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N-24-040-001

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  • Des interviews exclusives de Dja-Apharou ISSA IBRAHIM, ami et confident de Jacques Baulin, responsable par donation de l’intégralité des documents constituant le fond, et président de l’association sont actuellement publiées dans la rubrique présentation.

  • Les trois ouvrages de J. Baulin : Conseiller du président Diori, La politique africaine d’Houphouët-Boigny et La politique intérieure d’Houphouët-Boigny
    seront disponibles sur le site en version iBook et en version Pdf dès septembre
    2009.















perspectives nigériennes


Mensuel-Novembre 1971


Sommaire


Visite d’ une délégation soviétique


1


Et d’ un secrétaire d’ État adjoint américain


1


Les pays les plus démunis su tiers monde


2


Le drame de la santé


2


Les études et la recherche minières


3


La navigation fluviale


3



Le prix de l’ eau et de l’ électricité


4


Les activités religieuses


4



Nouvelles brèves


4

VISITE D’ UNE DÉLÉGATION SOVIÉTIQUE


Une mission soviétique de bonne volonté, conduite par M. A. Shvedov, chef du département africain au ministère des Affaires Étrangères de Moscou et comprenant, entre autres, M. J. Lazarev, ambassadeur d’ U.R.S.S. en Haute- Volta et M. Tarzimanov, chef adjoint de direction au ministère du Commerce Soviétique, arrivait à Niamey le 26 novembre pour un séjour d’ une semaine environ.


La délégation soviétique a passé en revue les problèmes intéressant les deux pays aussi bien avec le Président de la République, qu’ avec le président de l’ Assemblée Nationale qui est en même temps président du Parti Progressiste Nigérien (R.D.A.), le ministre de Affaires Étrangères et celui des Finances. Il a été en particulier question de l’ établissement de relations diplomatiques entre les deux pays, de la position de Niamey et de Moscou sur les questions d’ actualité à l’ O.N.U., en Europe et en Afrique, et des perspectives de la coopération économique entre le le Niger et l’ U.R.S.S. Comme le relevait M. Shvedov à l’ issue de l’ audience accordée par le Chef de l’ État à la délégation soviétique, " nous avons trouvé des points de vue communs sur toutes les questions abordées " .


Les délégués soviétiques se sont félicités de l’ ambiance des plus cordiales qui a prévalu durant tout leur séjour en territoire nigérien.

ET D’ UN SECRÉTAIRE D’ ÉTAT ADJOINT AMÉRICAIN


Quelques minutes après l’ arrivée de la délégation soviétique, l’ avion transportant M. David Newson, secrétaire d’ État adjoint pour les affaires africaines, se posait à l’ aéroport de Niamey. Accueilli par M. Maîdah Mamoudou, ministre nigérien des Affaires Étrangères, il déclarait à la presse qu’ il espérait que sa visite permettrait de renforcer les relations nigéro-américaines, et précisait :


" Je suis ici chargé d’ une mission spéciale pour connaître les préoccupations du gouvernement nigérien... "


Au cours du dîner offert le lendemain soir à l’ hôte américain, le Président de la République déclarait dans son allocution :


" Nous n’ ignorons pas l’ extrême complexités des problèmes qui se posent en ce moment sur le terrain économique et financier, aux pays à économie libérale, mais il serait profondément injuste que ces querelles des grands se répercutent sur l’ économie, déjà si fragile, des pays en voie de développement, surtout des plus déshérités d’ entre eux, dont nous sommes. "

LES PAYS LES PLUS DÉMUNIS DU TIERS MONDE


La notion de " pays sous-développé " a changé totalement d’ aspect. On ne se borne plus à considérer qu’ un pays est sous-développé quand le revenu annuel per capita de ses habitants est inférieur à 200 dollars. Des paramètres nouveaux font que des pays où ce niveau de revenu est déjà atteint voire dépassé sont toujours considérés comme des pays sous-développés.


De même, on distingue maintenant une nouvelle catégorie de pays en voie de développement : il s’ agit des " pays les plus démunis parmi les pays pauvres ", ceux qui ont un revenu per capita inférieur à 100 dollars et sont dépourvus d’ accès direct à la mer.


