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Page 12 - LE MONDE - 24-25 mai 1977

D’ UNE REGION A L’ AUTRE


Rhône-Alpes

LE CASINO DE CHARBONNIERES
VENDU AUX ENCHERES


La plus grande partie des actions (56 984 sur un total de 60 486) de la Société des eaux minérales de Charbonnières-les-Bains, qui exploite un établissement thermal, un hôtel trois étoiles, un restaurant et, bien sûr, un casino, l’ un des premiers de France, seront vendues aux enchères publiques le 1er juin prochain. Les adjudications définitives auront lieu le 3 juin.


Cette vente forcée intervient à la demande de la Société générale et de sa filiale, la Calif - Société de crédit à l’ industrie française, - désireuses de récupérer une créance de 14 870 232 francs sur les deux principaux actionnaires de la Société des eaux minérales.


Ces deux actionnaires, Vienne C.F.P. (Compagnie française de participation), société anonyme dont le P-D-G est M. Victor Trouiller, juge au tribunal de commerce de Vienne, et M. Garabed Pallobedrossian, promoteur immobilier, de Vienne également, détiennent respectivement 59,1% et 37% des actions de la société en question.


En 1973, ces deux actionnaires ont emprunté une somme de 13,6 millions de francs et se sont très vite trouvés dans l’ impossibilité d’ honorer les remboursements. Le projet immobilier qu’ ils avaient conçu - construction d’ un ensemble hôtelier et de loisirs, avec un golf ; réalisation d’ un lotissement de deux cents maisons individuelles, le tout implanté sur une partie des 115 hectares que possède la Société des eaux minérales à l’ ouest de Lyon - n’ ayant pu être mené à bien dans des détails brefs.


Le P.-D.G. de la Société des eaux minérales Charbonnières est, depuis 1975, date de la démission de M. Pailtobedrossian, M. Robert Vaquier de Braine, ancien notaire. Parmi les administrateurs, se trouvent ; M. Jacques Maziol, P.-D.G. de la Société d’ aménagement du Corbier, ancien ministre de la construction et du logement ; M. Becq de Fouquières, administrateur de l’ Express, beau-père de M. Jean-Jacques Bervan-Schreiber ; ancien au maire de de cette ville, il y a - (Coressp.)

L’ énergie hydraulique en renfort du nucléaire ?


M. Paul Delouvrier, président d’ E.D.F, s’ apprête à demander au gouvernement l’ autorisation de mettre en chantier deux centrales thermiques pour pallier le retard pris par le programme nucléaire. L’ énergie hydraulique, à laquelle le rapport de la "commission Pintat" avait voulu donner un second souffle en 1975, a-t-elle encore des chances ? La région Rhône-Alpes est naturellement intéressée au premier chef.


Lyon, - "hydraulique est arrivée à une fin au sens physique du mot ; il n’ est pas possible de laisser au personnel l’ illusion qu’ il peut y espérer un avenir quelconque." Cette condamnation avait été portée à la fin de 1973 par la direction de Région équipement hydraulique (REH) d’ E.D.F, secteur des Alpes du Nord. Elle avait déclenché une vive réaction de la part des syndicats, notamment ceux de Chambéry directement concernés.


Les objections faites alors, notamment par la C.F.T.C, et la C.G.T., sur la nécessité de reprendre l’ inventaire des ressources hydrauliques, effectué pour la dernière fois en 1962, et de maintenir les équipes d’ hydrauliciens susceptibles de réaliser des ouvrages nouveaux, se trouvèrent renforcées fin 1974 par la crise du pétrole. Le rapport de la commission d’ étude de la production d’ électricité d’ origine hydraulique et marémotrice - dite "commission Pintat". - rendu public en décembre 1975, contribua à redonner à l’ énergie hydraulique un second souffle.


