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10/11/77

économie
Le Monde
ENERGIE


En France, la création du conseil d’ information électronucléaire
pourrait relancer le débat sur le programme nucléaire


Le conseil des ministres de ce mercredi 9 novembre devait adopter le décret créant un conseil d’ information électronucléaire ("le Monde" du 6 octobre).


L’ idée de cet organisme avait été lancée par M. Valéry Giscard d’ Estaing le 23 août dernier, à Vallouise (Hautes-Alpes). Ce conseil sera chargé de rassembler toutes les pièces du "dossier" nucléaire, de commander s’ il le juge nécessaire des études complémentaires et d’ apporter au public les réponses aux questions techniques, écologiques et économiques qu’ il se pose sur l’ énergie électronucléaire.


Composé d’ experts de l’ environnement et d’ écologistes, ce conseil était attendu avec intérêt par tous ceux qui, ingénieurs de l’ E.D.F. ou écologistes, s’ efforcent depuis des années d’ informer les Français sur les avantages et les dangers du programme électronucléaire. Mais il ne semble pas que les uns ou les autres aient été consultés. Les fonctionnaires du ministère de la culture et de l’ environnement et ceux du ministère de l’ industrie qui ont préparé le décret ont travaillé avec une particulière discrétion.


C’ est pourquoi un certain scepticisme prévaut chez les opposants du nucléaire. Ils font remarquer que par deux fois déjà, en 1975, on avait promis de "tout dire" aux Français. Mais le Livre blanc qui avait été préparé par la délégation à l’ information est resté dans les tiroirs, et le haut comité de l’ environnement, qui devait "étudier les précautions à prendre concernant l’ énergie nucléaire", n’ en a rien fait. Ils font observer encore que "sur le terrain" tout se passe comme si le gouvernement était décidé à réaliser son programme contre vents et marées, autorisant même l’ E.D.F. à commencer les travaux (comme à Cruas-Meysse, en Ardèche), alors que le Conseil d’ Etat ne s’ est pas prononcé sur leur utilité publique.


La volonté d’ ouvrir les dossiers vient cette fois directement de l’ Elysée, mais elle a eu du mal à s’ imposer. Plusieurs membres du gouvernement n’ y étaient guère favorables, et, jusqu’au dernier moment, on a redouté qu’ ils ne persuadent le président de renoncer à la mentionner dans son discours de Vallouise. Ensuite, la mise au point du conseil ne s’ est pas faite sans tiraillements. Les services de l’ industrie, ceux de l’ environnement et Matignon ne parvenaient pas à se mettre d’ accord sur le degré de "pouvoirs" qu’ on accorderait au nouvel organisme.


Lors de la préparation du budget de l’ environnement, M. René Rieubon (P.C.), rapporteur de ce budget au nom de la commission des finances, avait demandé au ministère de M. d’ Ornano quels étaient les incidences écologiques du programme électronucléaire. Réponse : "Nous ne sommes pas compétents pour répondre à cette question." La commission avait protesté contre cette "réticence incompréhensible" et fait remarquer : "Le renouvellement de cette attitude, depuis trois ans, préjuge mal des actions d’ information de l’ opinion publique, dont le gouvernement a enfin reconnu la nécessité."


Informations ou silence ?


En fait, les tenants du programme électronucléaire craignent que la diffusion d’ informations sur ces épineuses questions ne soient plus néfastes que le silence. Les sondages effectués par l’ E.D.F. depuis trois ans (le Monde du 16 octobre) montrent en effet que les Français, en dépit ou à cause de l’ information contradictoire qui leur a été jusqu’ici proposée, sont de plus en plus méfiants à l’ égard des centrales nucléaires.


