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U-004-071

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  • Les trois ouvrages de J. Baulin : Conseiller du président Diori, La politique africaine d’Houphouët-Boigny et La politique intérieure d’Houphouët-Boigny
    seront disponibles sur le site en version iBook et en version Pdf dès septembre
    2009.















Banque mondiale


Inquitétudes de McNamara


M. Robert McNamara en visite en Côte l’Ivoire


Le dernier rapport de la Banque mondiale sur les respectives économiques des pays du Tiers monde est un cri d’armes en même temps qu’un appel aux Etats riches , plus particulièrement à ces « nouveaux riches » que sont les pays producteurs de pétrole . Les experts de la Bird font une double constatation :


D’ici a 1980 , les Etats les plus pauvres connaîtront , si rien n’est fait , un taux de croissance si faible que revenu par habitant y sera pratiquement nulle . Pour combler le seul déficit du à l’inflation , il leur faudrait de 3 à 4 milliards de dollars de plus que prévu en 1974 et 1975 . Cette « rallonge » devrait atteindre de 12 à 13 milliards de dollars à la fin de la décennie pour fournir une aide globale d’environ 30 milliards .


Dans le même temps , les réserves monétaires des pays de l’Opep (Organisation des pays producteurs et exportateurs de pétrole) passeront de 26 milliards de dollars (en 1973) à 653 milliards . En 1985 , elles atteindront la somme fabuleuse de 1 206 milliards dont 996 pour le Koweït , la Libye , Qatar , l’Arabie saoudite et les émirats.
La Banque mondiale doit donc se donner les moyens d’écrêter le « gross tas » des uns pour combler le « gros trou » des autres . En fait , le document de la banque distingue trois groupes de pays parmi les Etats producteurs de pétrole : l’Indonésie , le Nigeria et l’Equateur , qui ont « pleinement besoin de leurs revenus pétroliers pour financer leur propre développement » : l’Iran , le Venezuela et l’Algérie qui peuvent consacrer une part de leur surplus — qui serait déterminée en fonction de leur PNB --- à l’aide aux pays sous-développés : les « super - riches » du Golfe , enfin , qui , eux , peuvent faire beaucoup plus .


Pour ces derniers , le montant de l’aide devrait être fixé en tenant compte non seulement de leur PNB , mais aussi du niveau de leur revenu par habitant . Ce dernier paramètre est en effet le plus significatif dans ces pays sous-peuplés . Ainsi le Koweït aurait en 1980 , avec 13 600 dollars , le revenu annuel par habitant le plus élevé du monde .


Seulement , comme avant eux , les pays occidentaux , les riches producteurs d’or noir sont peu désireux de multiplier les investissements ou les prêts , certes généreux mais peu lucratifs , que constitué l’aide les pays les plus pauvres touchés par la hausse des prix du pétrole est acquis , il semble bien que les pays arabes producteurs de pétrole n’iront pas beaucoup au-delà . Ils sont davantage tentés d’investir dans le monde occidental qui peut leur fournir des occasions de placements rentables .


Depuis peu , plusieurs pays arabes , suivant l’exemple de l’Iran qui a racheté une partie du capital de Krupp en Allemagne (JA n° 708) , s’orientent vers des prises de participation dans des sociétés américaines ou européennes . Le Koweït a créé à Londres un bureau d’investissements et s’apprête à faire de même dans plusieurs capitales européens . Il s’est déjà rendu propriétaire d’actions dans plusieurs sociétés anglaises , notamment dans le secteur de la pétrochimie . Le président de la Bird , M. McNamara , veut « restructurer » la Banque mondiale pour se donner les moyens d’attirer massivement vers le Tiers monde les arabodollars .
L’intention est louable . Il est pourtant douteux qu’il réussisse à obtenir des Américains ou des Européens .

brésil-chine


La voix de la nécessité


Après sept ans de mutuelle ignorance et trois ans de relations purement commerciales , la Chine populaire et le Brésil ont annoncé , le jeudi 15 août , le rétablissement de leurs relations diplomatiques .
Du même coup , le Brésil rompt ses relations avec Taïwan et déclare « prendre acte des revendications territoriales de Pékin sur Formose ».


C’est à l’occasion de la visite à Brasilia du vice-ministre chinoise du commerce extérieur , M. Chen-Chen , qu’ont été publiés le communiqué commun et l’annonce de l’échange d’ambassadeurs , « dans les plus brefs délais » . Un accord de commerce et de transport maritime devrait d’ailleurs suivre de près cette normalisation diplomatiques . Les possibilités de développement des exportations qu’offre le marché chinois expliquent pour l’essentiel la décision brésilienne . En effet , ce pays , ou les militaires au pouvoir pratiquent un anticommunisme de choc , appliquait jusqu’à ces toutes dernières années une politiques étrangères dite des « frontières idéologiques » . Mais le déficit croissant de sa balance commerciale appelait plus de réalisme . . .


Pour la Chine , qui aurait subordonné l’augmentation de ses échanges commerciaux (60 millions de dollars en 1973 pour ses exportations brésiliennes ) à sa reconnaissance par Brasilia , cette normalisation marque un pas important : le continent latino-américain est le seul du Tiers monde où elle demeure sous-représentée . En effet , sur les 97 pays qui reconnaissent Pékin , 10 seulement sont des Etats d’Amérique latine ou des Caraïbes (Venezuela , Cuba , Pérou , Argentine , Mexique , Guyane , Trinidad-Tobago , Jamaïque). De plus , le poids économique et politique du Brésil sur ce continent permet de penser que son exemple a celle des années soixante sur le continent africain.


Enfin , le Brésil est pour Pékin un partenaire commercial sur mesure . Les efforts qu’accomplit la Chine pour développer ses échanges commerciaux dans le Tiers monde sont souvent freinés par la faible industrialisation des pays . Or le Brésil , lui, disposé d’une industrie relativement développée et capable de produire pour l’exportation . Cette optique « tiers modiste » était d’ailleurs soulignée par le Quotidien du peuple selon lequel les deux pays seraient amenés à se soutenir « dans leur lutte contre l’impérialisme , le colonialisme et l’hégémonie ».


JEUNE AFRIQUE -N° 712

le 31 août 1974

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