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LE MONDE - 4 juillet 1974 - Page 27

VIE ÉCONOMIQUE ET SOCIALE
ÉNERGIE


Vers une épreuve de force entre le gouvernement français
et les compagnies pétrolières ?


Va-t-on vers une épreuve de force entre le gouvernement et les compagnies pétrolières ? Ces dernières développent depuis plusieurs semaines une campagne de plus en plus pressante pour obtenir des autorités un nouveau relèvement des tarifs pétroliers. Leur argument peut être résumé ainsi : leurs activités sur le territoire français leur font perdre de l’ argent.


Du côté du gouvernement on fait la sourde oreille. Le fuel industriel a déjà été augmenté le 15 juin dernier de 10% et le fuel domestique de 6% en moyenne. Et l’ on estime que pour le moment ces hausses devraient suffire à calmer l’ inquiétude des nombreux pétroliers.


Sans doute la délégation générale à l’ énergie a-t-elle pratiquement épousé la thèse des compagnies. De même dans son rapport sur l’ énergie au Conseil économique et social M. Pagès s’ est très clairement prononcé en faveur de la vérité des prix, en matière pétrolière notamment (le Monde du 3 juillet). Mais même au ministère de l’ industrie on traîne des pieds, puisqu’ on n’ a pas encore saisi officiellement le ministère de l’ économie et des finances du dossier. Quant aux fonctionnaires de la Rue de Rivoli, ils ne paraissent pas convaincus du "drame" que vivent les compagnies. Et, de toute façon ils ont les yeux rivés sur l’ indice des prix.


Sans doute si l’ on plaçait sur un plan strictement économique, on ne pourrait qu’ admettre que la cohérence du marché exigerait que, comme l’ écrivait M. Pagès, on cesse de subventionner la consommation de produits pétroliers par des prix trop bas, surtout à un moment où on cherche à économique l’ énergie.


Mais dans la conjoncture actuelle il s’ agit pour le gouvernement de lutter contre la hausse des prix par tous les moyens, même irrationnels. Dès lors, tout dépend du rapport des forces qui existe entre les autorités et les grandes compagnies. Ces dernières iront-elles jusqu’à cesser d’ approvisionner le marché français, comme elles l’ ont fait en Belgique ? Se retireront-elles finalement, comme certains l’ ont fait en Italie ? Mais peut-on faire "ça" à la France de M. Giscard d’ Estaing ?


Apparemment du côté des pouvoirs publics, on ne le craint pas ; la tactique pourrait être décrite par cette formule : "Messieurs les pétroliers, tirez les premiers." D’ ailleurs, pourrait-on ajouter, les grandes compagnies ont fait des bénéfices considérables ces derniers temps, et si la France est pour leurs filiales une "zone de bon profit" ne peuvent-elles se rattraper ailleurs ? Sans doute la compagnie nationale Elf perd de l’ argent. Mais, répond-on, c’ est un cas particulier qui demande des solutions particulières.


Cependant, si le gouvernement se refuse à utiliser l’ arme des prix pour obliger les Français à économiser l’ énergie, il faudra bien s’ il veut atteindre cet objectif qu’ il prenne des mesures autoritaires. Et qu’ il les prenne rapidement. Déjà la perspective d’ un rationnement en automne a incité les utilisateurs de fuel domestique et les revendeurs, en plein mois de juin, à doubler, dit-on, leurs commandes. Aussi en attendant la mise en place du plan d’ automne (voir d’ autre part la déclaration de M. d’ Ornano), des "mesures intérimaires" vont être prises incessamment, par arrêté interministériel, pour que cesse ce stockage de précaution qui, l’ an dernier avait désorganisé le marché : les raffineurs titulaires d’ autorisations spéciales ne pourront livrer que des quantités égales à celles de l’ an dernier à pareille époque et les revendeurs, seulement 95%.


Le fuel domestique représente 41% environ de la consommation française d’ hydrocarbures, et si la crise pétrolière n’ a pas trop fait sentir ses effets, cette année. c’ est grâce à l’ exceptionnelle clémence de l’ hiver. En sera-t-il de même l’ an prochain ?


La BANQUE HERSTATT - LUXEMBOURG. filiale de la banque allemande mise en liquidation la semaine dernière, a dû cesser toute activité après que le commissaire au contrôle des banques luxembourgeois lui eut retiré le 29 juin sa licence. - (A.F.P.)


PHILIPPE SIMONNOT.


L’ U.R.S.S. REFUSE DE PAYER
LE GAZ IRANIEN
AU NOUVEAU PRIX
FIXÉ PAR TÉHÉRAN


Téhéran (A.P., U.P.I.). - Selon la presse de Téhéran, l’ Iran a décidé unilatéralement de doubler le prix du gaz qu’ il vend à l’ U.R.S.S. (10 millions de mètres cubes par an), le faisant passer de 30,7 cents à 62 cents de dollar américain pour 1 000 mètres cubes à compter du 1er janvier 1974. Toujours selon la presse iranienne, les Soviétiques refusent de payer le nouveau prix arguant qu’ ils ont aidé l’ Iran à construire des barrages sur les rivières frontalières Aras et Atrak, sans parler de la première usine sidérurgique du pays, à Ispahan.


A l’ origine (l’ accord soviéto-iranien sur le gaz date de 1966), le prix avait été fixé à 18 cents. Il avait été révisé une première fois en 1972 et porté à 30,7 cents, au moment où le prix du pétrole commençait à augmenter.


Téhéran annonce d’ autre part qu’ en application des dernières décisions de l’ OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole), le prix de vente du pétrole iranien léger est passé de 7 dollars (correspondant au prix affiché depuis décembre 1973 de 11,651 dollars) à 7,107 dollars le baril.

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