
LVC/MDj
RÉPUBLIQUE DU NIGER
PRÉSIDENCE
COMMISSARIAT GÉNÉRAL
AU DÉVELOPPEMENT
COMPLEXE SUCRIER DU NIGER
Annexe N° A-10
1/ - DONNEES SUR LES SUBSTRUCTURES GEOLOGIQUES
Rappelons brièvement quelle est la géologie de la vallée .
Le socle précambrien affleure sur la majeure partie de sa longueur , en alternance avec des schistes au Nord , avec des roches basiques et phylliteuses plus au Sud . Entre le W et la frontière du DAHOMEY , les schistes prédominent .
Enfin , les formations sédimentaires dessinent un vaste plateau gréseux recouvert d’une cuirasse latéritique ancienne .
Cette géologie a donné naissance à différentes descriptions qui permettent d’établir une stratigraphie susceptible d’être étendue par analogie . Cette stratigraphie est en conséquence largement imprécise et sujette à caution .
Bien que n’intéressant pas directement la pédologie , qui décrit les profils jusqu’à une profondeur de 1,50 m au maximum , le souci de ne négliger aucune possibilité de créer des réserves d’eau pourrait justifier quel-ques prospections ponctuelles sur la nature et l’épaisseur des couches plus profondes , jusqu’au socle sain ou jusqu’à la première formation imperméable .
Il n’est pas exclu de découvrir ainsi des réservoirs naturels exploitables pour emmagasiner l’eau du fleuve avec des frais de pompage réduits , pour former dans le sable une nappe captive pratiquement à l’abri du principal obstacle a l’économie des nappes d’eau libre , l’évaporation .
Annexe A -10 page 2
2/ - SOLS DES COUVETTES
L’appellation de "cuvettes" est réservée aux superficies comprises entre le lit mineur et l’extension maximum du lit majeur du fleuve en crue , leur caractéristique descriptive étant leur sujétion plus ou moins longue à la submersion .
Les sols des cuvettes présentent une relative uniformité pédagogique qui autorise à les classer dans la catégorie des sols hydromorphes , avec trois groupes principaux :
1° - Les sols hydromorphes organiques ,
2° - Les sols hydromorphes minéraux a gley , subdivisés en sols bruns et sols noirs .
3° - Les sols hydromorphes jeunes sur matériaux d’apport récent .
Les sols hydromorphes ont une excellente structure et , en conséquence , une bonne perméabilité . Ils ont aussi un bon coefficient de drainage sous réserve que leur côte topographique ne soit pas trop basse .
La richesse en humus est élevée et bien répartie ; la texture est argilo-limoneuse en surface , devenant argilo-sableuse en profondeur .
Les sols hydromorphes à gley sont , par contre , compacte et peu perméables . Ils se drainent mal , tandis que les sols hydromorhes à gley noirs se drainent bien en surface . Les sols hydromorphes jeunes ont une structure fondue très battante et sont peu perméables .
Dans leur ensemble , les sols de cuvettes se définissent par leur composition tantôt sablo-limono-argileuse , tantôt argileuse , et en général , par leur perméabilité insuffisante . Ils renferment une quantité appréciable de matière organique et , au point de vue chimique , on ne décèle pas de carence particulière .
Annexe A -10 page 3
3/ - SOLS DES TERRASSES
L’appellation de "terrasses" est donnée aux terres dont une des frontières est commune avec celle du lit majeur , et la limite extérieure non commandée par la topographie , mais par une convention liée à différents critères .
Leur caractéristique est qu’elle échappent en tous temps à la submersion .
Les sols des terrasses se classent en deux groupes :
1° - Les sols ferrugineux tropicaux non lessivés , beiges ou ocres ,
2° - Les sols bruns steppiques et bruns rouges .
Les sols ferrugineux tropicaux présentent souvent un relief dunaire à pente assez forte . Le ruissellement est intense , provoquant un premier danger d’érosion que renforce encore leur sensibilité a l’érosion éolienne .
Les sols brune steppiques et bruns rouges ont un relief plus atténué et , en conséquence une moins grande sensibilité à l’érosion éolienne et à celle provoquée par le ruissellement .
La morphologie des sols de terrasses et leur classification se caractérisent d’une composition chimique , par la pauvreté en azote et en matières organiques .
Il s’agit toujours de sols profonds et de perméabilité élevée ; la texture est sableuse (80 a 90%) en surface , avec une perméabilité maximum , largement supérieure à la moyenne , devenant sabolimoneuse (sable 80% limon 5% ) et limono-sableuse (sable 75% , limon 6à7%) en profondeur .
Du point de vue physique , on doit encore souligner l’incohérence généralisée des horizons superficiels et , en conséquence , leur sensibilité , déjà mentionnée , à l’érosion .
Enfin , le pouvoir de rétention est faible , notamment en surface ou la perméabilité est la plus forte .
Annexe A -10 page 4
4/ - CONCLUSIONS GENERALES SUR LES POTENTIELS DES SOLS
Le caractère général des sols , tant de cuvettes que de terrasses , est qu’on ne peut se fier à leur fertilité actuelle et due leurs déficiences devront être corrigées .
Le NIGER échappera d’autant moins a cette nécessité que l’emploi systématique de l’irrigation la rend par ailleurs inéluctable .
Un programme général d’amélioration des sols devra être élaboré , qui réduise par étapes le caractère limitant de la pédologie , principal obstacle actuel au bénéfice de l’irrigation .
Les vocations naturelles de base ne seront cependant pas fondamentalement bouleversées . Les cuvettes restent la terre d’élection des plantes tolérantes à l’hydromorphie , à l’acidité , et adaptées aux terrains argileux , en premier lieu : le riz .
Les terrasses portent plus volontiers les cultures vivrières traditionnelles et celles auxquelles conviennent les sols sableux .
Mais on peut prévoir qu’avec le temps , l’irrigation la volonté et les moyens ; s’applique un programme systématique d’amélioration , que la notion de potentiel s’atténuera et que le "libre choix des cultures " qu’offre en elle-même l’irrigation , deviendra une réalité .
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