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U-003-111

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12 mai 1977

ENQUÊTE
LA COURSE AU NUCLÉAIRE


Les Américains mènent le train
par XAVIER WEEGER


Devant les problèmes économiques, techniques et psychologiques posés par le nucléaire, les pays dotés de réacteurs ont été obligés de faire une pause dans le développement de cette énergie. Mais le nombre de pays où le nucléaire apparait comme la seule solution de remplacement du pétrole ne cesse de croître. Il y avait quinze puissances nucléaire en 1970, il devrait, y en avoir vingt-neuf en 1980 et près de quarante en 1985. (le Monde du 11 mai).


Qu’on le veuille ou non, l’atome est avant tout américain, dans le domaine nucléaire, comme dans d’autres secteurs-clés du développement économique aujourd’hui - comme l’informatique ou l’espace, les États-Unis sont là, omniprésents. Il n’est pas une étude technique sur tel ou tel aspect de l’énergie nucléaire qui puisse ignorer les travaux réalisés outre-Atlantique. Pas une puissance nucléaire civile du monde occidental qui ne doive quelque chose aux Américains. Pas un responsable des questions atomiques d’un quelconque pays qui puisse se permettre de ne pas tendre l’oreille à ce qui se dit à Washington.


Les États-Unis ont, jusqu’à présent, fait la loi. Non contents d’avoir réalisé les premières bombes atomiques - avec l’aide de savants étrangers, il est vrai - ils ont toujours été et sont encore aujourd’hui la première puissance nucléaire civile du monde. A la fin de l’année 1976, les constructeurs américains pouvaient se glorifier d’avoir construit soixante-quatre réacteurs d’une puissance de 47 000 MW, d’être en train de construire ou d’avoir en commande sur le seul marché intérieur, cent cinquante-six réacteurs représentant, avec huit lettres d’intention, une capacité électrique de 179 000 MW Au milieu de 1974, le parc nucléaire Américain construit ou à construire représentait 216 000 MW, l’ensemble des autres pays du monde 221 000 MW.


Toujours en 1974, les exportations des constructeurs américains couvraient 70 % des exportations mondiales de réacteurs, et 80 % des centrales étaient - par le biais des accords de licence - de technologie américaine, utilisant l’uranium enrichi et l’eau légère. Seuls quelques "originaux", comme les Canadiens ou le Britanniques, s’obstinent à développer des filières "nationales". La France a arrêté le développement du "graphitegaz" Pour près de 90 %, l’électricité nucléaire française trouvait encore cependant son origine, à la fin de 1976 dans ce type de réacteurs. Framatome Framatome, qui dispose du monopole de la construction des centrales EDF appartient à 51 % au groupe Creusot-Loire, à 30 % au Commissariat à l’énergie atomique et à 15 % à Westinghouse, les 4 % restant étant partagés entre divers actionnaires. travaille sous licence de la firme américaine Westinghouse, premier constructeur mondial. Les Suédois ont bien développé leur propre filière : elle est largement inspirée de la technique de Général Électric. Et même le Anglais se demandent aujourd’hui s’ils ne feraient pas bien, à leur tour de construire des centrales "américaines" à uranium enrichi et à eau pressurisée. (P.W.R.).


La domination de la technique américaine impose une autre loi : qui dit réacteur américain, dit uranium enrichi, et les États-Unis disposent - pour peu d’années encore, compte tenu des projets Européens - d’un quasi-monopole de l’enrichissement, à peine entamé par l’ Union soviétique.


Tout n’est cependant pas rose pour les constructeurs américains. Après 1973, année record avec trente-cinq réacteurs commandés par le marché intérieur, et en dépit de la crise pétrolière, le rythme commence à s’essouffler. On prévoyait, toujours pour les seuls États-Unis, trente-cinq à quarante nouvelles commandes en 1974 : il y en a eut la moitié. En 1975 neuf commandes sont annulées. En 1976 deux options sont transformées en commandes fermes. Les prévisions établies au début de cette année n’annoncent... aucune commande pour 1977.


