N-24-046-001

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  • Des interviews exclusives de Dja-Apharou ISSA IBRAHIM, ami et confident de Jacques Baulin, responsable par donation de l’intégralité des documents constituant le fond, et président de l’association sont actuellement publiées dans la rubrique présentation.

  • Les trois ouvrages de J. Baulin : Conseiller du président Diori, La politique africaine d’Houphouët-Boigny et La politique intérieure d’Houphouët-Boigny
    seront disponibles sur le site en version iBook et en version Pdf dès septembre
    2009.















Perspectives nigériennes

Mensuel - Juin 1972

Sommaire


Face à la C.E.A.O. ........................................................... 1
Plan de coopération Interafricain ....................................... 2
Deux Français à l’honneur ................................................ 3
Des jurys sévères ........................................................... 3
Nouvelle manifestation de la coopération avec le Canada ..... 3
Des produits à base de farine de mil .................................. 3
Nouvelles brèves ............................................................. 4

Face à la C.E.A.O.


Le 21 mai 1970, huit États francophones d’Afrique occidentale — la Côte-d’Ivoire, le Dahomey, la Haute-Volta, le Mali, la Mauritanie, le Togo, le Sénégal et le Niger — signaient à Bamako le protocole d’accord créant la Communauté Économique de l’Afrique de l’Ouest (C.E.A.O.). Cette association, groupant trente millions d’âmes sur 4 500 000 km2, était censée prendre la suite d’un autre ensemble régional, l’Union Douanière des États de l’Afrique de l’Ouest (U.D.E.A.O.), créée en 1959. Celle-ci avait fait, et au-delà, la preuve de son impuissance à atténuer les inégalités de situation entre États membres, ou à développer les échanges commerciaux entre eux.


Le nouvel organisme, tel qu’il se présente à l’heure actuelle, est-il dépourvu des tares de son aîné ? Le moins que l’on puisse dire, c’est que les vertus de la C.E.A.O. ne sont pas très convaincantes. À tel point que les ministres de huit pays membres, qui siégeaient à Bamako depuis le 26 mai 1972, n’ont pu achever leurs travaux que le 2 juin, juste quelques minutes avant la réunion au sommet des chefs d’État. Autre fait caractéristique, les chefs d’État du Dahomey et du Togo avaient refusé de se déplacer, tandis que le délégué de ce dernier pays se cantonnait dans son rôle d’observateur et refusait en conséquence de signer le communiqué final publié le 3 juin.


Les Nigériens, eux aussi, font des réserves sur ce nouvel organisme. Ainsi, par exemple, on peut lire dans le Bulletin hebdomadaire de la Chambre de Commerce du Niger, la mise en garde que voici :


" La C.E.A.O. peut devenir une force économique avec laquelle il faudra compter dans la mesure où les responsables politiques font preuve d’une grande maturité. Les luttes d’influence, les querelles de personnes, les susceptibilités, les idéologies doivent céder la place au désir sincère de coopération pour le mieux-être de nos peuples. Il ne s’agit pas de faire des uns des producteurs, et des autres d’éternels consommateurs ; nous devons dans cette communauté " donner et recevoir ". La solidarité africaine doit avoir ici toutes ses dimensions. "


" L’U.D.E.A.O. disparaît pour son incapacité à satisfaire les objectifs qui lui ont été assignés, la C.E.A.O. ne doit pas disparaître dans dix ans, ou peut être même avant, parce que l’égocentrisme des plus industrialisés aura laissé aux moins équipés le sentiment d’être frustrés et humiliés. "


De son côté, le chef de la délégation nigérienne, M. Mouddour Zakara, ministre des Finances, appelait lors de la séance inaugurale, l’attention de ses collègues sur la nécessité d’une attitude réaliste. Voici les principaux passages de son discours :


" La C.E.A.O. ne peut pas être d’architecture purement sentimentale, ni linguistique. Elle doit être géographique, donc englober nécessairement tous les pays de la région même si par suite d’accidents historiques, certains d’entre eux se trouvent artificiellement plus ou moins isolés de leurs voisins. "


A notre avis, la C.E.A.O. doit également reposer sur des données physiques qui déterminent les flux des échanges des produits et des personnes... "


" Pour éviter de maintenir et d’aggraver les disparités existant entre les pays de la communauté, il est nécessaire que les mécanismes de celle-ci soient conçus de telle manière que tous les pays membres obtiennent des garanties de développement à peu près équivalentes... "


Le ministre nigérien explicitait ensuite clairement sa position en déclarant dans sa conclusion :


" Nous estimons devoir attirer l’attention de cette auguste assemblée sur les données pure-

ment nigériennes que nous arrivons encore très mal à faire articuler avec tous les dossiers qui nous sont présentés... "


