaire Mulélé. Or, la prochaine réunion de l’ O.C.A.M. doit se tenir, précisément, à la fin du mois en cour, dans l’ ex-Léopoldville, et le Président s’emploie à réconcilier les dirigeants des deux pays " condamnés à s’ entendre et à vivre ensemble".


Le 12, M. Barkiré Alidou, ministre des Affaires Économiques, s’envolait pour Bruxelles afin d’ y présider la délégation nigérienne aux travaux préparatoires au renouvellement de la Convention de Yaoundé.


Le 15, une mission malienne de bonne volonté venait rencontrer le Président et exposer les buts de la nouvelle équipe au pouvoir à Bamako tandis que, le lendemain, c’ était au tour de M. Yoshitsugu Komel, nouvel ambassadeur du Japon, de présenter ses lettres de créance.


Quarante-huit heures après la fin des fêtes du 10 e anniversaire de la République, M. Tevoedjre, coordinateur régional du Bureau International du Travail, arrivait à Niamey, suivi le 26 décembre par M. Albert Oscar Boléla, ambassadeur du Congo-Kinshasa à Rome, porteur d’un message personnel du général Mobutu au Président Diori Hamani.

L’ATTITUDE COOPÉRATIVE DES PAYS - BAS


Lors de la présentation de ses lettres de créance, M. Van der Maade, nouvel ambassadeur des Pays- Bas au Niger, a rappelé d’abord l’ impact de la récente visite du Président Diori Hamani à la Haye, et a tenu à préciser à nouveau la position de son pays vis-à-vis du renouvellement de la Convention de Yaoundé en particulier et de l’aide au Tiers Monde en général. Il a déclaré entre autres :


" Le gouvernement et le peuple néerlandais se souviennent de la récente visite de Votre Excellence et de M me Diori aux Pays-Bas, visite qui a rapproché nos deux pays par la franchise de ses échanges de vues... Plus particulièrement, mon gouvernement a été heureux de trouver ainsi l’ occasion de réaffirmer son adhésion au principe du renouvellement de la grande entreprise qu’ est la Convention de Yaoundé.


Votre Excellence a donné la preuve de ne point méconnaître les thèmes qui inspirent mon gouvernement, en matière de coopération avec les pays en voie de développement, ainsi que le désir sincère qui anime mes compatriotes de contribuer, dans la mesure de leurs connaissances et de leurs possibilités, au bien- être des peuples décidés à rattraper un retard économique et social dont l’ existence est une entrave sérieuse à la paix de notre temps."


Le Président Diori Hamani, après avoir rappelé à son tour qu’ il gardait " le meilleur souvenir " de sa visite, s’ est félicité des efforts des Pays-Bas dans le domaine de l’ assistance en relevant notamment :


" Les Pays-Bas se sont résolument engagés dans la politique de coopération internationale, et le récent discours du ministre néerlandais chargé de l’ Assistance au développement, tenu devant le comité économique et social de l’ Assemblée Générale des Nations-Unies, nous a appris que les Pays-Bas ont dépensé l’ année dernière pour l’ assistance aux pays en voie de développement plus de 1% du produit national brut du pays, objectif que le CNUCED avait proposé à tous les pays industrialisés. j’ ai été heureux, également d’ apprendre qu’ une commission spéciale a reçu pour mandat de proposer une révision de la Constitution des Pays-Bas en vue de donner des assises juridiques fermes à la politique de coopération internationale de votre pays. Il y a là une démarche extrêmement encourageante...


" Nous avons eu nous-mêmes, ici au Niger des preuves de l ’ intérêt accru que les Pays-Bas portent à la coopération avec les jeunes États Africains. Nous avons d’ abord le financement par votre gouvernement d’ une étude, par une société néerlandaise, de la navigabilité du Moyen-Niger. C’ est un travail considérable, et le premier qui ait été entrepris dans le cadre de la Commission du fleuve Niger.


" Je voudrais également rappeler le don généreux que les Pays-Bas viennent de nous faire pour la construction du lycée Issa Béry. C’ est un geste pour lequel des générations de Nigériens vous seront reconnaissants."

