U-003-088

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    2009.















BILLET


vu 1.4.77

La guerre des prix du pétrole
n’a pas (encore ?) eu lieu


Une délégation Iranienne a rencontré mercredi 30 mars à Ryad plusieurs ministres saoudiens. La conversation aurait porté sur l’unification du prix du pétrole au sein de l’organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). Cette rencontre traduit bien le changement de climat qui s’est opéré sur le front pétrolier trois mois après la décision des membres de l’ OPEP d’augmenter inégalement le prix de leur brut.


Le mois de janvier a été dur pour les pays du Golfe, partisans d’une forte hausse, particulièrement l’ Irak, l’ Iran et le Koweit. L’accumulation de stocks par les compagnies des pays consommateurs en novembre et décembre, en prévision d’une hausse, a rendu difficile l’écoulement de leurs productions en janvier ; on a même murmuré, dans les milieux professionnels, que ces pays étaient prêts à consentir des rabais, nouvelle vite démentie. L’ Arabie Saoudite semblait alors devoir faire la loi sur le marché ; certains de ses dirigeants annonçaient même une augmentation importante de sa production, pour faire baisser le prix.


Mais deux phénomènes climatiques sont venus renforcer la volonté parfois vacillante des pays les plus durs. Les tempêtes qui ont sévi en janvier sur le Ras-Tanura ont empêché les exportations saoudiennes de dépasser en moyenne 8,2 millions de barils par jour, certains tankers devant attendre plusieurs jours pour charger. Simultanément, la rigueur de l’hiver - accompagnée d’une pénurie de gaz - a provoqué aux États-Unis un fort accroissement de la demande de produits pétroliers. Cela explique l’augmentation des exportations de "bruts" lourds Iraniens en février. Du coup, les autorités de Téhérant, qui avaient révisé en baisse, en janvier, leurs prévisions budgétaires pour 1977, les fondant sur un volume d’exportation de l’ordre de 4,6 millions seulement de barils par jour, ont annoncé en février comme en mars une moyenne des ventes de 5,7 millions de barils par jour.


Dans de telles circonstances, les tentatives de conciliation entreprises en février par le secrétaire général en exercice de l’ OPEP, le ministre du pétrole du Quatar, avaient peu de chance d’aboutir, aucune tendance profonde du marché ne s’étant dégagée. Si la majorité des membres de l’ Organisation acceptaient de revenir sur la hausse de 5 % annoncée pour le 1er juillet, à condition que l’ Arabie Saoudite et le Émirats arabes unis augmentent leurs prix de 5 % à la même époque, le refus de Ryad d’accepter un compromis dépassant 7 % sur l’ensemble de l’année a mis fin aux initiatives en cours. Il semble peu probable désormais qu’un accord puisse intervenir avant la prochaine réunion ordinaire des ministres du pétrole, en juillet, à Stockholm.


En attendant cette réunion, chaque indice a son importance selon le pétrole et le gaz arabes la forte demande sur le "bruts" légers a entrainé une hausse des prix-spots de 30 cents par baril. Le Nigéria aurait contracté des engagements de vente supérieurs à sa capacité installée. La Libye aurait profité de la surchauffe pour introduire de nouvelles clauses contraignantes dans ses contrats d’enlèvement. Quant au Koweït, il vient de notifier officiellement aux compagnies pétrolières son intention d’appliquer intégralement la décision de Doha et d’augmenter de 5 % le prix de son pétrole le 1er juillet (on prête la même intention à l’ Iran).


Un développement important de la production saoudienne dans les mois à venir limiterait-il le nombre des pays partisans d’un prix élevé du "brut" ? Rien n’est moins sûr. En février, alors que les conditions climatiques étaient meilleures qu’en janvier, les exportations saoudiennes n’ont pas dépassé 8,9 millions de barils par jour en moyenne, niveau inférieur à celui des meilleurs mois de 1976.


De même les pays industrialisés parviendront-ils à limiter sérieusement leur consommation ? Cela n’est pas certain du tout : les dernières estimations publiées - celles de la Shell Allemagne - font état d’un accroissement de la consommation mondiale de 4,16 % en 1977.


la guerre des prix sur le marché pétrolier ne s’est pas produite, ce qui ne veut pas qu’elle n’aura pas lieu...


BRUNO DETHOMAS.

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