Aussi a-t-on décidé à l’ Elysée, malgré tous les obstacles, de créer le conseil d’ information. Qu’ on le veuille ou non, c’ est une façon de rouvrir le débat nucléaire trois ans après l’ option énergétique prise en mars 1974. Elle paraît d’ autant plus opportune - ou habile- que les partis de l’ opposition, qui ne s’ étaient pas manifestés à l’ époque, ont aujourd’hui des attitudes plus tranchées. Ainsi le parti socialiste, se ralliant à une idée prônée par les écologistes depuis 1973, a-t-il confirmé le 19 octobre dernier qu’ en cas de victoire aux élections de 1978 son parti proposerait un moratoire de dix-huit mois à deux ans. Cette pause pourrait être mise à profit pour consulter les Français par référendum.


Le nouveau conseil d’ information vient donc à point nommé, mais, en dépit de ses bonnes intentions, on peut se demander s’ il ne sera pas "dépassé par les événements ". Car l’ option nucléaire n’ est pas seulement un choix technique. C’ est aujourd’hui un dossier politique et demain sans doute un sujet de controverse - pour ne pas dire de surenchère - électorale.


MARC-AMBROISE RENDU.


Aux Etats-Unis, le président Carter
cherche un soutien pour son programme


Washington (A.F.P.) - Le président Carter a lancé mardi soir 8 novembre un appel au peuple américain pour qu’ il soutienne son programme énergétique et a menacé d’ opposer son veto à tout texte de loi qu’ il jugerait insuffisant dans ce domaine.


Prononçant sa première allocution télévisée à l’ adresse de tout le pays depuis avril dernier, le président des Etats-Unis a établi un lien direct entre le coût des importations de pétrole et le chômage. " Chaque augmentation de 5 milliards de dollars des importations pétrolières coûte environ deux cent mille emplois aux Etats-Unis", a-t-il dit en soulignant que les sommes consacrées à ces achats pourraient être utilisées pour des investissements créateurs d’ emplois (1 dollar = 4,90F).


M. Carter s’ est gardé de toute critique à l’ égard du Congrès, "Cela n’ est pas une épreuve de force entre le président et le Congrès, ni entre la Chambre et le Sénat, a-t-il déclaré. Ce qui est en jeu, c’ est la force et la volonté de notre pays, c’ est la question de savoir si nous pouvons ensemble prendre conscience d’ une menace et faire face à un grave défi."


Le président n’ a pas, non plus, attaqué de front les compagnies pétrolières qu’ il avait accusées le mois dernier de se conduire en "profiteurs de guerre". Il s’ est contenté de noter que "certains continuent à chercher un gain personnel aux dépens de l’ intérêt national". Il s’ est catégoriquement opposé, de nouveau, à la libération des prix du gaz naturel votée par le Sénat, qui, a-t-il dit, coûterait 70 milliards de dollars aux consommateurs d’ ici à 1985.


M. Carter a dit que, depuis 1973, le Japon, l’ Allemagne, la France, la Grande-Bretagne et l’ Italie ont réduit leurs importations de pétrole alors que les Etats-Unis ont augmenté les leurs de 40%


Pas de libération
du prix du gaz naturel


Le président a précisé que la loi sur l’ énergie , à laquelle travaille actuellement une commission de sénateurs et de représentants, devra encourager la production et la conservation d’ énergie , être équitable pour les producteurs et les consommateurs et ne pas grever trop lourdement le budget "Je ne signerai les textes de loi que s’ ils répondent à ces critères", a-t-il conclu.


D’ autres part, le président a donné mardi son approbation définitive à la construction d’ un gazoduc de près de 7500 kilomètres entre l’ Alaska et l’ est des Etats-Unis. Le coût de ce gazoduc la plus importante construction qui n’ ait jamais été entreprise par des intérêts privés, est désormais estimé à 14 milliards de dollars, soit 4 milliards de dollars de plus que prévu initialement.


Dès 1983, ce gazoduc devrait pouvoir acheminer environ 3,6 milliards de pieds-cubes par jour (1 pied-cubes = 0,0283 mètre cube), soit environ 5% des besoins américains en gaz naturel, qui compte pour un quart de l’ énergie utilisée dans le pays.

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