U-006-004

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  • Des interviews exclusives de Dja-Apharou ISSA IBRAHIM, ami et confident de Jacques Baulin, responsable par donation de l’intégralité des documents constituant le fond, et président de l’association sont actuellement publiées dans la rubrique présentation.

  • Les trois ouvrages de J. Baulin : Conseiller du président Diori, La politique africaine d’Houphouët-Boigny et La politique intérieure d’Houphouët-Boigny
    seront disponibles sur le site en version iBook et en version Pdf dès septembre
    2009.


















ET SOCIALE


11/1/76


ÉNERGIE

L’Arabie Saoudite voudrait éviter que l’augmentation de sa production de pétrole ne bénéficie aux seules compagnies


Le ministère saoudien du pétrole et des ressources minières vient de confirmer, dans une déclaration officielle à l’hebdomadaire Middle East Economic Survey, son intention d’accroître ses ventes de "brut", mais de réglementer sévèrement celles-ci. Dans un communiqué publié le 10 janvier par le M.E.E.S., le ministère saoudien annonce que "des quantités supplémentaires de "brut" saoudien seront mises en vente, conformément à la décision du gouvernement d’augmenter la production".
"Les sociétés, ajoute le document, ont pris l’engagement de commercialiser ces quantités supplémentaires."


Le communiqué ne précise pas la quantité de pétrole qui sera ainsi mise en vente, mais affirme que la quote-part d’exportation de "brut" saoudien par pays sera la même que celle pratiquée jusqu’à présent.


Les sociétés qui achèteront de nouvelles quantités de "brut" saoudien aux nouveaux prix devront, en outre, présenter au gouvernement de Ryad des justificatifs sur la destination et les prix qu’elles pratiqueront, afin d’éviter que le pétrole acheté en Arabie Saoudite ne soit vendu aux consommateurs à des prix excédant la hausse initiale.


Dans une requête sans précédent , l’Arabie Saoudite demande enfin "la collaboration des gouvernements des pays importateurs en vue d’éviter toute exploitation du consommateur par un strict contrôle des prix sur le marché de la consommation".


Le M.E.E.S. rappelle d’autre part que les augmentations des prix saoudiens sont de 5 % pour l’ "Arabian Light" et l’ "Arabian Berri", de 3,6 % pour l’ "Arabian Medium" et de 3 % por l’ "Arabian Heavy".


D’autres pays viennent d’annoncer officiellement la hausse des prix de leur pétrole : les Emirats arabes unis, seuls pays à avoir suivi Ryad dans sa modération, augmenteront, avec effet rétroactif au 1er janvier, le prix du baril de 62,5 cents, soit un peu moins de 5 %.


Un marché fortement détendu


En revanche, l’émirat de Qatar, qui avait toujours suivi jusqu’à la réunion de Doha la politique pétrolière saoudienne, a précisé que ses nouveaux prix s’établiraient à 13,19 dollars par baril pour le "Dukhan" (terrestre", contre 11,85 dollars avant le 1er janvier, et à 13 dollars pour le "Marine" (off shore). Cela correspond à une hausse légèrement supérieure à 11 %.


Quels seront les effets de ces décisions - et particulièrement celle de l’Arabie Saoudite - sur un marché pétrolier fortement détendu, les compagnies ayant stocké en prévision de la hausse d’importantes quantités de pétrole lors du dernier trimestre de l’année 1976. D’ores et déjà le quotidien iranien Rastakhiz, organe du parti unique, indique le 9 janvier que la production pétrolière de l’Iran a diminué de 1,5 million de barils par jour depuis le 1er janvier, entraînant simultanément une baisse de 20 % de la production de gaz naturel.
Cette baisse, provoquée en partie par le refus de certaines compagnies d’enlever ce "pétrole cher", est due principalement à la faiblesse du marché. - (A.F.P., A.P.)


[Si ce communiqué officiel confirme la volonté de Ryad de peser à la baisse sur le marché du pétrole, l’absence de précisions sur l’accroissement de la production laisse encore planer un doute sur l’impact de la décision saoudienne. Au-delà, cette déclaration appelle deux commentaires : la maîtrise de la production n’a pas permis jusqu’à présent aux pays exportateurs d’influencer profondément la commercialisation. La distribution appartient toujours pour l’essentiel aux grandes compagnies internationales.
Ainsi, lors de l’embargo de 1973-1974, les pays producteurs ont été incapables d’empêcher l’approvisionnement des pays accusés de collaboration trop étroite avec Israël. Il sera donc bien difficile à l’Arabie Saoudite de contrôler les prix de vente de son pétrole au consommateur.


D’autre part, c’est aux seules compagnies qui forment l’ARAMCO - Exxon, Socal, Texaco et Mobil - que le gouvernement de Ryad a confié la commercialisation du surcroît de sa production. La décision saoudienne devrait donc bénéficier principalement à ces quatre sociétés américaines. - B.D.]


