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LA VIE ÉCONOMIQUE


17/2/76

BILLET
L’Iran abaisse le prix de son pétrole
Nécessite fait loi


L’Iran a décidé, le 14 février, de ramener le prix de son pétrole de 11,495 à 11,40 dollars le baril, soit une baisse de 0,83 %.


Que les pays exportateurs de pétrole connaissent une certaine difficulté à écouler leur brut n’est pas une nouveauté. Voilà près d’un an, la crise économique et les programmes d’économie d’énergie aidant, qu’un retournement du marché s’est fait sentir. D’une situation de pénurie qui caractérisait 1973 et 1974, on a basculé dans l’abondance. Du coup, les premières entorses à la charte de l’OPEP sont apparues. Tour à tour, l’Indonésie, la Libye, l’Irak, l’Algérie ont tenté et tentent encore, par des astuces diverses, d’offrir sur le marché un brut un peu moins cher que celui du voisin. Ce que les spécialistes appellent "les différentiels" (les primes diverses de qualité ou de proximité des marchés de consommation), permettaient la pratique des rabais, tout en sauvegardant les apparences.


L’OPEP avait inscrit cette question à l’ordre du jour de sa conférence de décembre qui s’est terminée par le rapt des miniatres de l’organisation.
Depuis, aucun accord n’a pu être trouvé entre les différents pays exportateurs. En décembre, le Koweït a signé un accord avec les deux compagnies qui exploitaient le pétrole sur son territoire : Gulf Oil et British Petroleum pourront enlever pendant cinq ans, 50 millions de tonnes à un prix inférieur de 15 cents par baril au tarif officiel.


Pourtant, cette "mini-guerre" conservait jusqu’à présent un caractère fautré. Jamais un grand pays exportateur n’avait encore abaissé officiellement son prix. c’est maintenant chose faite. Certes, la diminution décidée par l’Iran est de très faible ampleur. Mais qu’elle soit le fait du second exportateur mondial, qui s’est toujours montré un partisan acharné de la hausse, et un censeur sourcilleux de ses partenaires de l’OPEP, prend valeur de symbole.


Comment expliquer ce revirement ? Pour l’Iran, nécessité fait foi. Ses exportations de pétrole ont fortement diminué l’année dernière. En décembre, la baisse atteignait 21,2 % par apport à décembre 1974, un pourcentage beaucoup plus important que celui des autres pays exportateurs.
Ce recul est dû pour une bonne part au fait que le "brut" iranien est utilisé pour la production de fuel lourd dont la consommation a particulièrement fléchi dans les pays industrialisés en raison de la crise économique. En outre le consortium, regroupant quatorze compagnies pétrolières n’a pas rempli ses obligations. Au lieu d’enlever 4,98 millions de barils par jour, les compagnies n’ont acheté que 4,24 millions de barils en moyenne l’année dernière. Les ventes sont même retombées à 3,7 millions de barils au cours du dernier trimestre, ce qui s’est traduit par un manque à gagner de 2,7 milliards de dollars pour l’Iran en 1975.


Or le chah a lancé son pays dans un vaste programme de développement. Il a un impérieux besoin d’argent. Reste à savoir si une baisse de 0,8 % du prix de son pétrole sera suffisante pour retrouver un niveau d’exportation permettant de combler la baisse de ses revenus.


La réponse dépend, pour une large part, de l’attitude des autres pays exportateurs. ne seront-ils pas tentés d’imiter Téhéran, amplifiant ainsi la concurrence au sein de l’OPEP, ce qui pourrait entraîner une désescalade des prix du pétrole. A moins, bien sûr, que la reprise économique qui semble se dessiner n’entraîne un nouveau retournement du marché.


JEAN-MICHEL QUATREPOINT

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