Certes, les structures ont été administrativement remaniées : REH a été rebaptisée Région équipement Alpes-Lyon (REAL), et des ingénieurs nucléaires travaillent dans les bureaux savoyards. Mais l’ implantation à Chambéry des hydrauliciens, avec, à leur tête, un directeur adjoint chargé de l’ hydraulique, a été maintenue. Des crédits ont même été dégagés en 1976 pour le lancement d’ études sur des sites nouveaux et la réalisation de certains sondages préliminaires.


De notre correspondant régional


La vocation hydraulique de la région Rhône-Alpes s’ inscrit dans son relief. Au cours d’ une journée d’ étude organisée récemment par le Conseil économique et social de Rhône-Alpes, M. Camille Berrard, délégué régional de la production et du transport E.D.F. a précisé quel était l’ impact des équipements régionaux : avec une puissance hydraulique installée de 5 700 MW (mégawatts), Rhône-Alpes représente 33% de l’ équipement national et assure une production annuelle moyenne de 21 milliards de kWh (kilowatts-heures) soit 36% de la production nationale d’ électricité d’ origine hydraulique. Cette production est assurée principalement par E.D.F. (12,6 milliards de kWh) et par la C.N.R. (Compagnie nationale du Rhône, 8,3 milliards de kWh), le privé n’ intervenant que pour 400 millions de Kwh,


La C.N.R., chargée d’ équiper le Rhône dans le cadre de la réalisation à long terme de la liaison mer du Nord-Méditerranée, achève la construction de ces deux dernières ouvrages : à Péage-de-Roussillon (puissance 165 MW, production 880 millions de kWh, mise en service fin 1977) et à Vaugris (puissance 65 MW, production 335 millions de kWh, entrée en fonctionnement en 1980). A la suite des conclusions du rapport Pintat, la C.N.R. a été invitée à engager aussi rapidement que possible la construction de trois nouvelles centrales sur le haut Rhône ; Chaudagne (90 MW, 440 millions de kWh) et Belley (90 MW, 445 millions de kWh), pour lesquelles les enquêtes d’ utilité publique sont ouvertes ou sur le point de l’ être, et Bregnier-Cordon (75 MW, 360 millions de kWh). D’ autre part, la C.N.R. a été vivement encouragée à poursuivre les études de deux autres projets : Loyettes et Sault-Brenaz (au total 110 MW de puissance et 550 millions de kWh) qui pourraient être proposés à l’ enquête d’ utilité publique à la fin de cette année ou au début de 1978.


L’ E.D.F., pour sa part, termine deux importantes installations de pompage gravitaire à La Coche (Savoie, 310 MW, 415 millions de kWh) et au Cheylas (Isère, 480 MW, 610 millions de kWh). Cette chute, dernier maillon de l’ aménagement Arc-Isère, commencé au Mont-Cenis, a nécessité le percement de 28 kilomètres de longs, sous la chaîne de Belle-donne. L’ E.D.F. reprend également les études de rentabilité de la chute de Lagnieu-Proulieu (30 MW, 110 millions de kWh) sur le Rhône, pour laquelle une décision de construction plus rapide aurait permis d’ éviter deux tours de réfrigération atmosphérique à la centrale nucléaire de Bugey.


Même si des aléas modifiaient sensiblement les courbes exponentielles chères aux partisans de la croissance, qui prévoient un doublement des besoins énergétiques tous les dix ans - la consommation annuelle d’ électricité passant ainsi de 200 milliards de kWh en 1975 à 400 en 1985, - situation qui permettrait, en revanche, de réduire le nombre des centrales nucléaires, l’ hydraulique est appelée à se développer. D’ une part, parce qu’ elle participe aussi directement à la réduction du programme électronucléaire, d’ autre part parce qu’elle est techniquement indispensable pour accompagner ce programme. Le nucléaire présente en effet une "rigidité" telle dans la production d’ électricité qu’ il s’ adapte aux variations de la consommation, qui sont de l’ ordre de 15%. Or l’ hydraulique, en étendant le développement d’ autres sources de transfert d’ énergie, est seule capable de répondre à cette exigence.