" Quelle que soit la volonté politique que nous aimerions manifester, quel que soit le prix que nous pourrions y mettre, nous sommes et resterons longtemps tributaires d’un environnement géo-physique qui nous commande de n’accepter d’engagement que s’il est collectif, c’est-à-dire en même temps que certains pays voisins que la nature des choses lie à nous de manière indissoluble... "


Le samedi 3 juin, en rentrant de la conférence de Bamako, le Président de la République du Niger commentait, devant la presse nigérienne, le communiqué final, et donnait des précisions supplémentaires sur les réticences nigériennes en déclarant :


" Pour ce qui concerne le Niger, deux préoccupations ont guidé notre attitude : notre situation géographique, à l’extrême bout des États qui décident de créer la C.E.A.O. et notre voisinage avec des pays non membres de cette communauté, et même non membres de notre zone monétaire, je veux parler du Nigeria, de la Libye et de l’Algérie. Notre seconde préoccupation a été notre doctrine en la matière. Nous considérons que la C.E.A.O., comme toute communauté, pour qu’elle réussisse, doit tenir compte des critères géographiques et physiques et que par conséquent les préoccupations linguistiques, les affinités politiques, monétaires même, ne peuvent intervenir que dans les conditions de considérations secondaires. Un examen objectif, pour ce qui concerne le Niger, a-t-il poursuivi, montre que nos transactions commerciales sont beaucoup plus importantes avec le Nigeria et le Ghana qu’avec les États de la C.E.A.O.. Les pays regroupés dans la communauté représentent environ 30 millions d’habitants contre plus de 80 millions lorsqu’on tient compte des pays anglophones et par conséquent, ce sont des faits matériels avec lesquels il faut compter. "


Après avoir préconisé une large ouverture vers les pays anglophones de la région allant jusqu’à l’intégration, le Président mettait en relief une autre de ses réserves :


" Pour que cette communauté devienne viable, il faut que chaque État y trouve les possibilités de son développement maximum. Nous avons tenu à marquer que, pour nous, les compensations financières sont certes intéressantes, mais que c’est en termes économiques qu’il faut voir les problèmes. Pour nous, le préalable de la réussite de la C.E.A.O. c’est d’abord l’affirmation d’une zone économique de développement, le recensement des potentialités énergétiques, le recensement des moyens de communications, le développement des infrastructures, enfin l’harmonisation des plans de développement, et plus particulièrement l’harmonisation des implantations industrielles, dans le sens d’une spécialisation et d’une solidarité qui permette de faire jouer la complémentarité entre les pays de la Côte et ceux de l’intérieur. L’essentiel, en ce qui nous concerne, pays de l’intérieur, a conclu le président, est que nous soyons assurés de toutes les garanties pour un développement maximum. Avec un certain nombre de délégations et la compréhension, la confiance, l’amitié des autres chefs d’État, nous avons demandé l’adjonction des protocoles et annexes pour permettre des études plus approfondies, et même la possibilité, ainsi qu’il est fait mention dans le communiqué final, d’amender le traité dans le sens de l’organisation d’une plus grande solidarité entre nos pays. "


Une semaine après la fin de la conférence de Bamako, M. Justin Ahomadegbé, président du conseil présidentiel du Dahomey, abondait dans le sens du président Diori, en déclarant qu’il n’était pas concevable que le Dahomey appartienne à une organisation d’où serait exclu le Nigeria. Et il ajoutait qu’il ne fallait voir dans la C.E.A.O. que " l’embryon d’une association élargie qui accueillera d’autres États de la région ".


Le 29 juin, le Togo et le Nigeria engageaient à Lagos des pourparlers préliminaires à la création d’une communauté économique groupant tous les États de l’Ouest africain. À cette occasion, M. Adebayo Adebeji déclarait :


" La politique nigériane a été guidée tout au long par un principe, celui qu’une communauté économique, même embryonnaire doit abattre avant tout les barrières linguistiques. "


Le commissaire nigérian a encore cité l’esprit de concorde qui caractérise la Commission du bassin du lac Tchad qui regroupe avec le Nigeria des pays francophones tels que le Tchad, le Niger et le Cameroun, comme un bon présage pour la réalisation des projets régionaux plus ambitieux.

PLAN DE COOPÉRATION INTERAFRICAIN


Le 3 décembre 1970, les chefs d’État de la Haute-Volta, du Mali et du Niger se réunissaient à l’initiative du Président Diori Hamani à Ouagadougou, capitale de la Haute-Volta, et y décidaient la création d’une " Autorité " chargée de développer les zones jouxtant leurs frontières et qui forment une région géologique et géographique naturelle appelée Liptako-Gourma.