UN FESTIVAL DE LA JEUNESSE


Depuis 1964, chaque année, à pareille époque, des jeunes venus des sept départements ( Agadez, Diffa, Dosso, Maradi, Tahoua, Zinder et Niamey ) du pays se réunissent à Niamey pour la " Semaine de la Jeunesse Nigérienne ". La compétition entre les différents départements s’ étend de l’ athlétisme au théâtre moderne en passant par les sports et les chants de danses folkloriques.


En athlétisme et en sport, toutes les rencontres sont suivies avec beaucoup d’intérêt par un nombreux public qui ne cache pourtant pas sa préférence traditionnelle pour le football, et chose nouvelle, pour les matches de basket des équipes féminines. La natation, elle aussi, commence à avoir de nombreux adeptes et des "supporters ".


Mais, bien entendu, cette année, comme les précédentes, ce sont les groupes folkloriques qui ont eu le plus de succès, avec la vaste gamme de chants et de danses qu’ ils ont présenté à un public de connaisseurs.


La partie théâtrale de cette " IV e Semaine de la Jeunesse Nigérienne " a suscité, elle aussi, un intérêt particulier. Les quatre pièces, toutes tirées de la vie même du pays, ont eu un succès certain.


Ainsi le département de Tahoua présentait " Unité Nationale ", mettant en relief la nécessité de créer et de renforcer la nation Nigérienne par l’ interpénétration de ses différentes ethnies.


Les départements de Maradi et Zinder présentaient chacun une pièce basée sur le même thème : " L’ Exode rural ". Les auteurs ont cherché non seulement à combattre la désertion des campagnes pour les centres urbains, mais aussi à éduquer les paysans traditionalistes qui refusent d’ employer les méthodes culturales nouvelles. Ainsi, dans la pièce, l’ un des paysans dit à l’ autre : " A bas les procédés archaÏques. Que tu le veuilles ou non, les engrais chimiques triompheront."


Agadez, zone des Touaregs, présentait " Kouassen", une pièce montrant la résistance opposée par un roi targui de ce nom à la pénétration française, et obligé finalement de capituler devant les armes à feu de l’homme blanc utilisées par les tirailleurs sénégalais.


Enfin Niamey présentait " Mariama", mettant en scène une dactylo paresseuse tirant le principal de sa force de l’ amitié que lui témoigne le directeur général du Ministère, refusant d’ exécuter les instructions de son chef de service et transformant la vie de ce dernier en calvaire.


Inutile de préciser qu’ un effort d’ organisation digne d’ éloges a été nécessaire, non seulement pour transporter et loger les centaines de jeunes venus des différents départements, mais aussi et surtout pour organiser durant les douze mois précédant la " Semaine " les colloques de recyclage pour moniteurs, l’ organisation des stages, les éliminatoires, les répétitions, etc.

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A LA RECHERCHE DE MÉTHODES PEU ONÉREUSES


Le Niger est un pays pauvre : la production intérieure brute par habitant est de 78 dollars. Il y a un lit d’ hôpital pour 3 200 habitants et un médecin pour 77 000. Son taux de scolarité est de 10%.


Mais les Nigériens forment aussi un peuple courageux, et ils sont, par-dessus tout, très peu conformistes. Ils se sont attachés à résoudre leurs problèmes par les moyens du bord, sans trop se soucier des " normes classiques universellement admises". Les deux exemples ci-dessous illustrent bien cette attitude ;


LA LUTTE ANTI-TUBERCULEUSE


Un document du Ministère de la Santé, publié à Niamey il y a quelques jours, fait d’ abord le point de la situation :



a) Il n’ y a que 180 lits de disponibles pour les quelques 20 000 malades ;


b) Le budget alloué à la lutte anti-tuberculeuse est de 40 000 000 de CFA ( 155 000 dollars ), somme notoirement insuffisante... " Mais même si les fonds nécessaires au développement d’ un tel programme sont trouvés, ils ne le seraient qu’au détriment d’ autres problèmes prioritaires" ;


c) La population est dispersée sur de grandes étendues ;


d) Le nombre de médecins est nettement insuffisant ;


e) L’appareillage radiologique et radiographique est aussi coûteux que fragile, et il n’ est pas rentable.


