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    2009.

















28/5/75

GRANDE-BRETAGNE


Le pétrole de la mer du Nord
au secours d’ un pays en faillite


LONDRES :
De notre envoyé spécial
Jacques BUOB


Pratiquement chaque semaine des chasseurs de la Royal Air Force décollent pour aller intercepter et détourner des appareils soviétiques à long rayon d’ action qui rôdent au-dessus des plates-formes de forage de la mer du Nord. A plusieurs reprises, d’ autre part, de paisibles chalutiers russes ont été aperçus, traînant nonchalamment leurs filets aux confins de cette zone. Le pétrole britannique paraît intéresser Moscou. Et cela commence à agacer le gouvernement de Sa Gracieuse Majesté.


Le ministre de la Défense a annoncé récemment que cinq bâtiments pouvant filer seize noeuds et équipés de canons de 40 mm seraient mis prochainement en chantier. Ils seront placés à la disposition de la Royal Navy pour protéger les installations de haute mer contre "des actes de sabotages ou une éventuelle menace navale". En fait, bien plus que la curiosité soviétique, Londres craint un coup de force de l’ I.R.A., ou des petits groupuscules extrémistes écossais.


Toutes ces précautions - jugées encore insuffisantes par certains - s’ expliquent par le profit considérable que la Grande-Bretagne compte tirer de son pétrole. Selon les estimations. Les réserves atteindraient actuellement trois milliards de tonnes . Encore ce chiffre pourrait-il être réévalué au cas où de nouveaux gisements seraient découverts. En comptant sur une production annuelle de cent à cent vingt millions de tonnes, le Royaume-Uni pourra satisfaire à l’ ensemble de ses besoins en pétrole à partir de 1980 et pendant vingt-cinq à trente ans.


Ce sont des chiffres qui font rêver tout le pays. Les Britanniques y voient la fin de tous leurs maux. Pour beaucoup, la crise qu’ ils traversent actuellement n’ est qu’ un mauvais moment à passer en attendant que les pipe-lines déversent leurs flots d’ or noir sur le sol du Royaume.


Et, de fait, l’ exploitation des hydrocarbures en mer du Nord ne pourra avoir qu’ une influence positive sur la déplorable situation économique de la Grande-Bretagne. Au prix supposé de onze dollars le baril, la production des pays pourrait atteindre en 1980 la somme annuelle de huit milliards de dollars.


Des retards
dans les travaux


De plus, le pétrole fera tourner de nombreuses industries annexes. Cinq cent cinquante firmes participent déjà à un niveau ou à un autre à l’ exploitation. Elles devraient investir d’ ici à 1980 trois milliards de livres d’ argent frais. La Grande-Bretagne s’ attend bien sûr à en profiter pour une bonne part. Déjà, depuis 1970, environ vingt mille emplois ont été créés directement ou indirectement liés à l’ industrie du pétrole.


Mais ce bel enthousiasme s’ est quelque peu ralenti depuis quelques mois. L’ industrie britannique, mal adaptée, a dû laisser filer des commandes importantes qu’ elle était incapable de fournir, notamment en ce qui concerne certains aciers spéciaux.


Les recherches et les travaux préparatoires ont, d’ autre part, coûté au pays 1,4 milliard de dollars l’ an dernier. Dans ces conditions, il faudra attendre encore trois ans pour aboutir à un solde positif de la balance des paiements à condition que la prix mondial du pétrole ne baisse pas.


Le coût de ce pétrole promet d’ être aussi assez élevé en raison des difficiles conditions d’ exploitation. Les chiffres avancés (entre quatre et six dollars le baril) apparaissent très optimistes aux yeux des observateurs.


Enfin, l’ ensemble des compagnies notent des retards considérables dans leurs travaux. Les premiers pipe-lines ne seront pas ouverts cet été comme prévu. Et il est douteux aujourd’hui, malgré les déclarations optimistes du ministre de l’ Energie, M. Varley, que la Grande-Bretagne soit autosuffisante dès 1980.


Pendant, que, sur le terrain, ingénieurs et ouvriers se battent contre les éléments pour ne pas accumuler les retards, une importante réunion s’ est tenue à Londres. Elle réunissait les représentants du ministère de l’ Energie et ceux des compagnies pétrolières. Son sujet : amorcer les discussions sur la participation de l’ Etat britannique dans le capital des sociétés et sur le montant des royalties à verser. Ce qui pour Londres est somme toute le plus important de toute l’ affaire.

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