Après plus d’une année de travail, les dirigeants dynamiques du nouvel organisme mettaient au point une note fixant les objectifs de l’Autorité du Liptako-Gourma.


Ainsi, sur le plan du développement des ressources minières, le programme prévoit l’extension de la recherche et la mise en exploitation des gisements déjà connus :

a) du manganèse de Tambao, en Haute-Volta, dont on prévoit l’évacuation par un prolongement de quelque 400 km du chemin de fer Abidjan-Niger, qui s’arrête pour le moment à Ouagadougou ; par ailleurs, des études seront menées pour délimiter les gisements de manganèse d’Asongo au Mali et de Téra au Niger ;
b) du phosphate de Bourem, dans le Tilemsi, au Mali ;
c) du cuivre et du molybdène, dont certains gisements se trouvent de part et d’autre de la frontière nigéro-malienne.


Dans le domaine du renforcement de l’infrastructure, le projet le plus important est une étude poussée du bief fluvial Tombouctou - Niamey, long de 855 km. Il s’agit là d’étudier les possibilités offertes aux deux sites de barrages, soit à Tossaye au Mali, soit à Kaindadji, au Niger. Un tel ouvrage non seu-

lement servirait à la production d’énergie pour les besoins des trois pays membres de l’Autorité, mais aurait des conséquences positives énormes sur l’aménagement hydro-agricole des terres avoisinant le fleuve, tout en désenclavant toute cette partie de l’Afrique en lui offrant un débouché peu onéreux sur la mer.


On prévoit également l’étude et la réalisation de plusieurs axes routiers aussi bien à l’intérieur même de chacun des pays qu’entre les trois pays.


Le programme mis au point par le directeur général de l’Autorité du Liptako-Gourma, M ; Samake, prévoit encore l’étude et l’extension des télécommunications entre les trois pays membres, ainsi que de nombreuses études tendant au développement de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche.

DEUX FRANÇAIS À L’HONNEUR


Le 19 juin, le médecin général Rigollet était élevé à la dignité de Commandeur de l’Ordre National nigérien. Au cours de la cérémonie de remise des insignes de cette haute distinction, M. Garba Katambé, secrétaire d’État, devait rappeler d’abord que le récipiendaire avait servi pendant 22 ans en Afrique, avant de lui dire :

" Vous faites honneur à la coopération française. "


Par ailleurs, la presse nigérienne publiait le texte du " témoignage de satisfaction " décerné à M. Barruel Alexandre, chef de service à l’Union Nationale de Crédit et de Coopération, " pour les éminents services qu’il a rendus à cet organisme, le sérieux de son travail et la haute conscience professionnelle dont il a fait montre ".

DES JURYS SÉVÈRES


Du 1er au 3 juin, à Niamey, 197 jeunes gens et jeunes filles — dont 96 candidats libres — ont affronté les épreuves du baccalauréat de l’enseignement secondaire français. Une fois de plus, il y avait plus de candidats pour les séries scientifiques (128) que pour les littéraires (69).


Seuls 71 d’entre eux étaient reçus à l’issue des épreuves écrites et orales, soit 36 % des candidats. Il faut espérer que ce pourcentage augmentera dans une grande mesure, après la deuxième session qui aura lieu en septembre, pour atteindre le niveau des résultats en France où les taux de succès varient, suivant les académies et les discipines, entre 60 et 70 % des candidats.

NOUVELLE MANIFESTATION DE LA COOPÉRATION AVEC LE CANADA


En février 1971, au cours de la visite historique du général Gowon au Niger, il avait été décidé que le Nigeria fournirait de l’énergie au Niger, à partir du barrage de Kaindji. Une ligne de haute tension de quelque 600 km de long doit transporter l’énergie jusqu’à Niamey, et probablement à 120 km plus loin jusqu’à Tillabéry où le gouvernement compte lancer un grand projet hydro-agricole.


Le 8 janvier 1972, un accord de fourniture d’énergie pendant une période de 20 ans était signé par les représentants du Niger et du Nigeria, complétant ainsi l’accord de principe réalisé lors du séjour du chef de l’État nigérian.


Le 22 juin, le projet entrait dans la phase de concrétisation par la signature d’une convention aux termes de laquelle le Canada s’engage à financer l’étude de cette ligne de haute tension, étude qui sera achevée avant la fin de l’année en cours. La construction du réseau — qui nécessitera un nouvel accord nigéro-canadien — débutera ensuite et on espère à Niamey que l’ensemble deviendra opérationnel durant l’année 1975.


Comme l’a rappelé M. Dandobi, ministre des Travaux Publics du Niger, cette ligne de haute tension permettra d’abaisser de quelque 50 % le prix de revient actuel du kwh, sans avoir recours pour autant, dans l’immédiat, à des immobilisations importantes dans une source proprement nigérienne d’énergie.