En fonction de ses données, les Nigériens ont décidé :



a) de réserver les 180 lits aux malades les plus gravement atteins ;


b) d’ étendre le traitement domiciliaire et avoir recours à la chimiothérapie ; cela a le triple avantage " de ne coûter que 912,50 CFA ( 4 dollars) par an et par malade, de consister à une prise d’ un comprimé par jour, que le malade prendra le matin avant de vaquer à ses occupations... et de nécessiter qu’ un personnel auxiliaire..."


Certes, on est loin, très loin des normes des pays industrialisés où la tuberculose a cessé d’ être un fléau et où les sanatoria du plateau d’ Assy et de la Forêt Noire ne sont, heureusement, plus encombrés en dépit de la vigilance extrême des autorités médicales. Mais le Niger s’ est pas un pays industrialisé...


LA TÉLÉVISION SCOLAIRE


Jusqu’aux années 1959-1960, le taux des enfants scolarisés ne dépassait guère les 4%. Aux prix de très grands efforts en hommes et en moyens budgétaires, ce pourcentage a été porté à 10. on pourrait dire que 2,5 fois plus d’ enfants vont à l’ école maintenant et s’ en satisfaire. Le gouvernement nigérien lui, pense au contraire que cela signifie que 90% des enfants d’ âge scolaire sont privés des bienfaits de l’ éducation.


L effort à fournir pour arriver à un meilleur pourcentage de scolarité dépassant de beaucoup les possibilités du pays, il a fallu chercher une autre voie, moins onéreuse. Ce fut la télévision scolaire.


Ce moyen, bien qu’utilisé depuis novembre 1964, en est encore au stade expérimental - il ne touche qu’un millier d’ élites - pour la bonne raison qu’on se refuse à Niamey à jouer avec quelque chose d’ aussi délicat que le cerveau d’ un enfant.


Cette prudence extrême explique la présence d’ un groupe pédagogique important, chargé de préparer les textes et les exploitations en classe. Ce groupe comprend non seulement des pédagogues directement attachés au ministère, mais aussi des directeurs d’ écoles nigériens associés à l’ expérience dès le début. Ces derniers assurent le rôle de présentation sur le plateau de l’ émission pédagogique, et participent à la rédaction des différentes matières pédagogiques. Chacun d’ eux s’ occupe d’ une matière et collabore à la réalisation et à l’ animation des émissions.


Le but recherché par l’ équipe de la télévision scolaire est triple : voir jusqu’à quel point peut aller l’ enseignement par la télévision ; employer le plus possible de moniteurs certifiés sans que ces derniers soient amener a recevoir une formation spéciale en pédagogie, ce qui serait long et coûteux et irait à l’ encontre du but recherché. Enfin arriver également a réduire dans un proche avenir le cycle des 6 ans de l’ enseignement traditionnel à 5 ou 4 ans.


Selon l’ inspecteur d’ académie, délégué par le Ministère français de la Coopération et chargé de suivre l’ évolution de cette expérience, les résultats obtenus dépassent de loin toutes les prévision et laissent bien augurer des possibilités d’ extension du système.


A ce moment, la scolarisation, au Niger, pourra être étendue à des centaines de milliers d’ enfants car elle sera dans les limites des possibilités budgétaires du pays.

LE PROBLÈME DE L’ ÉNERGIE


Il ne peut y avoir de progrès, de développement dans le monde moderne, sans électricité. Jusqu’à ces derniers temps, la situation du Niger sur ce plan paraissait assez sombre. En effet l’ absence de combustibles sur place et la nécessité de transporter sur quelque 1 500 km la moindre tonne de produits pétroliers, constituent autant de handicaps majeurs et font que le prix du kWh mis à la disposition des usagers est l’ un des plus élevé au monde.


