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Page 22 - LE MONDE - 21 juillet 1977

LA VIE ÉCONO


Libres opinions
Une deuxième relance charbonnière


par ANDRÉ BILLOUS Député socialiste du Tarn, président du groupe parlementaire d’étude des problèmes miniers.


La relance charbonnière de 1974 a, en fait, permis de stabiliser en 1975, à un niveau sensiblement égal à celui de l’année précédente, la production nationale de charbon qui régressait depuis plusieurs années à un rythme d’environ 3 millions de tonnes par an. A échéance de 1983, la France produirait donc encore 18 millions de tonnes de charbon alors que les plans de régression antérieurs à la hausse du prix du pétrole envisageaient une production de 12 millions de tonnes.


Cependant, cette modification des perspectives se traduit pour les houillères nationales par une aggravation de la perte nette avant subvention : 1,6 milliard de francs en 1974 ; 2,3 milliards en 1975 : 3 milliards en 1976. Certains utilisent ses résultats financiers pour contrecarrer l’attribution aux Charbonnages de nouvelles aides à l’investissement. En fait, ces résultats tiennent à la nature d’une industrie lourde comme celle du charbon. En 1974, nos houillères étaient dans la situation d’un train lancé à toute vitesse sur une pente descendante.


Le changement de cap qui a été adopté a entraîné un bouleversement des perspectives de l’entreprise et l’aggravation du déficit traduit la revalorisation des salaires des mineurs, l’augmentation du coût des fournitures et une certaine dégradation des rendements, cette baisse de la production étant due aux contraintes liées à la formation des nouveaux embauchés et à la relance de certaines exploitations. D’autre part, les contraintes du programme de lutte contre l’inflation lancé par les pouvoirs publics aboutissent, ainsi que le souligne la commission des finances de l’Assemblée nationale dans son rapport sur le collectif budgétaire pour 1977, à des situations anti-économiques. La commission des finances relève qu’au 1er mars 1977 le prix de vente en gros du charbon à usage domestique importé de R.F.A. et d’U.R.S.S. est supérieur de 12 à 74% à celui du charbon vendu par les houillères du Nord et du Pas-de-Calais.
D’autre part, les Charbonnages de France vendent à E.D.F. du charbon-centrale à un prix très inférieur au prix moyen du fuel, ce qui entraîne une porte de recettes de 350 millions de francs pour les houillères. Enfin, à l’heure actuelle, la crise de la sidérurgie n’améliore pas la situation de nos producteurs de houille.


Il est pourtant nécessaire de ne pas relâcher les efforts entrepris depuis 1974 et même de les amplifier quelque peu. Même si l’on se contente de rester dans le cadre du programme défini par les pouvoirs publics, compte tenu à la fois du retard pris par le plan nucléaire et de la prolongation corrélative de notre dépendance vis-à-vis du pétrole, il importe de développer ce qui est - hormis le gaz de Lacq et l’hydro-électricité - notre seule source nationale d’énergie : les gains en devises et la moindre dépendance à l’égard de l’étranger justifient les quelques dizaines de millions de francs supplémentaires nécessaires à une bonne gestion de nos bassins houillers. A titre d’exemple, il suffit d’accepter d’embaucher une centaine de mineurs par an pendant trois ans à Carmaux pour continuer à fournir au pays 400 000 tonnes de charbon à coke par an pendant dix ans.


Ces propositions raisonnables devraient recueillir l’adhésion rapide des pouvoirs publics. Mais il faut aller sans doute plus loin et concevoir une nouvelle relance charbonnière basée sur le maintien ou l’extension des débouchés que représentent les centrales électriques pour notre production de houille. Le programme nucléaire, nous l’avons dit, subit des retards significatifs : on mesure ainsi ce qu’il en coûte de vouloir imposer une industrie nouvelle à une population qui mesure chaque jour davantage les échecs de la conduite technocratique de notre économie. Le président Delouvrier, qui a tiré les leçons de cet état de choses, a annoncé le 18 mai qu’E.D.F. allait demander au gouvernement l’autorisation de construire deux centrales thermiques représentant 1 400 mégawatts. Il faut que ces centrales utilisent le charbon comme combustible, tout comme doivent basculer vers l’utilisation du charbon les centrales (représentant 1 500 mégawatts) existant actuellement et qui consomment du fuel, bien qu’elles soient convertibles au charbon. Même si la production nationale de charbon se révélait insuffisante à long terme pour l’approvisionnement de ces centrales. Il faut souligner qu’il est de notre intérêt de diversifier nos approvisionnements énergétiques : grâce au charbon, nous pourrions diminuer notre dépendance vis-à-vis des pays pétroliers. En outre, nos achats de charbon pourraient peut-être se faire dans un cadre plus équilibré d’échanges, alors que nos exportations en direction des pays producteurs de pétrole plafonnent.


Voilà un objectif qui correspond tout à la fois à la logique et à la nécessité.

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