Avertissement: Ce site n'est plus maintenu à jour. Vous pouvez continuer à le consulter en archive.

U-005-032-001

  • Recherche textuelle
  • Brèves
  • Des interviews exclusives de Dja-Apharou ISSA IBRAHIM, ami et confident de Jacques Baulin, responsable par donation de l’intégralité des documents constituant le fond, et président de l’association sont actuellement publiées dans la rubrique présentation.

  • Les trois ouvrages de J. Baulin : Conseiller du président Diori, La politique africaine d’Houphouët-Boigny et La politique intérieure d’Houphouët-Boigny
    seront disponibles sur le site en version iBook et en version Pdf dès septembre
    2009.
















20 OCTOBRE 1975

IMF Survey
Bulletin du FMI


Les prix du pétrole montent...


La demande s’ affaiblit et
la production diminue au
premier semestre de 1975


La Conférence des ministres de l’ Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), qui s’ est tenue à Vienne du 24 au 27 septembre, a convenu de relever les prix du pétrole brut à compter du 1er octobre et de les maintenir à ce niveau jusqu’au 30 juin 1976.


Le prix du brut de référence, brut léger d’ Arabie Saoudite 34° API, a été majoré de 10 pour 100 et porté à 11,51 dollars le baril. Les membres de l’ OPEP augmenteront proportionnellement le prix des différentes catégories de pétrole brut qu’ ils produisent. Compte tenu de la qualité, des frais de transport et d’ autres facteurs, la hausse du prix des pétroles bruts des membres de l’ OPEP devrait être, en moyenne, d’ un peu moins de 10 pour 100.


Ce relèvement des prix est entré en vigueur malgré l’ affaiblissement continu de la demande, dû à plusieurs facteurs. L’ auteur de l’ article ci-après examine la situation de l’ offre et de la demande mondiales de pétrole pendant le premier semestre de 1975 et analyse les données fragmentaires dont on dispose actuellement sur le troisième trimestre. Enfin, il explique en fonction du système existant de fixation des prix du pétrole la mesure adoptée récemment par l’ OPEP en matière de prix.


Demande


La demande mondiale de pétrole a continué de baisser durant la première moitié de 1975 et, selon les informations fragmentaires disponibles, cette tendance s’ est également poursuivie pendant le troisième trimestre. Les principaux facteurs qui y ont contribué sont 1) le ralentissement de l’ activité économique en particulier dans les pays industrialisés ; 2) la hausse des prix à l’ exportation du pétrole brut ; 3) les mesures de conservation adoptées notamment par les autorités de quelques pays importateurs qui ont relevé le prix des produits dérivés du pétrole et 4) la température clémente.


Situation de l’ offre, de la demande de pétrole


On estime que la demande de pétrole dans les principaux pays consommateurs, qui représente plus des trois quarts de la demande mondiale (à l’ exclusion des pays à économie planifiée), a diminué de près de 3 pour 100 pendant le premier semestre de 1975 par rapport à la première moitié de 1974, ce qui équivaut à environ 1 million de barils par jour (b/j) et contraste nettement avec les récentes augmentations (qui avaient atteint 8 pour 100 il y a deux ans).


La baisse de la demande de pétrole a fortement varié selon les principaux pays consommateurs et atteint un taux maximum supérieur à 8 pour 100 au Japon, en France, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, alors qu’ elle était beaucoup moins importante en Italie et en République fédérale d’ Allemagne. Aux Etats-Unis, où elle constitue près de 30 pour 100 de la demande mondiale, la consommation qui avait baissé de 4 pour 100 entre 1973 et 1974 n’ a pratiquement pas changé entre janvier et juin 1975.


Production de pétrole brut


Le fléchissement de la demande de pétrole a provoqué, pendant la première moitié de 1975, une forte régression de la production mondiale qui s’ établissait en moyenne à 52,3 millions de b/j - en baisse de près de 8 pour 100 rapport au niveau déjà très bas enregistré de janvier à juin 1974.


Dans l’ hémisphère occidental, la production a fléchi de 9 pour 100 : elle a en effet, continué de reculer aux Etats-Unis (de 6 pour 100) où elle est tombée à un peu plus de 8,4 millions de b/j, et a nettement baissé au Venezuela et au Canada. Au Moyen-Orient, elle a diminué pour la première fois depuis d nombreuses années (13 pour 100). En Afrique, elle a régressé de 20 pour 100.