Le 21 janvier dernier, à Bruxelles, le Président de la République du Niger avait proposé à la Commission du Marché Commun, de prendre en considération, dans la distribution des fonds destinés aux pays associés, les différents degrés de développement de ces pays. Il avait suggéré par exemple que l’ aide soit accordée à des conditions plus avantageuses aux pays les plus démunis du tiers monde, pour en accélérer le développement et empêcher ainsi la création parmi les pays prolétaires, d’ une nouvelle couche de pays encore plus pauvres.


Le 16 février, les deux organisations syndicales non-communistes d’ Europe entérinaient ce point de vue dans un mémorendum remis à la Commission du Marché Commun dans lequel elles affirmaient que " des différences éventuelles de traitement devaient dépendre du degré de développement ".


L’ idée a fait encore du chemin depuis. Ainsi, le 13 octobre, la conférence ministérielle africaine préparatoire à la Conférence de Lima, réunie à Addis-Abeba, demandait :


" Que les pays les moins avancés bénéficient d’ un traitement favorable dans la répartition des contingents de base d’ exportation. Qu’ un fonds spécial d’ industrialisation et de coopération techniques soit créé en leur faveur... "


Elle préconisait encore :


" Une révision immédiate du système de répartition des ressources du P.N.U.D. pour en éliminer les facteurs défavorables aux pays les moins avancés et un accroissement substantiel de l’ A.I.D. consacrées à ces pays. En règle générale, l’ aide financière à ces pays devait être accordée systématiquement à des conditions avantageuses, de préférence sous forme de dons ou prêts comportant un élément " don " d’ au moins 80%."


Le 22 octobre, M. Edwyn Martin, président du Comité d’ aide au Développement (C.A.D.) de l’ O.C.D.E., avait repris ce même thème en relevant que " les inégalités de niveaux de vie entre les pays les plus démunis et les moins pauvres du tiers monde " s’ aggravent. Et M. Martin avait suggéré, lui aussi, de " rechercher un accord pour concentrer les efforts sur les pays les plus pauvres ", ceux dont le revenu annuel est inférieur à 100 dollars.


Le 3 novembre, la Conférence de Lima, groupant 95 pays sous-développés, demandait en faveur des " pays les moins développés " et de " ceux qui n’ ont pas de débouchés sur la mer " :



a) un fonds spécial des Nations Unies pour leur permettre de créer des industries de transformation de denrées alimentaires et de matières premières produites sur place, de diversifier la gamme de leurs produits et d’ en moderniser la commercialisation " ;


b) " l’ élimination rapide des restrictions quantitatives et autres obstacles non tarifaires opposés à l’ importation des produits finis ou semi-finis de ces pays."


Le délégué du Niger à cette Conférence, M. Jean Poisson, ambassadeur à Bruxelles, tout en insistant sur la nécessité de cette différenciation, posait le problème de la coopération entre pays industrialisés et pays pauvres en déclarant :


" Le sous-développement est un produit du développement, une sorte de déchet rejeté dans le cadre de l’ élaboration du produit fini... Le transfert de 1% du P.N.B. des pays riches en faveur des pays sous-développés n’ est (donc) pas une aide-aumône... "


Le délégué nigérien se demandait encore s’ il serait possible de " redresser le cours des événements avant qu’ ils ne deviennent catastrophiques ", avant de constater toutefois que " nos interlocuteurs ont l’ art de se dérober devant les nécessités de l’ équilibre mondial ".

LE DRAME DE LA SANTÉ


L’ hôpital de Niamey est le plus grand des deux hôpitaux que compte le Niger. Son personnel, pour une capacité totale de 600 lits, s’ élève à 220 personnes auxquelles il faudrait ajouter les 17 membres de l’ assistance technique française, sud-coréenne, belge et chinoise.


Le budget total spécifique de cet hôpital est évalué pour l’ exercice 1971-1972 à 231 000 000 F C.F.A., répartis comme suit :


114 350 000 F C.F.A., salaires et indemnités ( en moyenne 150 dollars par homme et par mois ).
9 000 000 F C.F.A., fonctionnement des services.
3 000 000 F C.F.A., achat et entretien du matériel.
16 450 000 F C.F.A., eau et électricité .
27 000 000 F C.F.A., alimentation des malades ( en moyenne 0,45 $ par malade et par jour ).
57 000 000 F C.F.A., produits pharmaceutiques.
2 700 000 F C.F.A., frais de téléphone.
1 500 000 F C.F.A., entretien des véhicules.