Certes, la puissance installée a été multipliée par 10 depuis 1968, mais comme le montrent les chiffres ci-dessous, la production d’ énergie reste modeste :


1958


700 kW


1964


3 600 kW


1959


1 100 -


1965


4 450 -


1961


2 000 -


1966


5 100 -


1962


2 500 -


1967


5 550 -


1963


3 250 -


1968


6 800 -


Les récents progrès dans ce domaine ont été obtenus grâce à la construction de la centrale thermoélectrique de Niamey II qui a nécessité un investissement de 457 000 000 de CFA et peut déjà développer 4 800 kW.


L’ énergie d’ origine thermique ne pouvant être rentable au Niger - à moins de découvertes de nappes pétrolifères - le gouvernement essaie de réaliser, dans l’ immédiat, le projet de barrage hydro-électrique du " W ".


La matérialisation de ce projet auquel le Niger cherche a intéresser certains pays, permettrait d’ abaisser de quelque 80 % le prix du kWh et donc de provoquer le véritable démarrage d’ une industrialisation valable ; c’ est- à-dire susceptible d’ élever rapidement le niveau de vie des populations.

CRÉDITS FED POUR L’ ANIMATION FÉMININE


Le 10 décembre 1968, la Commission des Communautés Européennes a approuvé, sur les aides non remboursables du deuxième Fonds Européen de Développement (F.E.D.), le financement d’ un projet dont le montant s’ élève à 69 053 000 F CFA, équivalant à environ 280 000 dollars.


Le projet vise à la réalisation d’ une campagne, d’ une durée de deux ans, d’ animation féminine dans cinq départements situés dans la zone la plus peuplée du Niger.Cette campagne s’ inscrit dans le cadre d’ une action générale de formation des masses paysannes que le gouvernement nigérien a entreprise depuis 5 ans mais qui, jusqu’à présent, a été presque entièrement orientée vers l’ élément masculin de la population. La nécessité d’ associer les femmes à cet effort d’ évolution est rapidement apparue en raison du déséquilibre de formation qui se faisait jour dans l’ évolution des deux sexes de la population et du rôle non négligeable que la femme détient dans la société nigérienne ( soins des enfants, cultures complémentaires, commercialisation des petits produis, etc.) C’ est pourquoi le gouvernement nigérien a voulu procéder à cette action d’ animation féminine qui coûtera au total 420 403 $. Ce projet sera financé conjointement par le Budget Nigérien, L’U.N.I.C.E.F. et les Communautés Européennes à concurrence respectivement de 23%, 10% et 67 % (280 000 dollars).


Les points principaux du programme de formation sont liés aux rôles qu’assume la femme nigérienne dans la société. La formation que lui dispenseront les animatrices nigériennes formées dans le cadre de ce projet portera principalement sur les problèmes des techniques de production, de commercialisation et de gestion du budget familial.

NOUVELLES BRÉVES


L’HIVER, IL FAIT BON AU NIGER


Durant tout le mois de décembre, la température diurne a varié entre 31°5 et 38°7 centigrades à Niamey. Les nuits sont, bien entendu, plus fraîches, sans pour autant que le thermomètre descende au- dessous de 15°1 centigrades.


Le soleil n’ a pratiquement pas cessé de briller durant la journée tout au long du mois.


LA VISITE D’ UNE MISSION ISLAMIQUE


Une mission composée de deux personnes envoyées par une ligue Musulmane d’ Arabie Séoudite a séjourné pendant une semaine au Niger à la fin du mois dernier.


Au cours de son séjour, elle a eu des entretiens avec les membres du Comité de l’ Association musulmane de Niamey. A l’ issue de la visite, elle a remis au comité islamique de la ville un chèque d’ un million de francs CFA à titre de contribution à la mise en place de la bibliothèque prévue pour la grande mosquée de Niamey.


A Zinder, elle a remis au comité de cette ville une somme de 1 000 dollars ( 250 000 francs CFA) comme frais de participation à la création d’ une seconde école coranique et à l’ agrandissement de celle qui existe déjà.


LA FIN DU RAMADAN...


Pour tous les Musulmans, le mois lunaire de ramadan est consacré au jeûne et à la prière : ils commémorent ainsi le mois pendant lequel le Coran a été révélé au Prophète.