Une note lourde


Sur le marché extérieur, la situation n’est guère plus brillante ; la vente par les Américains d’équipements pour les centrales nucléaires à rapporté 564 millions de dollars en 1973, 193 millions en 1974 et 25 millions en 1975 : les réacteurs vendus à l’étranger depuis 1974 se comptent sur les doigts d’une main.


Bien des raisons expliquent ce déclin de l’électronucléaire aux États-Unis. Sur le plan intérieur, tout d’abord, la contestation antinucléaire, née au début des années 70, n’a cessé que récemment de marquer des points. Pour les producteurs d’électricité, comme pour les constructeurs de centrales, la note a été lourde à payer : procès, enquêtes publiques, référendums, on fait perdre beaucoup de temps, et allongé les délais de construction.


Du fait des modifications des procédures nécessaires à l’obtention des permis de construire, qui durent aujourd’hui près de quatre ans, les délais de construction sont passés de six ans en 1970 àà dix ans et même plus aujourd’hui. Les frais financiers consécutifs, les règles de sécurité plus draconiennes que jamais, ont fait passer le coût du kilowattnucléaire installé de 250 dollars en 1969 pour une centrale en opération en 1975 à 750 dollars en 1973 pour une centrale en fonctionnement en 1983. On comprend que certains producteurs d’électricité aient annulé des commandes, devant de trop nombreuses incertitudes, et décidé de se retourner vers les combustibles fossiles.


Parallèlement, et comme dans la plupart des autres pays industrialisés, la consommation d’énergie croit, aux États-Unis, moins vite que prévu. Alors que la consommation d’électricité avait augmenté de plus de 7 % par an de 1960 à 1973, elle a diminué de 0,1 % en 1974 et n’a crût que de 2 % en 1975. Les compagnies électriques revoient en conséquence leurs programmes d’investissements.


Enfin, l’incapacité des différents partenaires à mettre sur pied l’indispensable accroissement des capacités américaines d’enrichissement d’uranium, les atermoiements de l’administration au sujet du développement du retraitement des combustibles irradiés - suspendu à l’autorisation de recycler le plutonium extrait dans les réacteurs à eau légère, - ainsi que les retards dans le développement des filières avancées (surrégénérateurs et réacteurs à haute température), finissent de miner une confiance déjà ébranlée.


A l’exportation, les choses ne vont guère mieux : les pays étrangers suivent avec inquiétude le "mauvais exemple" du marché américain, et surtout les exigences croissantes de l’administration dans sa lutte contre la prolifération de l’arme atomique mettent un obstacle quasi insurmontable aux ambitions des industriels. L’explosion, en 1974, de la bombe Indienne, sonne le glas des dernières espérances. Dés lors, le gouvernement comme le Congrès n’auront de cesse de dresser de nouveaux garde-fous à la prolifération, allant parfois jusqu’à provoquer une véritable "crise de confiance", de la part des éventuels clients, dans un partenaire jugé de plus en plus exigeant, et qui s’affirme même, dans certains cas, capable de violer ses engagements. Les Américains ne vont-ils pas jusqu’à exiger, par exemple vis-à-vis des Yougoslaves, des garanties supplémentaires à celles, jugées autrefois suffisantes, de l’Agence Internationale de l’énergie atomique (A.I.E.F.) ?


Tout cela ne fait pas l’affaire des industriels, qui piétinent en Iran, en Égypte, en Israël, et voient Framatome leur enlever la commande de deux centrales en Afrique du Sud, tandis que la firme allemande K.W.U. conclut avec le Brésil un retentissant "marché du siècle" huit centrales, une usine d’enrichissement et une de retraitement.


Le début de 1977 marque-t-il un regain d’espoir pour l’industrie nucléaire américaine ? C’est probable.


A l’intérieur, l’échec des référendums anti-nucléaires dans sept États, en 1976 semble enfin indiquer que dans sa grande majorité, l’opinion publique américaine est favorable à la construction de centrales.