Le budget alloué au ministère de la Santé étant de 950 millions de francs C.F.A., cela signifie quand même que 22% des crédits sont réservés à cet unique hôpital de Niamey, ville dont les besoins en lits d’ hôpital sont pourtant évalués au triple du nombre existant actuellement.


La dimension exacte de la crise dans le domaine de la Santé peut être encore relevée par deux autres chiffres : les crédits globaux pour les médicaments sont évalués à 262 000 000 de francs C.F.A. (950 000 dollars) soit 28% du budget total du ministère de la Santé qui représente lui-même 8% du budget de l’ État.

LES ÉTUDES ET LA RECHERCHE MINIÈRES


De 1960 à 1970, près de 14 milliards de francs C.F.A. ont été investis dans les travaux cartographiques, géologiques et miniers ; le tableau ci-dessous en fournit le détail.


TABLEAU RÉCAPITULATIF DES DÉPENSES EFFECTUÉES
POUR LES TRAVAUX GÉOLOGIQUES ET MINIERS
AU COURS DES ANNÉES 1960-1971 ( en milliards de francs C.F.A.)


Organisme


1960


1962


1961


1963


1964


1965


1966


1967


1968


1969


1970


1971


Compagnie pétrolières


282,6


1578,0


1752,0


459,0


220,0


-


-


-


-


-


193,5


637,0


Commissariat à l’ Energie Atomique (France)


83,0


320,0


300,0


365,0


375,0


495,0


650,0


664,0


829,0


915,0


1089,0


800,0


Bureau de Recherches Géologiques Minières (France)


50,0


85,0


106,0


105,2


32,2


-


30,0


10,0


-


13,0


20,0
19,0


15,0


Programme des Nations Unies pour le développement


-


-


-


-


-


-


-


76,0


87,6


83,0


19,0
63,7


-


Budget National


-


-


-


-


-


-


17,2


30,5


29,3


34,0


63,7
26,0


35,0


Gouvernement canadien


-


-


-


-


-


-


-


-


-


-


100,0


115,0


Compagnie privées U.S.A.


-


-


-


-


-


-


-


-


-


-


47,0


73,5


Total


415,6


1983,0


2158,6


922,2


627,2


495,0


697,0


780,5


945,9


1045,0


1538,2


1675,0

LA NAVIGATION FLUVIALE


Au cours de son séjour au Niger, M. Newson a signé au nom de l’ U.S.A.I.D., une convention de financement des services d’ un expert américain en transport auprès de la Commission du Fleuve Niger.


Au cours des discours échangés à cette occasion, le secrétaire d’ État américain déclarait :


" Dès le début, nous avons suivi à Washington avec un vif et sympathique intérêt les efforts déployés par la République du Niger, avec la collaboration de son grand voisin anglophone, le Nigeria, afin d’ obtenir un accès à la mer. Comme nous nous en rendons tous compte, l’ une des charges les plus lourdes venant grever le développement économique d’ un pays comme le Niger, privé de débouchés sur la mer, est le coût extrêmement élevé du transport de ses importations et de ses exportations. Nous partageons donc pleinement le souci du Niger de sortir de son enclave et de réduire ses lourdes charges au minimum... Nous sommes très heureux aux États-Unis de pouvoir ainsi nous joindre à cette entreprise utile et prometteuse. "


Prenant à son tour la parole, M. Paraiso, président en exercice de la Commission du Fleuve Niger, déclarait :


" Rendre le fleuve Niger navigable c’ est augmenter et diversifier nos voies de communication, c’ est faciliter nos échanges commerciaux et humains, c’ est chercher à minorer le coût du transport dans nos facteurs économiques, tant il est vrai que le transport fluvial est généralement le moins onéreux des cinq modes de transport classiques."


On sait qu’ un expert canadien a étudié la navigabilité du fleuve et que le gouvernement d’ Ottawa a accepté de subventionner la construction de la flotte nigérienne. Selon les prévisions, le premier convoi de chalands remontera le Niger, de Port Harcourt à Niamey, dans moins d’ un an.

LE PRIX DE L’ EAU ET DE L’ ÉLECTRICITÉ


M. Boukary Kané, directeur général adjoint de la Nigelec, société d’ État chargée de la distribution de l’ électricité et de l’eau, a donné des précisions sur les prix facturés par l’ organisme qu’ il dirige.