La production de pétrole des membres de l’ Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), qui représente plus de 50 pour 100 de la production mondiale (pays à économie planifiée compris), s’ est établie, en moyenne, à quelque 26,5 millions de b/j, soit une baisse d’ environ 16 pour 100 par rapport au premier semestre de 1974. Les statuts de l’ OPEP ne contiennent aucune disposition visant à fixer le pourcentage dont il y a lieu, le cas échéant, d’ accroître ou de réduire la production de chacun de ses membres. Aussi, le niveau de production de chaque pays est-il dans une large mesure fonction de la concurrence relative de leur pétrole brut.


L’ accroissement considérable de la production de l’ OPEP au troisième trimestre, malgré la faible demande, s’ explique en partie par l’ accumulation de stocks. La production devrait plafonner au quatrième trimestre et s’ établir en moyenne à quelque 27,5 millions de b/j pour l’ année, soit environ 10 pour 100 de moins qu’ en 1974.


Pour mieux comprendre la récente majoration des prix décidée par les membres de l’ OPEP, il convient d’ expliquer - sans complexe de fixation des prix du pétrole en commençant par les plus visibles d’ entre eux, à savoir les prix affichés. Ces derniers, fixés depuis le mois d’ octobre 1973 par les gouvernements des pays exportateurs de pétrole, ont toujours été utilisés comme valeur de référence pour le calcul des impôts et des redevances des sociétés concessionnaires. Depuis deux ans, ils servent aussi de base au calcul des pris de vente officiels du pétrole. Pour les producteurs du golfe Persique, par exemple, les prix de vente sont égaux à 93 pour 100 des prix affichés.


Jusqu’à 1973, les compagnies pétrolières internationales étaient généralement propriétaires de la totalité du pétrole produit sur leurs concessions et les pays exportateurs ne recevaient que le produit des redevances et de l’ impôt sur le revenu. A dater du 1er janvier 1973, plusieurs pays du golfe Persique membres de l’ OPEP ont adhéré à l’ accord général sur la participation, conclu sur l’ initiative de l’ Arabie Saoudite et par lequel ils obtenaient 25 pour 100 des actions des concessions des compagnies pétrolières. Cette part a été portée à 60 pour 100 le 1er janvier 1974. Dans le cadre de ces dispositions qui s’ appliquent sous des formes diverses à un certain nombre de pays producteurs en dehors du golfe Persique, le prix de revient moyen du pétrole pour les compagnies se compose de deux éléments : leur "pétrole-capital" propre sur lequel elles continuent d’ acquitter des redevances et un impôt sur le revenu et le "pétrole-participation" qu’ elles rachètent aux pays. Le coût du pétrole est déterminé pour les compagnies par le volume respectif de ces deux catégories.


Les prix du pétrole fixés par les membres de l’ OPEP se fondent sur le pétrole sert de brut de référence pour tout le pétrole de l’ Organisation. Le 1er janvier 1975, le prix affiché de ce "brut léger saoudien" était égal à 11,25 dollars le baril. Le tableau ci-contre explique la manière dont ce prix était utilisé jusqu’au 1er octobre, ainsi que les répercussions de la hausse appliquée à cette date et qui demeurera en vigueur jusqu’au 30 juin 1976.


Pendant les neufs premiers mois de 1975 bien que le prix du "brut léger saoudien" soit demeuré constant, l’ évolution du marché a entraîné une diminution des coûts de l’ impôt et/ou des prix du pétrole d’ autres pays exportateurs, notamment d’ Abu Dhabi du Nigeria, de l’ Algérie, de la Libye et de l’ Equateur, ce qui a provoqué une légère baisse du prix moyen du pétrole de l’ OPEP.


La décision de relever de 10 pour 100 le prix de vente officiel du pétrole "brut léger saoudien 34° API" semble avoir eu pour effet d’ accroître d’ un peu plus de 10 pour 100 la part de l’ Etat et les coûts pour les sociétés. Tout comme l’ évolution du marché a influé sur les coûts ou les prix des divers membres de l’ OPEP pendant les trois premiers trimestres de l’ année, le dernier relèvement décidé risque de devoir entraîner d’ autres ajustements. Pour le moment, chaque membre est libre d’ appliquer ou non cette augmentation, ce qui aboutira vraisemblablement à une hausse moyenne d’ un peu moins de 10 pour 100 des prix du pétrole de l’ OPEP.


