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    2009.















le 12.6.77

LA COOPÉRATION NUCLÉAIRE FRANCO-SOVIÉTIQUE


UNE CONVERGENCE D’ANALYSE


l’échange de documents entre la France et l’Union soviétique sur les techniques respectives de réacteurs à neutrons rapides n’a pas une importance technique considérable : à bien des égards , il s’agit essentiellement de la concrétisation , a un instant donné , d’une coopération ancienne (elle date de 1967) et constante puis-qu’il y a chaque années des missions de techniciens français en U.R.S.S. et réciproquement .


Ce qui paraît , en revanche , plus significatif , est le choix de la date choisie pour procéder à cet échange de dossiers . Un peu plus de deux mois après l’annonce de la «  croisade  » du président Carter contre les risques de la prolifération nucléaire , concrétisée par l’ajournement sine die du retraitement aux Etats - Unis et le retard apporté au lancement du prototype industriel de surrégénérateur , la France et L’Union soviétique proclament haut et fort le parallélisme de leur analyse .


Les deux pays estiment que le monde a non seulement besoin du nucléaire , pour faire face à une demande croissante d’énergie , mais aussi - et surtout - de ce passage à la vitesse supérieure que représente l’adoption des filières à neutrons rapides (surrégénérateurs notamment ) .


Le geste franco-soviétique prend un relief plus particulier encore quand on le rapproche des discussions entamées cette semaine à Paris au sein du groupe d’experts mis sur pied au sommet de Londres à l’instigation des Américains et qui réunit des représentants de sept pays (France , Etats-Unis , Grande-Bretagne , Allemagne fédérale , Japon , Canada et Australie ).


Il semble que , des leur première rencontre , les experts ,’aient pu trouver un terrain d’entente . Suivis par le Canada et l’Australie , les Etats- Unis , selon certaines informations , auraient tenté une nouvelles fois de contester les contrats entre la France et le Pakistan d’une part , l’Allemagne fédérale et le Brésil d’autre part , contrats prévoyant dans les deux cas la livraison d’installations de retraitement .


Le communique publié vendredi 10 juin à l’Elysée au terme de la réunion du conseil de politique nucléaire extérieure rappelle que «  l’objet (du groupe d’experts ) est de réaliser une analyse préliminaire des meilleurs moyens techniques de faire face aux besoins énergétiques mondiaux , tout en évitant le danger de diffusion des armes nucléaires  » ce qui , au lendemain des premières réunions des experts , n’est pas loin de ressembler à un rappel en règlement , voire un coup de poing sur la table.


L’isolement croissant
des Etats-Unis


Au demeurent , on ne se cache pas , dans les milieux français , que c’est essentiellement pour des raisons politiques que Paris n’a pas décliné l’invitation américaine . Manifestement , on ne pense pas que les travaux de ce comité puissent aboutir à un résultat concret , notamment pour ce qui concerne la recherche de cycles de combustible plus « sûrs » dans l’optique de la prolifération (par exemple le cycle thorium-uranium au lieu du cycle uranium-plutonium) . Aussi , faite-on remarquer à Paris , il y a longtemps qu’une telle alternative a été étudie par le commissariat à l’énergie atomique (C.E.A.) mais ces études ont fini par aboutir dans «  le placard aux idées éculées  » . Finalement estiment les milieux française , la seule conclusion que pourrait tirer la France de ces travaux , c’est qu’elle a raison de maintenir son analyse et de progresser dans le domaine des surrégénérateurs et du retraitement .


Certains experts vont même plus loin , et prophétisent une issue encore plus spectaculaire : d’ici quelques années - deux à trois va-t-on même jusqu’à dire , --- et une fois relance le programme nucléaire «  classique  » américain n grâce aux milieux écologiques et à l’accélération des procédures administratives , les Etats - Unis n’auraient plus qu’à constater que « tout bien réfléchit  » , il faut retraiter et lancer les surrégénérateurs . Avec un peut de chance , les pressions américaines sur l’Europe et le Japon , auraient eu suffisamment d’effet pour permettre aux Etats-Unis de reprendre la direction des opérations dans des domaine qui tendent aujourd’hui à leur échapper .


Sans aller aussi loin dans l’analyse , force est de constater l’isolement croissant des Américains , seulement soutenues par Australie et le Canada , et la convergence d’analyse entre la France , l’Allemagne fédérale et l’Union soviétique , convergence que devraient vivement souligner les prochaines rencontres de M. Valéry Giscard d’Estaing avec MM. Helmut Schmidt et Leonid Brejnev .


Sur ce dernier point , l’insistance qu’a mise vendredi à Paris l’ambassadeur soviétique à questionner l’administrateur général délégué du C.F.A. M. André Giraud , sur le nouveau procédé français « non-proliférant » d’enrichissement de l’uranium ( le Monde du 8-9 mai ) a surpris plus d’un observateurs , y compris parmi les officiels français . Certaines en ont même tiré la conclusion que , sur ce point , la coopération nucléaire franco-soviétique pourrait bien , à l’occasion de la visite à Paris de M. Brejnev , du 20 au 22 juin prochain , franchir une nouvelle étape .


XAVIER WEEGER

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