Il suffit, par exemple, de trois minutes et demie pour que la centrale de Roselende passe d’ une puissance de 5 à 500 MW. Pour les responsables d’ E.D.F., "ce sont essentiellement les stations de transfert d’ énergie par pompage qui sont susceptibles d’ ouvrir à l’ emploi de l’ hydraulique les perspectives les plus substantielles". A partir de 1985, les centrales nucléaires produiront pendant la période estivale, juillet-août-septembre, entre 5 et 6 milliards de kWh "en trop". Cette électricité disponible, impossible à stocker, sera utilisée alors pour "remonter" dans les barrages des mètres cubes d’ eau qui seront ensuite turbinés pendant les moments de grande consommation Le principe du pompage peut être appliqué à des cycles quotidiens - l’ électricité produite la nuit et utilisée pour pomper l’ eau, lâchée ensuite aux heures de pointe - au hebdomadaires.


Dans cette perspective du développement du pompage, les hydrauliciens ont repris depuis un peu plus d’ un an des études sur des projets que leur direction leur avait fait un peu hâtivement abandonner en 1974. C’ est le cas du suréquipement de Bissorte, en Maurienne, et de la construction du barrage de Grand-Maison dans la vallée de l’ Eau-d’ Olle (Isère). Ce dernier ouvrage destiné au pompage saisonnier aura une puissance de 1200 à 1500 MW - soit une tranche à une tranche et demie de nucléaire - et sera mis en eau dans les années 1984-1985. Mais les ingénieurs ont également entrepris un recensement des sites susceptibles d’ être encore équipés. Parmi les douze possibilités retenues, certaines sont déjà connues comme l’ aménagement de la moyenne Isère en amont de en aval de Grenoble, pour lequel des trvaux préalables avaient même été entrepris. Le comité d’ expansion de l’ Isère, en liaison avec les services publics comme la préfecture et la régie municipale d’ électricité de Grenoble, a d’ ailleurs été chargé de coordonner les nouvelles études et proposera en Juin au conseil général de l’ Isère d’ adopter un schéma de travail.


Les nouveaux sites


Mais d’ autres sites sont nouveaux, comme le plan de la Laie, la Sarrière-Pierre-Giret (277 millions de kWh) au-dessus de Tignes ; l’ Ecot-Les-Evettes au-dessus de Bonnevai-sur-Arc ; Champagny-en-Vanoise en haute Tarentalse ; Le Motty ; Molinès-en-Champsaur ; les aménagements du haut Drac, de la vallée du Vénéon et de la Romanche dans l’ Oisans. Le site du Plan de la Laie dans le Beaufortain, pour lequel des sondages ont déjà été effectués, a atteint le stade de l’ étude dite préliminaire. Cet ouvrage de 120 mètres de hauteur, 65 millions de mètres cubes et d’ un coût de 230 millions de francs, permettrait de transférer 250 millions de kWh de l’ été en hiver.


L’ ensemble des sites inventoriés représenterait, s’ il était réalisé, de 5.000 à 6.000 MW soit à peu près six tranches de nucléaire. Mais tous les projets ne verront sans doute pas le jour Champagny, par exemple, qui exigerait de recouvrir un village et trois hameaux, ne sortira peut-être jamais des cartons, même si les hydrauliciens attribuent à ce site le titre de "plus belle cuvette des Alpes". De même le projet de réservoir de 80 millions de mètres cubes au-dessus de Bonnevai-sur-Arc, qui noierait les vallées supérieures de l’ Arc et celle de l’ Evette, risque de déclencher une vive hostilité. Pour s’ opposer à la construction du barrage du plan de la Laie, un comité de défendre et de sauvegarde du Beaufortain s’ est d’ ailleurs déjà constitué et a reçu le soutien de très nombreuses associations ou syndicats.


BERNARD ELIE.

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