DES PRODUITS À BASE DE FARINE DE MIL


La Société Nigérienne de Transformation du Mil (SOTRAMIL), a été créée en 1966, avec des fonds d’État. Elle réussissait, dans une première phase, et après bien des difficultés, dues aux caractéristiques particulières de cette céréale, à obtenir une farine stabilisée, c’est-à-dire conservable durant plusieurs mois. Plus de 4000 tonnes de cette farine ont été commercialisées depuis 1970 et, chose plus importante, bien accueillies par les consommateurs.


À l’heure actuelle, la SOTRAMIL est passée au second stade de son développement : elle essaie de populariser et de commercialiser les produits de transformation de la farine de mil tels que macaronis, semoule, biscuits et nourriture pour la phase post-sevrage des bébés. Selon M. Razak, directeur de l’usine de Zinder, ces produits sont " d’ores et déjà largement acceptés et coûtent 40 % moins cher que les produits similaires d’importation ".


On sait que la popularisation de la seule farine aura des conséquences sociales énormes puisqu’elle libérera la femme nigérienne de la servitude du pilage quotidien du mil.

NOUVELLES BRÈVES


6-6 Au lendemain de la conférence de Bamako, et à la veille du sommet de l’O.U.A. à Rabat, le général Yacubu Gowon fait un séjour de quelques heures à Niamey.


7-6 La presse nigérienne annonce la participation de la " Fédération Genevoise de Coopération avec le Tiers-Monde " à la construction de 200 puits.


9-6 Arrivée à Niamey, pour une courte visite de trois jours, de M. Hsi Kun Yang, vice-ministre des Affaires Étrangères de la République de Chine. L’un des buts de sa visite était de " remercier, au nom du gouvernement chinois, le peuple et le gouvernement du Niger pour le soutien moral apporté à son pays ".


12-6 Départ du Président Diori Hamani pour Rabat où il assistera jusqu’au 15 juin au 9° sommet de l’O.U.A..


13-6 Le ministère des affaires Économiques fixe le prix minimum d’achat des arachides aux paysans à 24 francs CFA le kilogramme pour les arachides décortiquées et à 16 francs CFA pour les arachides en coques.


13-6 Le quotidien Le Temps du Niger annonce l’édition, par les services ad’hoc du Marché Commun, d’un catalogue des produits de l’artisanat nigérien. Cette publication, qui sera éditée en cinq langues, donnera, avec les photos des objets, tous les détails intéressant les éventuels clients.


16-6 Le quotidien Le Temps du Niger annonce, en première page, la nomination de M. Guennady Sokolov, comme ambassadeur de l’U.R.S.S. au Niger. La nomination du premier ambassadeur soviétique intervient à la suite de la décision des gouvernements du Niger et de l’U.R.S.S. en date du 16 février dernier, d’établir des relations diplomatiques.


16-6 M. Yehoshua Rash, ambassadeur d’Israël au Niger, soutient à la Sorbonne une thèse de doctorat sur le thème : " Un établissement colonial sans histoires : les premières années françaises au Niger, 1897-1907. "


19-6 Le Cheikh Mohammed Mahmoud Al Shawa, envoyé spécial du Roi Faycal d’Arabie, est reçu en audience par le chef de l’État. Ultérieurement, au cours d’une conférence au Centre Culturel franco-nigérien, il a demandé aux jeunes " qui ne font que grossir le clan des libre-penseurs, de revenir aux règles et à la pratique quotidienne de la foi ".


21-6 Invité du Club " Nation et Développement " de Dakar, M. Boubou Hama, président de l’Assemblée Nationale nigérienne, y a développé, au cours d’une conférence, le thème " L’histoire africaine, apports et conditions de renaissance ". À cette occasion, plusieurs troupes folkloriques et théâtrales nigériennes se sont produites devant de vastes auditoires.


26-6 Signature à Niamey d’une Convention destinée à mettre à la disposition du Niger divers produits alimentaires, et en particulier des céréales, d’un montant total, y compris les frais de transport, de 657 000 dollars. Cette aide est accordée dans le cadre du P.A.M. (Programme Alimentaire Mondial) au profit des populations de certaines régions du Niger ayant particulièrement souffert de la sécheresse des dernières années.


27-6 Signature d’un accord nigéro-coréen portant création d’une usine de céramique qui aura une production annuelle de 400 tonnes de produits divers. Les investissements prévus s’élèvent à 150 millions de francs CFA.


Édité par EURAFOR PRESS
Pour le Centre d’Information du Niger


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Directeur de la publication : Mme Maraval


Rédacteur en Chef : J. Baulin


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