Cette année, le jeûne a pris fin le 20 décembre, et le 22, premier jour marquant le début de la fête, le Président, ses ministres et une foule de fidèles se sont rassemblés sur la grande place pour prier ensemble.


... ET LA NOËL


La nuit de Noël a été marquée à Niamey par la grand messe de minuit à la cathédrale.


Au cours de la cérémonie, entièrement préparée par un groupe de laïcs africains et européens, les lectures furent faites successivement en français et en djerma.


L’ assistance très nombreuse (près de mille huit cents personnes ), qui n’ avait pu trouver suffisamment de places sur les chaises disposées face à l’ autel, débordaient de l’ enceinte de la cathédrale.


Le nouvel orgue électronique, dont c’ était l’ inauguration, a accompagné les chants de la chorale aussi bien que de la foule des fidèles.

UN DON DU PAYS DE HESSE


Le Land de Hesse, membre de la République Fédérale Allemande, a offert au Niger trois camions Hanomag. En en prenant consignation, M. Harou Kouka, ministre de l’ Éducation Nationale du Niger, a prié l’ ambassadeur d’ Allemagne de transmettre les remerciements du gouvernement nigérien au Dr Zinn, président du pays de Hesse, " pour ce geste de sympathie, d’ autant qu’il ne s’ inscrit pas dans la procédure habituelle".


Le Ministre a annoncé que les trois camions seraient mis au " service de l’ alphabétisation des adultes, qui exige de gros moyens en hommes et en matériel ".


L’ AIDE ISRAÉLIENNE


Un" Foyer Féminin", construit à l’ initiative du gouvernement, a été inauguré, le 11 décembre dernier à Niamey, par M. Boukary Sabo, ministre de l’ Information, de la Jeunesse et des Sports, en présence de l’ ambassadeur d’ Israël.


Dans le discours qu’il a prononcé à cette occasion, le diplomate israélien a notamment exprimé le souhait que les jeunes filles nigériennes disposent d’ un " centre modeste, mais plein de possibilités, où seront nombreuses les activités éducatives de toutes sortes".


En réponse, M. Boukary Sabo s’ est déclaré " honoré et sensible au geste qui intéresse ce que le Niger a de plus cher, la formation de sa jeunesse en général et de la future mère de famille en particulier ".


M. Boukary Sabo a conclu en rendant " un hommage mérité à l’ active coopération de la mission israélienne et des Volontaires Français du Progrès ".


LE PLUS GRAND IMMEUBLE DE NIAMEY


Il sera égyptien. Selon notre confrère " le temps du Niger ", l’ organisme El Nasr construit un immeuble de 16 étages comprenant des magasins, un cinéma de 500 places, une salle de conférence et un night club.


M. Mouddou Zakara, ministre des Postes et Télécommunications, et des Affaires Sahariennes et Nomades, a visité le chantier au début du mois dernier.


PHILATÉLIE


L’ Office des Postes et Télécommunications a mis en vente le 17 décembre 1968 un timbre de poste aérienne de valeur faciale 100 francs CFA commémorant le X e Anniversaire de la Proclamation de la République et représentant les armoiries de l’ État.


Ont été également mises en vente, des enveloppes illustrées correspondantes, affranchies à l’ aide de cette figurine oblitérée au moyen d’ un cachet spécial " Premier Jour ". Ces enveloppes qui seront numérotées et tirées à 3 000 exemplaires seront vendues au prix unitaire de 125 F CFA.


Nous rappelons à cette occasion, à nos nombreux lecteurs philatéliques, que pour obtenir ce timbre, ou d’ autres, ils peuvent s’ adresser à M. le Directeur de l’ Office des Postes et Télécommunications du Niger, Service Philatélique, Niamey, en accompagnant leur commande d’ un mandat-poste correspondant.


Édité par le CENTRE D’ INFORMATION DU NIGER
13, boulevard Haussman - paris-IXe


Directeur de la Publication : M. Maraval
Rédacteur en Chef : J. BAULIN.


Abonnement annuel : 30.-francs


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