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    2009.

















17/1/77

ENERGIE
le président d’ Exxon à Paris


L’ homme qui gère plus de 50 milliards de dollars


Qu’ il soit né en Virginie ne l’ empêche pas d’ avoir les traits carrés, le teint hâlé et la stature que l’ imagerie prête plutôt aux hommes du Texas. Il a d’ ailleurs travaillé de longues années à Houston - bien plus que New-York le coeur de la compagnie pétrolière Exxon Corporation - après être passé par l’ "académie" maison, l’ immense raffinerie de Baton-Rouge en Louisiane. Il ne porte pourtant pas les bottes et le chapeau texans, mais un strict costume gris rehaussé d’ une cravate club. On a beau ne pas être un Rocketelier, mais un simple ingénieur chimiste sorti du rang, présider à l’ âge de cinquante-cinq ans aux destinées d’ Exxon, premier groupe mondial qui a réalisé en 1976 un chiffre d’ affaire de 52,7 milliards de dollars et un bénéfice net de 2,6 milliards de dollars, crée des obligations.


De passage à Paris, M. Clifton C. Garvin s’ est ainsi entretenu avec M. Giscard d’ Estaing dans l’ après-midi du 14 avril. "Je l’ ai félicité, dit-il de l’ exemple que donne la France, Depuis deux ans, vous avez pris des mesures pour réduire la consommation d’ énergie. Les autres pays ont été plus lents. Ils devraient suivre votre exemple." S’ il y a " quelques divergences avec la France" quant à l’ inégalité de traitement entre les diverses compagnies pétrolières, "nous n’ en avons pas parié. On ne n’ en avons pas parié. On ne rencontre pas un président de la République pour ça".


La grande question d’ actualité, c’ est bien sûr le plan énergétique que doit présenter le président Carter le 20 avril au Congrès. Alors que l’ industrie et les syndicats américains s’ y montrent déjà hostiles, m. Garvin semble l’ approuver. "Le président comprend le problème de l’ approvisionnement en énergie des Etats-Unis, Il a une éthique de la conservation. Son message sera donc dur et ferme et il sera reçu comme tel. Mais, ajoute-t-il avec une légère ironie, savoir si le Congrès suivra le président, c’ est trop demander."


D’ ailleurs Exxon , cette société donc il a dit un jour "je ne la dirigerais pas mieux si elle m’ appartenait" , est prête. Une politique de pétrole cher n’ aura que peu de conséquence sur les prix mondiaux : "Que ça nous plaise ou non c’ est l’ OPEP qui définit le prix du pétrole. Peut-être les Etats-Unis se sont-ils faits des illusions en gardant leurs prix bas pour influencer l’ OPEP."


Quant à la relance du charbon et des énergies nouvelles, il y a longtemps qu’ Exxon y a songé : "Aux Etats-Unis, nous avons 9 milliards de tonnes de charbon en réserve. Nous disposons d’ un procédé opérationnel pour la gazéification du charbon et faisons des recherches sur la liquéfaction. Nous avons aussi des réserves de charbon au Canada et une option en Colombie. De plus nous avons lancé un programme de recherche en énergie solaire et pour la rencontre version de l’ énergie solaire en d’ autres énergies.Enfin, dans le domaine nucléaire, Exxon produit de l’ uranium aux Etats-Unis, en Australie et au Canada et explore en Allemagne fédérale, en Afrique du Sud et en Ecosse. De plus, nous sommes avancés dans la recherche concernant l’ enrichissement de l’ uranium et le retraitement."


Certes dans ce dernier secteur, la politique définie par le président Carter pourrait compromettre les activités du groupe. Mais "elle n’ est pas encore clairement définie et nous ferons tous les efforts nécessaires pour persuader le gouvernement que d’ autres politiques sont meilleures".


M. Garvin n’ est pas homme à douter du bien-fondé moral de l’ action de son groupe. S’ agit-il de la venue éventuelle de la gauche au pouvoir en France ?


"Nous n’ avons pas envisagé de plan d’ urgence. Nous comprenons que les pays déterminent les types de gouvernements par lesquels ils veulent être dirigés." Et puis les communistes. "Il faut dialoguer avec eux, leur expliquer la transparence des prix". M. Lamaison, président-directeur général d’ Esso France, en sera chargé. Est-il question d’ une marge trop importante ?


"24 cents par baril ce n’ est pas beaucoup pour bénéficier de la technologie occidentale." Le bénéfice est-il trop grand ?


"Rapporté aux capitaux, il ne dépasse pas 11%. Il y a de très nombreuses sociétés aux Etats-Unis qui réalisent un bénéfice plus important."


Il y a bien eu, dans le passé, le financement de partis politiques en Italie et au Canada. Mais "depuis 1972 Exxon a décidé de ne plus participer à l’ évolution politique d’ un pays où que ce soit" "Nous avons compris, ajoute M. Garvin, que ce n’ était pas notre intérêt."


Essayez, devant tant de "candeur", de critiquer les multinationales...


BRUNO DETHOMAS.


Les pays de l’ OPEP seraient proches
d’ un compromis sur les prix


"Un compromis mettant fin au système du double prix est de nouveau en vue au sein de l’ OPEP", affirme dans son numéro du 16 avril la revue le Pétrole et le gaz arabes, réputée proche des autorités algériennes et libyennes. L’ Algérie et la Libye ont décidé de geler leurs prix lors du second trimestre 1977 au lieu de procéder à l’ augmentation prévue de 10 à 15 cents par baril.


Cela constitue un "préalable" à la conciliation, précise la revue, comme l’ a été, il y a quelques jours, la déclaration du prince hériter Fahd d’ Arabie Saoudite à un journal égyptien. Le prince, qui préside le conseil supérieur du pétrole saoudien, a dit que la décision de n’ augmenter que de 5% les prix ne visait à nuire à personne et que l’ Arabie Saoudite se garderait d’ augmenter sa production dans des proportions pouvant affecter les autres pays membres de l’ OPEP.


Enfin, M. Mahmoud Al Nusseir, chargé des affaires économiques au ministère koweitien du pétrole a, lui aussi, affirmé que les pays de l’ OPEP reviendraient à un prix unique lors de la réunion de Stockholm le 12 juillet prochain "Dans l’ ensemble, a-t-il ajouté, les ventes de la majorité n’ ont pas été gravement affectées par le double prix pour deux raisons : la décision saoudienne de ne pas accroître sa production : l’ accroissement de la demande mondiale en raison des rigueurs de l’ hiver aux Etats-Unis et en Europe. L’ Arabie Saoudite s’ est comportée avec noblesse et cela nous ne l’ oublierons jamais."


La mise en oeuvre d’ un "nouveau plan Marshall pour les pays en voie de développement" a été préconisée par M. Abderrahman Khene, directeur exécutif de l’ ONUDI (Organisation des Nations unies pour le développement industriel) dans une interview qu’ a publié, jeudi 14 avril à Vienne, la revue Berichte und informationen. Pour M. Khene, l’ aide au développement devrait atteindre "deux pour cent au minimum et trois pour cent dans toute la mesure du possible" du produit national brut des pays industriels.

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