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    2009.

















30/5/76

LE MONDE


Fondateur : Hubert Beuve-Méry Directeur : Jacques Fauvet

L’ OPEP maintient le prix du pétrole
à son niveau actuel


La quarante-septième conférence ministérielle ordinaire de l’ OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) s’ est achevée le vendredi 28 mai à Bali. Les ministres du pétrole des treize pays appartenant à l’ Organisation n’ ont finalement, après quarante-huit heures de débat, pas modifié le prix du pétrole actuellement en vigueur. La prochaine conférence de l’ OPEP ayant été fixée au 15 décembre à Doha (QATAR), on pense que le "gel" des prix sera maintenu jusqu’à cette date. "Cette décision est responsable", a déclaré le président Ford.


Les ministres ont parvenus à un accord partiel sur la révision du système des "primes" qui fait varier les prix en fonction des différentes qualités de pétrole et des coûts de fret. Le nouveau mode de calcul ne devrait pas entraîner dans l’ immédiat de grands changements dans les prix.


Denpasar (Bali). - Le maintien des prix du pétrole brut au niveau de 11,51 dollars le baril pour la qualité Arabian Light, est à la fois une victoire de l’ Arabie Saoudite et une preuve supplémentaire de l’ incapacité de l’ OPEP à s’ entendre actuellement sur des sujets autres que des généralités bien imprécises comme la "défense de ses intérêts" ou la "solidarité du tiers monde".


Pour la troisième fois en moins d’ un an, l’ OPEP a en effet sauvé la façade de son unité après des discussions ardues.


En septembre dernier, l’ Arabie Saoudite isolée avait dû céder sous les pressions des "durs" et accepter une hausse de 10% des prix du pétrole ; en décembre, l’ Organisation n’ avait dû qu’ à l’ interruption inopinée de sa conférence du fait de la prise des délégués en otage de ne pas éclater pour une question qui mettait en jeu à peine 30 cents U.S. par baril : à la réunion de Bali enfin, c’ est le conservatisme qui l’ a emporté comme souvent lorsque des partenaires ne peuvent se décider unanimement pour un changement.


Le camp des modérés s’ est trouvé renforcé à Bali : l’ Algérie et le Qatar, ainsi qu’ à un moindre degré le Koweït et les Emirats arabes unis, ont soutenu l’ Arabie Saoudite, qui voulait un "gel" des prix. Dans le même temps, les demandes des partisans d’ une hausse des prix étaient elles-mêmes relativement plus modérées (au maximum de 20% par l’ Irak), ce qui a facilité la solution du problème.


Faute de mieux, l’ OPEP a cependant mis à profit la réunion de Bali pour remodeler de fond en comble son système de prix, en introduisant de nouveaux différentiels de qualités basés sur la valeur relative" ou "valeur de remplacement" des produits raffinés. Bien que partiel, cet accord marque un important progrès.


Le nouveau mode de calcul des différentiels (ou primes) a été proposé à l’ origine par l’ Algérie pour mieux tenir compte des réalités du marché pétrolier. Amendé par d’ autres pays, il entrera en vigueur immédiatement - la moitié des pétroles de la zone OPEC étant concernée - avant d’ être généralisé. Dans l’ ancien système, on ajoutait - ou retranchait, selon le cas - au prix du pétrole de référence (Arabian Light de 34 api exporté du port de Ras-Tanura, en Arabie saoudite) des primes selon la densité du brut, sa teneur en soufre et son port d’ embarquement plus ou moins proche des marchés consommateurs. Les différences de prix entre deux bruts opposés pouvaient aller jusqu’à 2 dollars par baril.


Désormais, le calcul ne se fera plus au niveau de pétrole brut, mais des produits raffinés, en tenant compte de deux différentiels seulement : la qualité (densité et viscosité) et le fret. Le prix de chaque pétrole brut sera calculé en remontant de la valeur des produits raffinés. L’ OPEP a distingué quatre grands courants d’ exportation : Etats-Unis, Europe, Japon et Caraïbes, et calculera la valeur de vingt-six bruts pour chacun de ces courants : la valeur des produits raffinés ou retranchera successivement les coûts de raffinage, le prix du transport et le bénéfice des compagnies, afin d’ obtenir un prix de base. Celui-ci pourra varier de 5% en hausse ou en baisse.


J.-F LEVEN.

Les problèmes nucléaires dans les relations


Washington confirme son intention
de vendre deux réacteurs
à la République Sud-Africaine


Parlant devant la commission des affaires étrangères du Sénat américain un responsable du département d’ Etat a confirmé, jeudi 27 mai, l’ intention des Etats-Unis de vendre deux réacteurs nucléaires à la République Sud-Africaine.