Le défi de M. Carter


A priori, l’arrivée au pouvoir de M. Carter n’était pas de très bonne augure. N’avait-il pas fait des promesses encore plus restrictives que son concurrent malheureux ? Quelques semaines après l’élection, une décision du "président élu" vient cependant éclaircir un ciel encore obscure : la nomination comme "conseiller spécial des questions énergétiques", de M. Schlesinger, ancien président de l’ Atomic Énergy Commission (A.E.C.), apparait comme un véritable défi au courant anti-nucléaire.


De même, si l’annonce par le président, le 7 avril, de sa décision d’ajourner sine die le retraitement sur le sol américain et de retarder le développement des surrégénérateurs est assez fraichement accueillie, on voit un net encouragement dans la volonté affirmé par M. Carter de développer les capacités américaines d’enrichissement. Et la définition d’une politique moins restrictive qu’on ne pouvait le craindre en ce qui concerne les garanties nécessaires aux exportations (le monde du 29 avril) ne peut que revigorer des industriels encore sceptiques.


Parallèlement aux marchés extérieurs, le marché américain semble aujourd’hui avoir des chances de s’ouvrir à nouveau. Certes en présentant son programme d’économie des ressources énergétiques, M. Carter a indiqué que "des efforts de conservation pourront minimiser l’évolution" vers l’énergie nucléaire : il a tout de même reconnu que les États-Unis devront "continuer en dernier ressort à utiliser des quantités croissantes" d’énergie nucléaire.


Une position prépondérante


Restent bien des inconnues. Le président a annoncé que l’installation de nouvelles centrales sera soumise à des strictes mesures de sécurité : sera-t-il tout de même possible, notamment par la standardisation d’accélérer les procédures administratives ? L’encouragement à l’accroissement des capacités d’enrichissement s’accompagnera-t-il d’une solide assistance financière, ou de garanties qui ont jusqu’ici manqué aux industriels intéressés ? Le bannissement du retraitement ne sera t-il pas un obstacle ?


Ces considérations jouent aussi bien pour les marchés extérieurs. La position des Américains sera prépondérante dans la définition de garanties précises... et suffisamment stables pour que les clients éventuels reprennent confiance. Tel pourra être le rôle du "Club des pays exportateurs de technologie nucléaire" qui se réunit périodiquement à Londres, encore que certains observateurs estiment que du fait de son élargissement à un trop grand nombre de partenaires (ils sont aujourd’hui quinze), celui-ci risque de voir son rôle réduit à celui d’une chambre d’enregistrement d’accords négociés de façon bilatérale.


De même, Britanniques et Français ne savent toujours pas quel sera le sort du contrat qu’ils négocient actuellement avec le Japon pour le retraitement d’environ 7 000 tonnes de combustible nucléaire : celui-ci étant d’origine américaine, les États-Unis gardent le contrôle de toutes ses destinations.


En attendant l’influence de l’industrie et du gouvernement américains restera encore longtemps prépondérante sur le marché du nucléaire mondial, d’autant que bien d’autres pays s’interrogent de leur côté sur la politique nucléaire qu’ils entendent définir. Une définition qui, à défaut de s’y opposer, ne pourra ignorer les positions américaines.


Les différents types de réacteurs nucléaires "classique" se différencient tout à la fois par leur combustible (uranium naturel en uranium enrichi : sous forme de métal ou d’oxyde) tout modérateur, dont le rôle est de freiner les neutrons (graphite eau légère ou eau lourde) et leur fluide de refroidissement (gaz carbonique, eau légère ou eau lourde).

LES PRINCIPAUX TYPES DE RÉACTEURS


Les différents types de réacteurs nucléaire "classique" se différencient tout à la fois par leur combustible (uranium naturel ou uranium enrichi sous forme de métal ou d’oxyde), leur modérateur, dont le rôle est de freiner les neutrons (graphite, eau légère ou eau lourde) et leur fluide de refroidissement (gaz carbonique, eau légère ou eau lourde).


