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20/8/76

UNE FACTURE DE PLUS EN PLUS LOURDE


"La hausse des prix du pétrole brut pourrait s’ établir aux alentours de 20%." Ce propos du ministre vénézuélien de l’ économie confirme les milieux pétroliers dans leur analyse : les prix du pétrole, "gelés" depuis un an, vont augmenter dans quelques mois ; le principe en semble aujourd’hui admis par tous les membres de l’ OPEP. Seul le montant de la hausse reste à déterminer ; sera-t-elle de 10%, taux estimé comme un maximum par l’ Arabie Saoudite ; de 20% comme le pense le ministre vénézuélien ; ou encore de 30%, comme le réclament plusieurs pays exportateurs ?


Cette hausse sera, de toute façon, lourde de conséquences pour la France. L’ énergie, qui avait quelque peu disparu des soucis quotidiens des Français et des pouvoirs publics, risque fort de revenir au premier rang de leurs préoccupations dans les prochains mois. D’ autant que la nouvelle hausse du "brut" - jugée inéluctable - aggravera une situation qui n’ avait déjà que trop tendance à se détériorer.


En septembre 1974, le gouvernement avait décidé de "fixer à 51 milliards de francs le montant maximal des sommes que la France consacrerait aux importations de produits pétroliers". La récession a servi deux ans de suite le dessin gouvernemental : de 111,5 millions de tonnes en 1973, la consommation nationale est tombée à 104,8 millions en 1974 et à 95,9 millions en 1975. Chute impressionnante, qui a permis à la facture pétrolière de la France de ne pas dépasser l’ an dernier 41 milliards de francs, 10 milliards de moins que le plafond fixé par le gouvernement.


Hiver rigoureux
et sécheresse


Depuis le début de 1976, le décor a changé. La reprise de l’ activité industrielle - même si elle a quelque peu tendance à plafonner - entraîne une augmentation de la consommation d’ énergie. L’ hiver a été plus rigoureux, les automobilistes moins raisonnables (les ventes de carburants ont augmenté de 7% en un an). Enfin, la sécheresse se traduit pour l’ E.D.F., par une moindre production d’ électricité d’ origine hydraulique. Pour remédier à ce déficit, l’ établissement national va devoir se tourner massivement - c’ est déjà commencé - vers les centrales thermiques au fuel. Le mouvement apparaît dans les statistiques : du 1er janvier au 11 août, l’ E.D.F. a utilisé 8,36 millions de tonnes de fuel, contre 6,4 millions à pareille époque (+ 31%) en 1975. Pour l’ ensemble de l’ année, les experts prévoient une consommation de 13 à 13,7 millions de tonnes de fuel lourd, contre 10,7 millions en 1976, soit 22 à 28% de plus.


JEAN-MICHEL QUATREPOINT.


(Lire la suite page 17.)

CONJONCTURE


(Suite de la première page>


Globalement, on table sur une augmentation de la consommation d’ hydrocarbures en France d’ environ 10% pour l’ ensemble de l’ année (elle est de 8,1% pour les six premiers mois), ce qui se traduirait déjà par un renchérissement de nos importations de 4 milliards de francs environ. Or simultanément le renchérissement du dollar fait monter le coût des importations de pétrole. En 1975, le cours moyen du dollar tournait autour de 4,30 F. Depuis le début de l’ année 1976 il s’ établit à 4,70 F (+9%). Si les cours étaient restés à ce niveau, la facture des importations se serait alourdie de quelque 4 autres milliards. Mais le dollar avoisine maintenant 5 F. S’ il s’ y maintient, le coût des achats de pétrole sera encore accru de 3 milliards de francs supplémentaires. L’ objectif de 51 milliards de francs sera donc difficile à tenir en 1976. En 1977, la note risque d’ être encore plus lourde du fait de la hausse prévisible du "brut" (entre 10 et 30%).


Pour les consommateurs, cette détérioration de la situation va se traduire, dans un premier temps par une nouvelle augmentation des prix des produits pétroliers (carburant, fuel domestique) qui pourrait intervenir dès septembre, les compagnies pétrolières demandant une majoration des tarifs pour compenser la hausse du dollar. Elles chiffrent actuellement entre 10 et 20 F par tonne sortie de raffinerie (3%) le coût supplémentaire engendré par la baisse du franc, ce qui compte tenu des taxes, ne devrait entraîner qu’ une hausse modérée au stade du consommateur.


Rue de Rivoil, on ne veut pas se précipiter, Il faut attendre, dit-on, de voir si les cours du franc vont se stabiliser. D’ autre part, toute majoration du prix des produits se répercutera sur l’ indice du coût de la vie ; il n’ y a donc pas lieu de se hâter.


Dans un deuxième temps, les pouvoirs publics envisagent de nouveaux efforts pour économiser l’ essence. Il faut s’ attendre à un renforcement des contrôle sur les routes pour faire respecter la limitation de vitesse, M d’ Ornano, ministre de l’ industrie et de la recherche, va confier à une personnalité le soin de réaliser un catalogue des mesures à prendre pour diminuer la consommation de carburant des véhicules. Le de carburant des véhicules. Le rapport à ce sujet serait remis à la fin de l’ année. Il devrait déboucher sur un accord contractuel entre les pouvoirs publics et les constructeurs d’ automobiles aux termes duquel ces derniers s’ engageraient à adapter divers systèmes économisant les carburants sur les nouveaux véhicules.


Pour le fuel domestique, produit pour lequel les mesures d’ économie ont été le plus efficaces, on limitera en 1976-1977 le volume des mises à la consommation au niveau précédent, avec toute-fois une petite majoration (+3%) destinée à tenir compte.

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