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    2009.















Le président du C.E.A., à Salzborg


La France propose l’internationalisation de son procédé nucléaire


Fig 7.5.77


SALZBOURG
de notre envoyé spécial


Jean-Paul CROIZE


On peut dire que tout le monde avait les yeux fixés hier à Salzbourg sur André Giraud, président-directeur général du Commissarit à l’énérgie atomique (C.E.A.). Celui-ci devait, en effet, présenter le nuveau procédé d’enrichissement de l’uranium annoncé jeudi à Paris comme devant metre fin au risque de prolifération de l’armement nucléaire. Après une présentation technique dans la matinée, André Giraud a tenu donc, dans l’après-midi, une conférence de presse ou ont été abordé les aspects économiques et politique de la réalisation française. A cet égard, le président du C.E.A. s’est montré serein et sûr de lui. face aux prises de position quelque peu extrémistes du président Carter, il a semblé vouloir démontrer que ce qui peut apparaitre comme une grande réussite de la technologie française n’allait pas " tourner la tête " aux responsables de notre politique nucléaire qui auront sans doute le triomphe modeste.


En préambule au jeu des questios-réponses, André Giraud a tout d’abord voulu rendre hommage à l’équipe qui a manifesté beaucoup de talent en réalisant le nouveau procédé. Ensuite il a expliqué que " les questions posées seraient majeures, car l’objectif visé et maintenant d’entreprendre la réalisation d’une première chaine qui soit la démonstration indutrielle du procédé et la définition précise des spécifications des futures usines "


Le C.E.A. compte ainsi avoir une meilleur idée de la manière dont les pays intéressés recevraient la découverte française et ses implications futures car, selon lui " c’est une grande responsabilité de développer un nouveau procédé et de le mettre à la disposition du commerce. Le gouvernement français pense que l’énergie nucléaire est indispensable, mais reste conscient de ses dangers et s’est toujours montré attentif à la non prolifération. De la sorte, nous aimerions ne pas prendre cette décision seuls et donner à d’autres pays la possibilité de partager cette responsabilité. "


A l’écoute
de Londres


Ainsi est résumé l’ensemble de la position française : " Ce nouveau procédé ne doit pas rester uniquement à la disposition de la France " ,comme la clairemet exprimé André Giraud, qui a encore lancé un vaste appel d’offres. Bien sûr il est encore beaucoup trop tôt pour obtenir des réponses à cet appel. D’autant que ce sont surtout des techniciens qui se trouvent réunis à Salzbourg. Ceux-ci ne sont guère habilités à exprimer la position officielle de leurs pays. En outre il faut attendre les résultats de la rencontre de Londres, ici, on n’a guère relevé que des commentaires de couloir. Pour certains pays c’est le septicisme qui semble l’emporter, en particulier de la part de ceux qui ont commencé en même temps que la France, voici dix ans, à travailler sur ce procédé, mais qui, contrairement au C.E.A. n’ont pas encore abouti. C’est la cas des Allemands, des Anglais et des Américains.


Mais tout de même l’assurance d’ André Giraud a dù les ébranler. Selon lui, même si le prix de revient n’est pas encore optimisé, " il sera sans aucun doute compétitif avec le procédé de diffusion gazeuse actuel, et consommera le tiers d’énergie ".


Après avoir indiqué que l’étape suivante du progamme français verrait la construction d’une centrale commerciale de démonstration, André Giraud est revenu sur le fait que la réalisation du premier modèle industriel pourrait et devrait être internationale. Il s’est même déclaré, pour ce faire, prêt à accepter " toute forme de coopération ". Il a indiqué qu’il n’était pas exclu que ce procédé soit réalisé dans un autre pays. Je ne vois pas pourquoi on le refuserait à certains pays, a-t-il ajouté, déslors qu’il ne peut être utilisé à la fabrication de bombes "


Les autres questions des journalistes spécialisés ont montré que ce procédé était pris au sérieux, et que ses incidences politiques et surtout économiques préocupaient, dés à présent beaucoup de monde. Dans ce domaine, André Giraud a expliqué que l’optique française ne varierait pas et que les differents accords passés seraient respectés. Il en sera ainsi, notamment pour les groupements d’intérêt économique comme " Eurodif ", destinés à la mise en service vers 1980 d’unités d’enrichissement de l’uranium par diffusion gazeuse puisque ce procédé n’est pas en interférence avec notre découverte ". Voilà qui rassurera les partenaires italiens et iraniens, lancés avec nous dans la diffusion gazeuse.


