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LA VIE ÉCONOMIQUE
ÉNERGIE


2/1/76

Au Venezuela Les compagnies étrangères ont pris leur parti de la nationalisation du pétrole


De notre correspondant


Caracas, - Les compagnies étrangères qui opèrent au Venezuela ont pris leur parti de la nationalisation du pétrole, qui entre en application ce 1er janvier. Elles ont adopté à l’égard du gouvernement une attitude relativement conciliante. Elles ont accepté sans discuter les compensations qui leur ont été offertes : au total, 4,3 milliards de bolivars 1 bolivar= 1 franc.. Les compagnies seront indemnisées dans les dix ans en bons de la Dette publique.


En revanche, les négociations entre l’Etat et les compagnies concernant les contrats de coopérations technique et d’approvisionnement se sont révélées difficiles.
Les compagnies ont exercé de vives pressions pour obtenir une réduction des prix de l’ordre de 20 à 25 cents par baril. Malgré la situation d’un marché déprimé et les difficultés qu’affronte actuellement le Venezuela pour écouler sa production. Caracas n’a pas cédé. Mais les accords qui devraient, en principe, être signés pour deux ans, renouvelables, ne portent que sur 1,5 million de barils par jour, au lieu des 2 millions au moins souhaités par le gouvernement. Si la compagnie Shell est prête à passer un contrat pour un volume équivalant aux exportations de sa filiale expropriée, Exxon ne s’est engagée à prendre que 75 % environ de la production de la Creole en 1975. Plusieurs compagnies de moindre importance ont refusé de contracter des engagements.


La conjoncture ne favorise pas le Venezuela. Les réservoirs (120 millions de barils) sont pleins, et la production à la fin de l’année 1975 a dû être réduite à environ 1,7 million de barils par jour, soit 50 % de la production moyenne de 1974. Cela n’inquiète pas outre mesure le gouvernement : les recettes budgétaires, qui proviennent, pour plus de 80 %, des taxes pétrolières, ont été calculées sur la base d’une production moyenne de 2,2 millions de barils par jour aux prix en vigueur avant l’augmentation du mois d’octobre, et les réserves en devises du pays s’élèvent à environ 15 milliards de dollars. D’autre part, le ministère des mines et hydrocarbures aurait trouvé de nouveaux clients tant aux Etats-Unis, marché traditionnel du Venezuela, qu’en Europe ou au Japon.


Contrairement à la procédure employée dans le cas de la nationalisation des mines de fer, le 1er janvier 1975, l’Etat n’a pas passé d’accords de management avec les compagnies pétrolières.
Tandis que les compagnies U.S. Steel et Bethlehem Steel ont continué, pendant un an, à administrer les opérations de leurs filiales Orinoco Mining et Iron Mines expropriées, la compagnies nationale pétrolière, Petroven, assume immédiatement la responsabilité de l’industrie pétrolière.
C’est sans doute la nationalisation la plus complète jamais réalisée par un grand pays producteur.
Elle est toutefois loin d’impliquer une rupture avec les compagnies transnationales : longtemps encore, Petroven dépendra d’elles sur le plan commercial et technique.


Des négociations serrées


Les négociations ont été serrées : d’une part il n’existait pas de précédent aux contrats de coopération envisagés, et, d’autre part, les compagnies maîtresses de la technologie exigeaient pour leurs services une rétribution jugée excessive à Caracas. Finalement, les tarifs accordés, liés directement au volume de la production, sont plus proches des 15 cents par baril offert par le gouvernement vénézuélien que des 25 cents réclamés par les compagnies.


"On est parvenu à établir un tarif juste", nous a dit M.Alberto Quiros, président de la compagnie Shell du Venezuela, qui a négocié ces mois derniers au nom de la compagnie mère et qui préside maintenant la compagnie Maraven (ex-Shell du Venezuela). On peut noter, à titre comparatif, que les bénéfices moyens par baril enregistrés par les concessionnaires au cours des années 1969-1974 ont été de 36 cents. Le ministre des mines, de son côté, a fait savoir que la rétribution des compagnies multinationales pour leurs services commerciaux et techniques ne dépasserait pas 1,7 % des bénéfices sur les exportations.
"De toute façon, assure M.Quiros, avec ou sans nationalisation, les bénéfices de la Shell n’auraient pas été supérieurs."


PHILIPPE LABREVEUX.

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