Selon le "Washington Post", qui rapporte cette information, cette décision s’ explique en partie par le fait que l’ Afrique du Sud a fourni d’ importantes quantités d’ uranium aux Etats-Unis à l’ époque où ceux-ci avaient de gros besoins pour leur programme militaire, de 1953 à 1961. Aussi était-il "naturel", a précisé M. Myron Kratzer, sous-secrétaire d’ Etat adjoint pour les affaires scientifiques, "que l’ Afrique du Sud figure parmi les pays avec lesquels une coopération serait établie en ce domaine".


Depuis 1961, Washington a fourni à Pretoria environ 120 kilos d’ uranium hautement enrichi destiné à alimenter un réacteur de recherche aux environs de Johannesburg.


L’ annonce de cette vente, qui doit être confirmée par la commission de réglementation nucléaire (Nuclear Regulatory Commission) à Washington, avait déjà suscité plusieurs réactions hostiles ces derniers jours, et pas seulement aux Etats-Unis, puisque les deux réacteurs à livrer à l’ Afrique du Sud doivent être fabriqués par un consortium groupant, outre la General Electric, une société hollandaise et une suisse. Aux Pays-Bas notamment, une crise ministérielle a été évitée de justesse à ce sujet (le Monde daté 23-24 mai), les membres socialistes de la coalition gouvernementale s’ opposant vivement à cette transaction avec le régime de l’ "apartheld". La décision de La Haye avait été suspendue en attendant la décision finale des Etats-Unis.


Cette faveur consentie par Washington au gouvernement de Pretoria cadre avec la politique annoncée par M. Kissinger à l’ égard de l’ Afrique noire , dans son récent discours de Lusaka. Mais elle surprend aussi sur un autre plan, compte tenu de la politique hautement restrictive prêchée, ces derniers mois, par les Etats-Unis à leurs alliés en manières d’ exportation de matériels et d’ équipements nucléaires. On sait que pendant la visite de M. Giscard d’ Estaing aux Etats-Unis, le principal et pratiquement unique sujet de désaccord entre Français et Américains avait été la politique jugée trop libérale de Paris en ce domaine.


MICHEL TATU

La politique d’ un cartel


Il arrive toujours un moment où la principale tâche d’ un cartel est de maintenir sa cohésion interne pour conserver les avantages acquis. L’ OPEP en est-elle à ce stade ? Les débats qui viennent d’ avoir lieu à Bali autorisent en tout cas à poser la question. Ils n’ ont, en effet, pris aucune décision sur le niveau à fixer pour le prix du "brut", ce qui revient à prolonger pour une période indéfinie (jusqu’à la prochaine réunion ministérielle prévue le 15 décembre à Qatar ?) le "gel" décidé pour six mois à la fin de l’ année dernière.


Pour la première fois, l’ Arabie Saoudite avait laissé clairement entendre, par la bouche du cheikh Yamani, qu’ elle n’ appliquerait pas une éventuelle hausse. Il a suffi de cette menace pour que les partisans d’ un nouveau relèvement, l’ Irak, la Libye, le Venezuela et le Nigeria, abandonnent au moins provisoirement leur demande, et par conséquent se rallient dans les faits au point de vue exprimé par le ministre du roi Khaled, et partagé par des pays aussi divers que l’ Algérie, le Koweït et les autres Emirats du Golfe.


Encore, le triomphe de la thèse la plus modérée est-il peut-être plus grand qu’ il n’ y paraît au premier abord. Il se pourrait bien que le nouveau système de fixation des barèmes de prix (pour tenir compte des différentes qualités de l’ huile produite) proposé par l’ Algérie, et qui va être partiellement mis en vigueur, se traduise par une réduction modeste des cours pratiqués.


On aurait toutefois tort de voir dans ces résultats de la conférence de Bali le premier signe d’ un affaiblissement de l’ OPEP. Un groupement comme celui-là est nécessairement de nature hyhride, à la fois politique et économique. Il est naturel qu’ avec le temps, et sauf circonstances exceptionnelles. Il ait tendance à donner le pas aux considérations économiques, faute de quoi il risquerait de perdre les armes mêmes de sa puissance. Si demain, comme le demande au sein de la CNUCED le groupe des "77" (représentant le tiers-monde), devait exister un système fortement structuré de stabilisation des cours des matières premières, il est probable que le souel de vendre finirait aussi par prévaloir sur celui de remporter des victoires diplomatiques sur les pays industrialisés consommateurs.

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