TROC


L’Iran aurait proposé de payer en pétrole brut l’entraînement en Grande-Bretagne de six cents de ses officiers le Synday Telegraph. Deux de marine, vient d’affirmer ans de cours au Royal Navy College de Darmouth coûtant environ 50 000 livres par officier, la Grande-Bretagne aurait pu ainsi se procurer près de 4 millions de barils de pétrole.


Mais le gouvernement britannique a refusé cette proposition, précise l’hebdomadaire anglais principalement parce qu’il y aurait déjà trop d’étrangers au Royal Navy College : 25 % des quatre cent quatre-vingts officiers.
Et, parmi eux, il y a déjà quarante Iraniens.


RAFFINERIE PROPRE ET RÉCOMPENSÉE


La raffinerie Shell installée à , en Gironde, a mis au point un système de recyclage de ses effluents qui élimine tous les rejets d’hydrocarbures et de phénol et qui et qui diminue de 98 % la pollution organique. Aussi M.Vincent Ansquer, ministre de la qualité de la vie, lui a-t-il décerné le prix du conseil supérieur des établissements classés.
Une autre récompense a été décernée au centre d’études et de recherches des charbonnages (CERCHAR) pour le projet d’un appareil de contrôle de la pollution atmosphérique.


AFFAIRES
M.COULAIS : les aides publiques à la sidérurgie ne peuvent encore être précisées.


Nancy, - Evoquant les difficultés de la sidérurgie lorraine, M.Claude Coulais, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’industrie et de la recherche, a déclaré samedi 8 janvier à Nancy, au cours d’une conférence de presse, que "les aides publiques de l’Etat ne peuvent actuellement être précisées puisqu’elles doivent faire l’objet d’études complémentaires au gouvernement et de concertation avec les élus de la région et les partenaires sociaux et professionnels, avant de devenir des décisions".


A cette occasion, quelque deux mille ouvriers sidérurgistes ont défilé dans les rues de Thionville (Moselle), puis y ont tenu un meeting samedi après-midi. La manifestation organisée par les syndicats C.G.T., C.F.D.T., F.O., C.G.C. et C.F.T.C. avait pour but de sensibiliser la population de la "métropole du fer" aux problèmes économiques posés à la région par les quatorze mille licenciements prévus dans la sidérurgie lorraine.


De leur côté, les responsables syndicaux C.F.D.T. de la sidérurgie lorraine ont mis au point le programme de l’action à engager pour protester contre les licenciements annoncés.


ENTREPRISES PUBLIQUES
M.Fiterman (P.C.) : nationalisation ne saurait être synonyme d’étatisation


"Pour éviter à notre pays de s’enfoncer dans la crise, il n’y a pas d’autre voie qu’une politique résolument nouvelle qui se donne pour priorité le renouveau national", a déclaré, le 10 janvier, M.Charles Fiterman, secrétaire du comité central, à l’occasion du colloque organisé par le parti communiste sur les "entreprises publiques". La mise en oeuvre de cette politique "implique en premier lieu l’extension du secteur public, la réalisation des nationalisations que nous proposons".


Ce développement du secteur public, a précisé M.Fiterman, "n’implique en rien le repliement de notre pays sur lui-même, la fermeture des frontières, l’autarcie".


Abordant le problème du rôle du marché dans l’économie, le secrétaire du comité central a tenu à préciser qu’il n’y
avait "pas de concordance" entre sa position et celle de Michel Rocard : "Je n’ai jamais dit que demain, une fois les nationalisations réalisées et la politique du programme commun mise en route, la "régulation" par le marché serait "globale".
Je ne l’ai pas dit parce que cette formulation est ambiguë, à tel point qu’elle a été interprétée comme l’annonce que l’économie capitaliste actuelle continuerait à fonctionner comme si rien ne s’était passé. En vérité, avec l’application de ce que nous proposons, la régulation par le marché capitaliste ne sera plus globale, mais partielle."



M.Fiterman a également insisté sur le fait que, pour le P.C., "nationalisation ne saurait être synonyme d’étatisation. (....) L’existence d’un secteur public élargi, l’existence d’un plan démocratique, devra conduire à la prise en compte de besoins sociaux et et nationaux précis. Elle devra conduire progressivement à ce que dans les calculs d’efficacité soient retenus tous les coûts, y compris ceux liés à la vie des hommes, à la vie des régions, aux implications d’une mise en cause de l’indépendance, aux évolutions prévisibles à long terme. La véritable rentabilité d’un investissement, d’une production, devrait tendre à se mesurer sur ces bases nouvelles. C’est seulement ainsi que naîtra une productivité nouvelle éliminant les gaspillages actuels."

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