Mariano Gurfinkel, FMI, Département des études


Production de pétrole brut des
pays membres de l’ OPEP

(milliers de barils par jour)





Janvier-juin

1975


Variation en

pourcentage

janvier-juin

1974/75



Arabie Saoudite


6.820


-18



Iran


5.430


-12



Venezuela


2.530


-19



Irak


2.175


+24



Koweït


2135


-25



Nigeria


1.170


-25



Emirats arabes unis


1.490


-13



Indonésie


1.235


-16



Libye


1.145


-38



Algérie


930


-5



Katar


450


-14



Gabon


210`


+27



Equateur


140


-39


Données : Données commerciales et estimations des services du Fonds


Prix du pétrole, coûts et recettes en 1975
(dollars E.U. le baril de pétrole brut sur
le marché d’ Arabie Saoudite 34° API)



1er janvier 1975





(1) Prix affiché


11,25$



(2) Prix de vente officiel (93% de (1))


10,46



(3) Coût de production


0,12



Pétrole-capital : prix, coût et recettes





(4) Paiement de redevances (20% de (1))


2,25



(5) Impôt sur le revenu (85% de 1-3-4))


7,55



(6) Part de l’ Etat ((4) + (5))


9,80



(7) Coût pour les sociétés pétrolières ((6) + (3))


9,92



Pétrole de participation : coût et recettes





(8) Coût pour les sociétés pétrolières

(prix de rachat)


10,46



(9) Part nette de l’ Etat ((8) - (3))


10,34



Coût et recettes pondérés





10) Prix de vente officiel


10,46



(11) Coût pour les sociétés pétrolières

(40% de (7) + 60% de (8))


10,24



(12) Marge de bénéfice des sociétés pétrolières


0,22



(13) Part de l’ Etat (40% de (6) + 60% de (9))


10,12



1er octobre 1975





(14) Relèvement récent des prix à Vienne

(10% de (2))


1,05



(15) Nouvelle part de l’ Etat ((13) + (14))


11,17



(16) Nouveau coût moyen pour les sociétés

pétrolières ((15) + (3))


11,29



(17) Nouveau prix officiel ((16) + (12))


11,51



(18) Augmentation de la part de l’ Etat,

en pourcentage


(14) : (13) = 10,37%



(19) Augmentation du coût pour les sociétés

pétrolières, en pourcentage


(14 : (11) = 10,25%


Données : Estimations des services du Fonds


Selon les données de IFS...


Décélération de la hausse
des prix à la consommation
dans les pays industriels


Pour la première fois depuis la fin de 1973, les réserves internationales de certains grands pays industriels ont recommencé à s’ accroître. C’ est ce qui ressort des chiffres publiés dans le numéro d’ octobre du bulletin mensuel de statistique du Fonds, International Financial Statistics (IFS).


Selon de chiffres incomplets présentés dans ce même numéro, la hausse des prix à la consommation dans plusieurs grands pays industriels s’ est ralentie en août 1975 par rapport aux taux élevés atteints antérieurement.


Réserves


La tendance observée pour les réserves internationales contraste avec l’ évolution enregistrée dans un certain nombre de pays au quatrième trimestre de 1973 et en 1974, époque où leur montant avait diminué par suite du renchérissement du pétrole et d’ autres produits de base essentiels. A fin août 1975, les réserves des pays industriels, qui englobent leurs avoirs en devises, en or et en DTS et leur position de réserve au Fonds, atteignaient au total l’ équivalent de 100,7 milliards de DTS. Elles avaient atteint leur niveau le plus bas des dernières années à fin février 1974, où elles étaient tombées à 91,3 milliards de DTS. (Les modifications de leur total étaient en partie dues à leur réévaluation.)


A fin août 1975, les réserves s’ établissaient à 13,4 milliards de DTS (contre 12,9 milliards de DTS à fin août 1974), celles de la France à 8,9 milliards de DTS (contre 7,1 milliards de DTS) et celles du Japon à 11,9 milliards de DTS (contre 10,9 milliards de DTS). Durant la même période, elles ont diminué en République fédérale d’ Allemagne, où elles se chiffraient à 26,5 milliards de DTS en août 1975, contre 28 milliards en août 1974 et au Royaume-Uni (5,1 milliards de DTS, contre 5,8 milliards).


