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Page 4 - LE MONDE - 16 juillet 1977

DIPLOMATIE


La visite de M. Schmidt à Washington
n’ a pas supprimé les "petites" divergences


De notre correspondant


Washington. - A s’ en tenir aux déclarations des porte-parole ouest-allemand et américain et de M. Schmidt lui-même, la visite à Washington que le chancelier d’ Allemagne fédérale a terminée jeudi 14 juillet a permis de réduire ses "petites" divergences de vues avec M. Carter. Le président américain et le chancelier estiment au demeurant qu’ elles avaient été "exagérées" par la presse.


A la Maison Blanche, on fait état d’ "étroites consultations" qui auraient abouti à un accord "fondamental" sur les questions majeures.


Il est vrai que le président et le chancelier étaient déterminés à afficher leur entente, en tout cas à laisser dans l’ ombre les points de friction et à mettre en lumière les convergences de vues. Un excellent climat avait été créé par l’ allocution de bienvenue de M. Carter : "Il n’ y a pas de désaccord entre nous", avait-il dit, tandis que son interlocuteur répondait : "L’ amitié entre nous n’ a jamais été aussi forte...". Apparemment, cette atmosphère s’ est maintenue jusqu’au bout entre ce que le chancelier Schmidt a appelé de "très bons cousins". Il est certain que, des deux côtés, on a senti la nécessité de serrer les coudes dans une situation pleine d’ incertitudes.


Néanmoins, il ne semble pas que sur des problèmes fondamentaux les deux hommes aient modifié sensiblement ou assoupli des attitudes déterminées par des préoccupations différentes dictées par la situation géographique et un statut politique différent. Ainsi, au sujet des droits de l’ homme, le chancelier a souligné dans son discours au Press Club que le problème ne posait pas de la même façon aux deux pays. Evoquant le retour en Allemagne fédérale de soixante-cinq mille Allemands venus de l’ Est, le chancelier a dit : "C’ est cela la vraie, la tangible, la vivante détente." Mais il a ajouté qu’ il ne fermait pas les yeux sur les injustices. "Il s’ agit en fait de trouver des réponses pratiques à des problèmes concrets", a-t-il dit encore, en dissimulant mal sa sympathie pour la diplomatie traditionnelle et "secrète" de M. Kissinger.


Des deux côtés, on affirme que les Etats-Unis et l’ Allemagne fédérale sont entièrement d’ accord sur la stratégie à suivre à la conférence de Belgarde (C.S.C.E.). Du côté américain on indiquait qu’ en dénonçant les atteintes aux droits de l’ homme M. Carter ne visait pas seulement l’ Union soviétique et ne voulait embarrasser personne. On (C.S.C.E.). Du côté américain, on Allemagne divisée ne puisse être aussi explicite et ferme dans sa défense des droits de l’ homme que les Américains, favorables à la "moralisation" de la politique étrangère.


De même, après s’ être félicité du rapprochement intervenu depuis le "sommet" de Londres sur les problèmes nucléaires, le chancelier Schmidt, évoquant la situation de l’ Allemagne fédérale, grande importatrice d’ énergie, a ajouté qu’ il était extrêmement important de ne pas juger des affaires nucléaires du seul point de vue la prolifération et qu’ il fallait considérer l’ importance vitale de l’ atome comme source d’ énergie. En échange de sa décision d’ interdire temporairement les exportations d’ usines de retraitement de combustible irradié, l’ Allemagne fédérale escompte bien recevoir en retour de l’ uranium et du matériel nucléaire américain. Rappelant que l’ Allemagne fédérale avait approuvé et ratifié le traité de non-prolifération, le chancelier a insisté sur la nécessité de définir dans un cadre international les mesures de sauvegarde supplémentaires.


Parlant de l’ économie, MM. Carter et Schmidt se sont félicités de la coopération entre les Occidentaux, qui a favorisé un mouvement de reprise, et des mesures prises contre l’ inflation. Ainsi, les deux hommes se sont-ils retrouvés avec satisfaction dans le camp de l’ orthodoxie. Néanmoins, M. Schmidt n’ a pas manqué de souligner que le taux d’ inflation américain était encore trop élevé, et il a dénoncé les tendances américaines au protectionnisme.


HENRI PIERRE

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