Dans le "graphite-gaz" développé en France et en Grande-Bretagne, on utilise de l’uranium naturel sous forme de métal, le modérateur est du graphite et le fluide de refroidissement du gaz carbonique. Dans la filière canadienne Candu, le combustible est de l’oxyde d’uranium naturel, et l’eau lourde est en même temps modérateur et liquide de refroidissement.


Les filières américaines utilisent toutes de l’uranium enrichi, sous forme d’oxyde, et de l’eau légère, dans son double rôle de modérateur et de fluide de refroidissement. Dans le P.W.H. (Pressurized Water Reactor), l’eau, sous pression, ne bout pas, alors qu’on la laisse bouillir dans les B.W.R. (Bolling Water Reactors).


D’autres variantes sont utilisées : l’ Advaneed Gas-Cooled Reactor (A.G.R.) britannique se différencie du graphite-gaz par l’utilisation d’uranium légèrement enrichi, et sous forme d’oxyde, tandis que le Steam Generating Heavy Water Reactor (S.G.H.W.R.), également britannique, utilise de l’eau lourde comme modérateur et de l’eau légère comme fluide de refroidissement.


Dans les filières "avancées" (réacteurs à haute température surrégénérateurs), on fait encore appel à d’autres solutions. Le combustible peut être de l’uranium très enrichi ou un mélange d’uranium ou de plutonium. Le fluide de refroidissement est de l’hélium, du sodium liquide ou des sels fondus. Et certains types de réacteurs, comme les surrégénérateurs, n’utilisent pas de modérateur.

DE 10 PAYS EN 1965 A 29 EN 1980


PAYS


1965


1970


1975


1980 (prévision)



Allemagne démocratique

Allemagne fédérale

Argentine

Autriche

Belgique

Brésil

Bulgarie

Canada

Corée du Sud

Espagne

États-Unis

Finlande

France

Hongrie

Inde

Iran

Italie

Japon

Mexique

Pakistan

Pays-Bas

Roumanie

Royaume-Uni

Suède

Suisse

Taïwan

Tchécoslovaquie

Union soviétique

Yougoslavie

Total

Nombre de pays


Réacteurs
-
2
-
-
1
-
-
1
-
-
16
-
5
-
-
-
3
2
-
-
-
-
24
1
-
-
-
10
-
65
10


puissance
-
73
-
-
11
-
-
22
-
-
1 946
-
392
-
-
-
627
178
-
-
-
-
3 876
10
-
-
-
978
-
8 113


Réacteurs
1
7
-
-
1
-

-
3
-
2
22
-
8
-
2
-
3
4
-
-
1
-
-
29
2
1
-
-
13
99

15


Puissance
75
963
-
-
11
-
-
511
-
620
7 849
-
1 750
-
420
-
627
1 323
-
-
55
-
6 095
472
364
-
-
1 631
-
22 766


Réacteurs
3
9
1
-
4
-
2
7
-
3
57
-
10
-
3
-
3
13
-
1
2
-
32
5
3
-
1
22
-
181
19


960
3 487
340
-
1 751
-
880
2 671
-
1 120
40 266
-
3 047
-
610
-
640
6 627
-
140
532
-
7 715
3 295
1 054
-
143
5 565
-
80 873


Réacteurs
5
20
2
1
6
1
4
14
1
12
105
4
28
1
7
1
5
25
2
1
2
1
30
10
6
4
4
40
1
351
29


Puissance
1 840
13 793
980
724
3 665
657
1 760
7 728
595
3 774
91 402
2 262
21 100
440
1 565
1 293
2 484
16 225
1 348
140
532
440
12 974
7 675
4 238
3 143
1 460
15 600
664
230 080

LES SOVIÉTIQUES PARIENT
SUR LA DEUXIÈME GÉNÉRATION


Compte tenu de ses ressources en uranium, des connaissances de ses atomistes et de ses capacités industrielles l’ Union soviétique avec ses vingt-six réacteurs d’une puissance de 7 000 MW fait modeste figure dans la course à l’électronucléaire. Sa puissance installée équivaut à 15 % de celle des États-Unis. Elle est inférieure à celle du Japon et à celle de la Grande-Bretagne. A court terme ses ambitions restent fort modérées : une quarantaine de réacteurs d’une puissance de 20 000 MW en 1980 (soit le quart de la capacité américaine à la même époque) si le objectifs du dixième plan quinquennal sont atteints.