Les réserves des principaux pays producteurs de pétrole ont continué d’ augmenter. A fin août 1975, les réserves de L’ Arabie Saoudite s’ établissaient à 18 milliards de DTS, contre 7,8 milliards de DTS un an auparavant, celles de l’ Iran atteignaient 7,9 milliards de DTS (contre 5,3 milliards) et celles du Venezuela 7,4 milliards de DTS (contre 4 milliards).


Les prix à la consommation


Dans la plupart des pays où aucun ralentissement de la hausse des prix ne s’ est manifesté pendant les 12 mois qui ont précédé juillet et août 1975 respectivement, le taux de l’ inflation a plafonné ou n’ a que légèrement augmenté.


La décélération a été particulièrement évidente aux Etats-Unis, où les prix n’ ont augmenté que de 8,6 pour 100 (août), 9,7 pour 100 (juillet) et une hausse maximum de 12,2 pour 100 en novembre et décembre 1974 ; au Japon avec : 10,7 pour 100 (août), 11,8 pour 100 (juillet) et une hausse maximum de 25,5 pour 100 en octobre 1974 ; en Belgique avec : 11,4 pour 100 (août), 12 pour 100 (juillet) et un maximum de 16,3 pour 100 en novembre 1974 ; et en République fédérale d’ Allemagne avec : 5,9 pour 100 (août), 6,2 pour 100 (juillet) et un maximum de 7,3 pour 100 en septembre 1974.


Au Canada, pendant la même période, le rythme de la hausse des prix s’ est maintenu à 11,1 pour 100 (juillet et août), contre 10,3 pour 100 (juin) et le taux maximum a été de 12,4 pour 100 en décembre 1974. D’ après les données disponibles, le taux d’ inflation entre juillet 1974 et juillet 1975 au Royaume-Uni est resté le même qu’ entre juin 1974 et juin 1975, à savoir 26,2 pour 100, le taux le plus élevé enregistré dans le monde industrialisé ; en Autriche, il est passé de 8,4 (juin) à 8,9 pour 100 (juillet) ; tandis qu’ il tombait au Danemark de 10,7 à 9,9 pour 100, et en Italie de 19 à 17,3 pour 100.


Par contre, la hausse des prix à la consommation s’ est ralentie dans d’ autres pays d’ Europe. En Finlande, elle a légèrement diminué, tombant de 17,8 pour 100 en juin à 17,6 pour 100 en juillet alors qu’ en Grèce elle tombait de 12,9 à 11,4 pour 100, et à Malte de 6,3 à 5,8 pour 100.


D’ après les données de IFS, les prix à la consommation dans l’ ensemble des pays moins développés ont augmenté en moyenne de 25,6 pour 100 entre mai 1974 et mai 1975, contre le taux sans précédent de 30,6 pour 100 enregistré entre septembre 1973 et septembre 1974, cependant qu’ en Suède il passait de 10,7 à 11,4 pour 100 et qu’ en Suisse il tombait de 8 à 7,4 pour 100.

Conférence "au sommet"


Les chefs d’ Etat ou de gouvernement des Etats-Unis, de la France, de l’ Italie, du Japon, de la République fédérale d’ Allemagne et du Royaume-Uni se réuniront en France du 15 au 17 novembre. Seront inscrites à l’ ordre du jour les questions suivantes : reprise économique mondiale, problèmes commerciaux et monétaires, énergie et matières premières, et relations entre pays industriels et pays en développement. D’ après les déclarations faites dans les capitales des pays intéressés, cette réunion organisée hors de tout cadre officiel sur l’ initiative du gouvernement français, permettra de procéder à des échanges de vues approfondis et fournira l’ occasion de renforcer les liens d’ une coopération constructive. Une réunion préparatoire d’ experts s’ est tenue à New York le 5 octobre.

ECONOMIES NATIONALES


Le Guatemala cherche à maintenir son taux
de croissance grâce aux ressources minières


L’ économie agricole du Guatemala, dont les recettes en devises proviennent essentiellement des exportations de café, a connu au cours des dernières années un taux de croissance relativement élevé par rapport à celui des autres économies de l’ Amérique centrale. La politique de développement du pays vise à maintenir cette expansion, principalement en améliorant l’ infrastructure et en exploitant les ressources minières, mais la répartition inégale de la population, qui compte environ 5,5 millions d’ habitants, continue de poser un problème.