Ainsi, le mètre cube d’ eau potable vaut :


- 50 F C.F.A. à Niamey,

- 55 F C.F.A. à Maradi,

- 110 F C.F.A. à Zinder,

- 125 F C.F.A. à Tahoua et à Agadez.


Pour ramener à 95 francs C.F.A. le m3 dans les trois dernières villes citées, les autorités pensent relever de 10% le prix de l’ eau dans la capitale.


L’ électricité est encore plus onéreuse pour les consommateurs puisque, sur une base mensuelle, les premiers 30 kwh sont facturés à 51,08 F C.F.A. le kwh, la seconde tranche, de 30 kwh également, à 40,86 F C.F.A., et à 18,78 F C.F.A. au-delà du 60e kwh. A titre de comparaison, relevons que le consommateur français, dont le salaire moyen est de loin supérieur à celui du Nigérien, ne paie, dans l’ hypothèse la plus défavorable, que 25,07 F C.F.A. le kwh.

LES ACTIVITÉS RELIGIEUSES


La grande fête qui suit la fin du mois de Ramadan marqué par un jeûne rigoureux du lever au coucher du soleil, a été célébrée avec éclat sur toute l’ étendue du territoire nigérien. Le Chef de l’ État assistait personnellement à la grande prière dite par l’ Imam de Niamey.


Le lendemain, le Président de la République donnait une réception au Palais, à laquelle étaient invités notamment les représentants diplomatiques des pays musulmans.


Durant le mois de Ramadan, deux chefs religieux musulmans égyptiens ont dirigé les prières dans les différentes mosquées du pays, tandis que le Chargé d’ Affaires de Libye remettait à la communauté musulmane de Maradi une somme de près de deux millions de francs C.F.A. pour la construction d’ une mosquée. Le représentant libyen devait également remettre à la mosquée de Say, ville sainte du Niger, un lot de tapis destinés à couvrir le plancher de la mosquée.

NOUVELLES BRÉVES


2-9. - Le Chef de l’ État reçoit M. Henri Laboureau, délégué général des Volontaires français du Progrès, venu au Niger pour constater l’ importance du travail accompli par les membres de son organisation travaillant au Niger.


3-11. - L’ ambassadeur de Grande-Bretagne est reçu en audience par le Président de la République.


10-11. - Le secrétariat général de l’ Organisation de l’ Unité Africaine annonce la reprise des activités de son Bureau des publications Scientifiques, installé à Niamey en 1968.


11-11. - M. Hetton, Haut Commissaire australien à Lagos, est reçu par le Chef de l’ État


20-11. - " La rançon de la trahison ", pièce en quatre tableaux écrite par un groupe d’ étudiants combattant en Guinée-Bissau, est mise en scène et présentée par les élèves du Lycée de Niamey, au Centre Culturel Franco-Nigérien.


23-11. - Don par la Libye d’ un véhicule de reportage d’ une valeur de neuf millions de francs C.F.A. à la radio nigérienne. Par ailleurs, le gouvernement libyen à accepté de subventionner un programme d’ émissions radiophoniques.


24-11. - Inauguration à Beylandi, près de Niamey, d’ un Centre de Formation de Jeunes Agriculteurs qui groupe une quarantaine de stagiaires sur une superficie de 150 hectares : ils s’ y initieront aux techniques modernes de culture. L’ encadrement est fourni par le gouvernement israélien.


26-11. - Le quotidien Le Temps du Niger publie, en première page, le texte du discours prononcé par M. Ibra Kabo, premier ambassadeur du Niger auprès du Saint-Siège, lors de la présentation de ses lettres de créances à S. S. le Pape Paul VI.


27-11. - Fin de la deuxième session du Conseil Économique et Social dont les travaux se sont étalés sur vingt jours.


29-11. - Ouverture du premier séminaire régional de la Croix- Rouge sur la formation d’ auxiliaires de santé publique pour le monde rural.


29-11. - Une délégation parlementaire allemande conduite par Mme Herklotz, député social-démocrate au Bundestag, arrive au Niger pour visiter diverses réalisations du Fonds Européen de Développement, et l’ huilerie de Magaria construite avec des capitaux privés allemands.


Édité par EURAFOR PRESS


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Directeur de la publication : M. Maraval.br/>
Rédacteur en Chef : J. Baulin.


Abonnement annuel : 30 francs
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