André Giraud a également été trés net quant au retraitement de l’uranium et à l’utilisation du plutonium dans les surrégénérateurs. Nous construisons Super Phénix, le plus grand surrégénérateur du monde, je ne vois pas de raison de changer ", a t-il affirmé, avant de rappeler que l’usine de retraitement de la Hague ( Manche ) " " n’est pas une installation pilote, mais une réalisation industrielle en fonctionnement". Ainsi contrairement àce que certains semblaient penser, les problèmes liés au plutonium ne sont pas écartés, lon de là. Ici à Salzbourg, la séance technique d’aujoud’hui a été complètement éclipsée par André Giraud. Cette séance avait pourtant comme thème : " La sûreté de fonctionnement des surrégénérateurs " un sujet qui reviendra bientôt à l’ordre du jour.


Le président américains, Jimmy Carter, vient de donner le "feu vert" pour la reprise des livraisons d’uranium hautement enrichi américain, suspendu depuis l’automne dernier vers le C.E.E., apprend-on, jeudi, de qource communautaire à Bruxelles.


M. Guido Brunner, commissaire européen chargé de l’ Énergie, s’est immédiatement félicité de cette nouvelle qui " est de bon augure pour le sommet de londres ". " Cette reprise des livraisons, a-t-il ajouté, traduit le climat de confiance dans lequel devrait se dérouler le dialogue entre les États-Unis et l’ Europe des Neuf dans le domaine nucléaire. "

Il faudrait trente ans
pour militariser cet uranium


Tous les corps simples, l’uranium comme les autres, sont constitués d’un mélange d’isotopes et il est une règle absolue (à une exception près pour les isotopes du plomb), c’est qu’ils sont toujours présents dans la nature dans des proportions relatives constantes. L’uranium naturel contient 99,3 % de l’isotope 238 et 0,7 % de l’isotope 235 . C’est ce dernier qui est utilisé dans les centrales nucléaires comme combustible, et, pour atteindre la teneur "utile" en uranium 235 (soit 3 %), on l’enrichit de 0,7 à 3 % par divers procédés.


Tous jouent sur le fait qu’on trouve toujours une réaction chimique ou un procédé physique appropriés pour agir de façon différente sur les deux isotopes. On pourra, de cette façon, concentrer progressivement l’un d’eux jusqu’aux 3 % nécessaires. L’inconvénient, c’est que rien n’empêche de continuer la concentration progressive en uranium 235 bien au-delà des 3 % nécessaire pour l’industrie pour en arriver aux teneurs élevées à plus de 90 % en U 235 nécessaires pour fabriquer une bombe atomique.


Les procédés sont divers : en france, le seul utilisé industriellement est la diffusion gazeuse à travers une paroi qui laisse passer les deux isotopes à des vitesses différentes.


D’autres méthodes existent, comme celle de l’ultracentrifugation, qui utilise les masses légèrement différentes des deux isotopes pour les séparer (elle est utilisée en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas), ou bien celle de parois courbes, qui " courbent " différemment, suivant leurs poids, les deux isotopes réduits à l’état gazeux. on a même recours au laser.


La nouvelle méthode fraçaise d’enrichissement est fondée sur fe simples réactions chimiques quii, dans une solution liquide de sels d’uranium, font migrer les deux isotopes à des vitesses différentes. Elle aurait l’avantage d’être " moins sophistiquée " de pouvoir être extrapolée à de grandes dimensions industrielles, cela sans risques de réactions en chaine, étant donné que l’enrichissement s’arrète à 3 %. Surtout, elle permet de consomer deux fois moins d’énergie que la diffusion gazeuse (1.000 kWh par unité de travail de séparation - U.T.S.). Rappelons qu’il faut 4 U.T.S. pour obtenir 1 kg d’uranium enrichi à 3 %.


L’avantage capital de ce nouveau procédé d’enrichissement vis-à-vis du souci de le rendre "pacifique" est qu’il s’arrête aux 3 % de concentration en U 235 : il faudrait environ trente ans pour qu’il atteigne le "valeur militaire", alors qu’avec les autres procédés il faut compter de deux jours à deux ans.

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