Ce ne sont pourtant pas les chercheurs qui sont en retard. Ils ont découvert la fission de l’uranium en 1939, fait exploser une bombe atomique des 1949 et mis en route, les premiers, un mini-réacteur fournissant de l’électricité en 1954.


La vérité, c’est que les soviétiques ne sont pas pressés. Charbon, Gaz naturel, pétrole, chute d’eau, leur territoire offre de l’énergie à profusion. Deux cent soixante-dix centrales de toute nature - dont certaines sont des géantes de 6 000 MW - exploitent ces ressources. Elles produisent de l’électricité dont la consommation croit en Union soviétique aussi vite qu’ailleurs, mais aussi de l’eau chaude, de la vapeur, et elles servent déjà à dessaler l’eau de mer. Le plan d’accroissement de la puissance électrique installée table encore beaucoup plus sur le thermique classique et l’hydraulique que sur le nucléaire. Celui-ci ne passera que de 2 % en 1975 à 7 % en 1980.


Le programme nucléaire est fort en retard, puisque les réacteurs devaient fournir 8 % de l’électricité, en 1975. Il est douteux que les quarante réacteurs prévus pour la fin du Xe Plan quinquennal soient effectivement en marche à cette date (1980). Difficultés techniques dans la maîtrise des grands réacteurs, retards dans les travaux de génie civil comme dans la livraison des composants des centrales, expliquent cette situation. La contestation ne semble y être pour rien.


Cependant, les écrits officiels ne manquent jamais de faire état des problèmes d’environnement et de sûreté posés par les centrales nucléaires, même s’ils affirment qu’ils ont été résolus. On sait depuis peu que, en 1958, l’explosion d’un réacteur plutonigène militaire aurait fait des victimes. Aussi n’est-il pas surprenant qu’un atomiste soviétique ait dit dés 1972 : " Nous estimons que l’attitude très attentive du public envers les problèmes de sûreté est essentielle."


Deux filières


Les techniciens soviétiques ont mis au point deux filières. L’une à uranium refroidi par de l’eau pressurisée, est proche du modèle américain P.W.R. Neuf réacteurs de ce type fonctionnent en U.R.S.S. et une trentaine d’autres ont été vendus à six pays de l’ Europe de l’ Est et à la Finlande, où ils sont en construction. Cette chaudière de 440 MW est, en quelque sorte, le "modèle exportation". L’autre filière, plus originale, est un réacteur à uranium, modéré par du graphite et refroidi par de l’eau (G.B.W.R.). Plus puissant (1 000 MW) mais plus délicat à monter, plus encombrant et plus coûteux. Il semble réservé à la consommation intérieure. Une quinzaine de réacteurs de ce type fonctionnent à ce jour.


Pour l’essentiel, le parc nucléaire est installé dans la partie occidentale de l’ Union soviétique. C’est là que se trouvent essentiellement les besoins, alors que les ressources d’énergie classique sont plutôt au delà de l’ Oural. D’où les lignes de transport interminable qui sont onéreuses et qui consomment beaucoup de courant (10 % de la production). Le nucléaire se développera donc en Russie d’ Europe pour des raisons d’économie.


Car les Soviétiques voient loin. Le premier réacteur surrégénérateur a divergé en 1969. Un second, d’une puissance de 350 MW, lui a succédé à Chevtchenko (sur les rives de la Caspienne), en 1973. Malgré un accident survenu l’an dernier (feu de sodium), on active la construction, dans l’ Oral, d’un troisième modèle de 600 MW qui devrait diverger avant 1980. Et les chercheurs travaillent à la mise au point d’un quatrième type de 1 600 MW cette fois. Dans la course à l’électronucléaire, les soviétiques sont partis à petite allure, mais ils se réservent pour la "seconde génération".


M. A-R

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