La progression de 5,5 pour 100 (soit 3,5 pour 100 par habitant) du produit intérieur brut (PIB) en termes réels, constatée en 1974, était en fait un ralentissement par rapport aux 6,5 pour 100 par an (4,5 pour 100 par habitant) enregistrés en moyenne entre 1969 et 1973. L’ évolution du PIB en termes réels est fortement tributaire de la production agricole. En effet, la production industrielle, qui a augmenté en moyenne au même rythme que le PIB réel, a oscillé aux environs de 16 pour 100 du PIB. Elle a, en outre, contribué à aplanir les tendances globales de la production : les importants progrès enregistrés dans le domaine agricole ayant été parfois compensés par un ralentissement de la production industrielle, et vice versa. En 1974, cependant l’ activité a nettement diminué dans l’ un et l’ autre secteur : l’ agriculture a été affectée par un ouragan et des éruptions volcaniques, et l’ industrie manufacturière a subi les conséquences d’ un ralentissement de la demande intérieure de produits locaux.


Développement agricole


L’ agriculture, dont la part dans le total de la production intérieure a légèrement diminué en 1974, tombant à 27 pour 100 contre 28 pour 100 en 1972 et 1973, a progressé d’ à peine 3 pour 100 en termes réels. Au cours des dernières années, l’ agriculture a été l’ un des secteurs dynamiques de l’ économie guatémalienne, dans laquelle son importance va croissant ; cette évolution contraste avec la tendance observée dans certains centraméricain, et peut s’ expliquer en partie par le fait qu’ une fraction importante de la population du Guatemala ne semble pas encore très désireuse de changer d’ activité économique. La Banque nationale pour le développement agricole a été créée pour venir en aide au secteur agricole, l’ Etat avant contribué au capital pour un montant de 19 millions de quetzales en 1972-74 (1 quetzal = 1 dollar E.U.) sous la forme de prêts. La production agricole a été, cette année, affectée par les éruptions volcaniques qui ont commencé au début du mois d’ octobre dernier. Le sable et les cendres issus de ces éruptions ont presque complètement détruit la récolte de sésame et sérieusement endommagé les autres cultures. C’ est cette année que leurs effets sur la production de coton se feront pleinement sentir.


Le café, principal produit d’ exportation du Guatemala, est cultivé essentiellement sur les versants montagneux qui longent la plaine côtière du Pacifique, et fait de cette région l’ un des plus importants centres économiques du pays. Moins de 1 pour 100 de la population vit sur le plateau situé au nord des montagnes, qui couvre près de 50 pour 100 du territoire national. Les précipitations y sont abondantes et le sol modérément fertile, mais l’ activité économique est limitée par l’ absence presque totale d’ infrastructure.


Industries extractives et
manufacturières


L’ industrie extractive, qui occupe actuellement une place négligeable dans l’ économie du pays, pourrait prendre de l’ importance dans les années à venir, lorsque commencera l’ exploitation des gisements de pétrole, de nickel et de minerai de cuivre. Les recherches pétrolières se poursuivent à l’ ouest, près de la frontières mexicaine, où des poches ont été découvertes, et à l’ est près du lac lzabal. Pour encourager les investissements étrangers dans la recherche pétrolière, le gouvernement révise actuellement la Loi sur le pétrole en vue de reformuler et de clarifier de nombreux points trop peu précis. On pense que les gisements de minerai de cuivre à haute teneur sont très étendus dans la région de Cahabon où des droits d’ extraction ont été accordés à deux sociétés étrangères. C’ est cependant l’ exploitation des importants gisements de nickel de la région du lac Izabal - qui comprendra non seulement l’ extraction mais aussi l’ affinage du nickel en vue de son exportation - qui constituera la plus importante entreprise minière de toute l’ Amérique centrale. Une filiale de international Nickel, aux termes d’ un accord signé avec le gouvernement du Guatemala en 1971, met actuellement en place l’ infrastructure nécessaire. Ce projet, dont le coût total s’ élèvera finalement à 176 millions de dollars, doit s’ achever à la fin de 1976. Les investissements ont été évalués à 44 millions de dollars en 1975 et à 86 millions de dollars en 1976. La production annuelle doit atteindre 28 millions de livres de nickel, sous la forme de matte de sulfure de nickel.


