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Page 40 - LE MONDE - 17 décembre 1976

LA VIE ÉCONO
ÉNERGIE

LA RÉUNION DE L’OPEP


Une partie du produit de la hausse du brut sera consacrée à l’aide aux pays les plus pauvres


Les ministres de l’OPEP ont mis à profit une partie de la matinée du 16 décembre - la conférence n’a repris qu’à 11 heures, - pour se consulter bilatéralement et pour en référer à leurs gouvernements. Une hausse du prix du pétrole de l’ordre de 10 %, peut-être légèrement inférieure, selon un délégué iranien, serait envisagée, mais les discussions porteraient encore sur les modalités de l’augmentation : trois fois 4 %, deux fois 5 % ou 8 à 10 % dès le 1er
janvier 1977. Une décision devrait être prise avant la fin de la matinée du 17 décembre.


L’Irak estimerait que 10 % est un minimum et ne doit pas préjuger les hausses futures, compte tenu du taux d’inflation dans les pays industrialisés. Quelle que soit l’augmentation, une part en sera affectée au Fonds spécial de l’OPEP chargé de l’aide au tiers-monde.


De notre envoyé spécial


Doha. - Parce que les ministres de l’OPEP sont retranchés dans un hôtel transformé en forteresse dont la presse est le plus souvent rejetée, il a suffi que le cheikh Yamani, représentant l’Arabie Saoudite, quitte la salle de conférences quelques minutes avant la fin des travaux, dans la soirée du 15 décembre, et que le ministre vénézuélien, M. Hernandez Acosta, dise en souriant que "l’atmosphère était fraîche, car les climatiseurs marchaient très bien" pour que l’on parle de tensions au sein de l’Organisation.
En réalité, dans l’après-midi de mercredi, seules cinq délégations - l’Algérie, l’Arabie Saoudite, l’Iran, l’Irak et la Libye - ont exprimé leur point de vue sur les différents sujets à l’ordre du jour, et il n’a nullement été question de débattre déjà du pourcentage d’une éventuelle hausse du prix du pétrole brut. Le ministre irakien, M. Tayeh Abdulkarim. a simplement tenu à souligner qu’une "large majorité était favorable à une hausse".


La plupart des délégations démentaient par ailleurs, avec vigueur, l’information en provenance de Washington, selon laquelle elles auraient été contactées par M. Kissinger ces jours derniers. En revanche, M. Yamani aurait avoué au ministre vénéguélien que le changement d’attitude des Saoudiens résultat d’une décision gouvernementale prise quarante-huit heures avant l’ouverture de la conférence.


En même temps qu’ils vont décider - ce jeudi ou vendredi matin - une augmentation du prix du pétrole, les ministres des pays membres de l’OPEP aimeraient trouver une solution aux problèmes du quart-monde.
L’impact global des hausses décidées par l’OPEP sur les économies des pays en voie de développement est particulièrement sensible. Une étude japonaise vient de démontrer que la hausse du coût des importations de l’Inde ou des Philippines, de 1970 à 1976, a dépassé 150 %, et que la production de cette augmentation, directement imputable au prix du pétrole, est des trois cinquièmes.


Parce qu’elle recherchait une légitimité morale à son action, l’OPEP - fer de lance du tiers-monde - avait décidé d’aider les pays les plus pauvres financièrement et de contribuer à l’élaboration d’un nouvel ordre économique mondial. Malgré le poids du pétrole l’organisation a jusqu’à présent échoué sur ce second point. Ses membres ont donc conscience de l’importance du développement de l’aide financière. "Il faut discuter de l’accroissement des contributions au fonds spécial avant de décider de la hausse des prix", estime M. Hernandez Acosta (le fonds dispose actuellement de 800 millions de dollars destinés pour moitié à des projets agricoles, le reste étant partagé entre le financement de projets industriels et celui des déficits commerciaux).


L’idée présentée il y a quelque temps par le chah d’Iran d’un prélèvement automatique de 5 cents par baril refait surface, et il a été admis par les participants - à l’initiative de l’Algérie - que, quelle que soit la hausse des prix, une fraction non négligeable en serait directement versée à l’alimentation du fonds, qui pourrait ainsi bénéficier d’une somme supplémentaire de 1 milliard de dollars. Tous les membres de l’OPEP sont bien d’accord cependant pour affirmer qu’il ne s’agit pas d’une compensation mais d’une aide au développement des pays les plus pauvres.
Les violentes critiques de Fidel Castro à l’encontre de ces nouveaux riches - les émirs et le chah d’Iran - sont présentes à tous les esprits.


Un autre sujet abordé depuis de longs mois par la commission économique et les ministres de l’OPEP - l’élaboration d’une échelle de prix en fonction de la qualité des pétroles - semble de moindre actualité. Réunie depuis le 11 décembre à Qatar, la commission a certes fait quelques propositions dans ce domaine, mais autant le problème pouvait paraître urgent lorsque la faiblesse de la demande avait amené les membres de l’Organisation à se livrer au travers des prix à une vive concurrence, autant il perd de son intérêt dans une période de forte consommation, où, comme l’a dit le cheikh Yamani, "chacun peut vendre autant de pétrole qu’il peut en produire, à l’exception, bien sûr, de l’Arabie Saoudite, qui peut en produire beaucoup plus qu’actuellement".


BRUNO DETHOMAS.

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