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24/12/77

DEVANT LA SUSPENSION DU CONTRAT AMÉRICAIN
L’Afrique du Sud construit sa propre usine d’enrichissement de l’uranium


La République Sud-Africaine commencera prochainement la construction d’une usine commerciale d’enrichissement de l’uranium, selon le quotidien britannique Financial Times de ce vendredi 23 décembre, Un contrat de 500 millions de rands (2 175 millions de francs) aurait été signé entre la Corporation de l’uranium enrichi et le groupe sud-africain Murray and Roberts, qui a déjà construit l’atelier-pilote d’enrichissement de Valindaba, au nord-ouest de Johannesburg. C’est au voisinage immédiat de cet atelier-pilote que serait construite l’usine. Une annonce officielle du gouvernement est attendue dans les premiers jours de 1978, et les travaux pourraient commencer en février. La capacité de l’usine ne sera fixée qu’à la fin de l’année.


La décision sud-africaine n’est une surprise que par sa date. Le premier ministre, M.Vorster, avait annoncé le 20 juillet 1970 son intention d’entreprendre un vaste programme d’énergie nucléaire (environ
20 000 mégawatts à la fin du siècle) et précisé que cela impliquait une production autonome d’uranium enrichi. Simultanément, il révélait la mise au point d’un procédé nouveau d’enrichissement - dont on sait maintenant qu’il n’est qu’une variante du procédé aérodynamique conçu par le professeur Becker, à l’université allemande de Karisruhe (le Monde du 18 mai).


La construction de l’atelier-pilote d’enrichissement de Valindaba était entreprise. Cet atelier a été mis en service en 1975 et il a été suivi par la construction d’un prototype de module commercial d’enrichissement, d’une capacité de 6 000 UTS L’unité de travail de séparation isotopique (UTS) mesure la capacité d’enrichissement d’une usine. Il faut environ 3 800 UTS pour produire une tonne d’uranium "civil" enrichi à 3% à partir de 5,9 tonnes d’uranium naturel. par an. En novembre 1975, le ministre sud-africain des mines annonçait l’intention de construire une usine commerciale dont la capacité - sans doute 5 ou 10 millions d’UTS, - serait fixée à la fin de 1978. On attendait donc la décision pour cette date. Mais la "modularité" du procédé permet de commencer la construction sans avoir fixé définitivement la capacité.


La menace américaine de ne pas livrer d’uranium enrichi à Pretoria a probablement précipité la décision.
Le président Carter semble décidé à ne pas fournir d’uranium enrichi nécessaire à la première centrale sud-africaine et, de plus, ne veut pas rembourser les arrhes déjà versées sous prétexte qu’il ne s’agit que d’une suspension provisoire. Rappelons que la République d’Afrique du Sud a commandé à un consortium français la construction de ses deux premières centrales à Koeberg, près du Cap : l’une sera mise en service en 1982, l’autre l’année suivante.


La construction d’une usine d’enrichissement renforcera la capacité sud-africaine d’armement nucléaire, mais l’atelier de Valindaba lui donnait déjà la possibilité de fabriquer des bombes. Le gouvernement sud-africain a toujours démenti cette fabrication, mais, en août dernier, des satellites soviétiques décelaient la préparation d’une explosion nucléaire dans le désert du Kalahari. Confirmation en était donnée par un satellite de reconnaissance américain, et une sévère mise en garde était adressée à Pretoria par plusieurs pays, dont la France. - M.A.

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