Les biens de consommation (principalement les produits alimentaires, les boissons et le tabac) et les biens intermédiaires et d’ équipement constituent environ 50 et 20 pour 100 respectivement de toute l’ industrie manufacturière. L’ industrie du Guatemala est à vocation exportatrice, comme en témoigne le très net accroissement des exportations de produits manufacturés qui ont progressé en moyenne de 18,5 pour 100 par an entre 1969 et 1973 et - selon les estimations - de 52 pour 100 en 1974. Dans les échanges au sein du Marché commun centraméricain, les produits manufacturés constituent plus de 90 pour 100 des exportations du Guatemala.


Infrastructure


A la fin de 1973, le Guatemala avait un réseau routier de 13.450 km, dont 11.000 km de routes non revêtues, mais qui desservaient tous les grands centres de production et de consommation et les reliaient aux principaux ports. La première route allant de la partie septentrionale du Peten au centre du pays a été achevée en 1970, mais le réseau routier doit être amélioré, en vue, notamment, de continuer à développer la région septentrionale potentiellement propice à l’ agriculture. Long de 824 km, le réseau ferroviaire du Guatemala, qui comporte des lignes allant de l’ océan Atlantique à l’ océan Pacifique et de la frontière du Mexique à celle de El Salvador, est le plus étendu de l’ Amérique centrale.


Deux des quatre grands ports maritimes du Guatemala, Puerto Barrios et Santo Tomas de Castilla, sont situés sur la côte Atlantique. Le tiers environ du tonnage des exportations du pays passe par Puerto Barrios et le cinquième des importations entrent au Guatemala par Santo Tomas de Castilla. Deux ports situés sur la côte Pacifique, San Jose et Camperico, sont jugés inadéquats, et des études en cours prévoient la création d’ un troisième port sur cette côte.


Le modèle multilatéral de taux de change (MERM)


Le modèle multilatéral de taux de change mis au point par le Département des études du Fonds est un modèle d’ équilibre général du commerce entre 21 pays et deux groupes de pays, à savoir les principaux pays exportateurs de pétrole et le reste du monde. Le modèle est centré sur l’ incidence des variations des taux de change sur les courants commerciaux classés en quatre catégories de biens échangés (catégories conformes à la classification type pour le commerce international) et une catégorie de biens ne faisant pas l’ objet d’ échanges internationaux. On suppose que chacun de ces biens diffère dans une certaine mesure suivant le pays de production. On appelle "produit" un bien produit par un pays donné. C’ est pourquoi le modèle distingue 115 (23 x 5) produits différents, chacun d’ eux étant fourni par un seul pays. Divers contraintes sont imposées sur les fonctions d’ utilité afin que les nombreuses élasticités demande/prix puissent être calculées en fonction d’ un nombre assez limité de paramètres de base : la part dans le commerce, les élasticités des prix des importations et des exportations, ainsi que les élasticités des dépenses. Dans chaque pays, une matrice d’ élasticités de l’ offre représente quantitativement la possibilité de transférer des ressources de la production d’ un bien à la production d’ un autre, selon que l’ évolution des prix incite à stimuler l’ une ou l’ autre. Les déplacements des courbes de l’ offre dépendent des variations des taux de change sur le coût de la vie. On ferme le modèle en supposant que le niveau de la production réelle de chaque pays est un objectif déterminé de façon exogène. On suppose que les pouvoirs publics ajustent le montant total de la dépense nominale - par le jeu des politiques monétaires et budgétaire - du montant nécessaire pour atteindre la production totale recherchée. Le modèle est employé pour calculer, pour chaque pays, les variations de la dépense nominale et la balance commerciale qui correspondant aux variations choisies (proportionnelles) des niveaux de production et des taux de change pour tous les pays. Dans de nombreuses applications, la production réelle totale de chaque pays est maintenue à un niveau constant de manière à permettre d’ isoler les effets d’ une variation des taux de change.

info portfolio

Creative Commons License Fonds d’archives Baulin (http://www.fonds-baulin.org), développé par Résurgences, est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons : Paternité-Pas d’Utilisation Commerciale-Pas de Modification 2.0 France.
Plan du site
Site propulsé par l'Atelier du code et du data, chantier d'insertion numérique