d’Agadez. Ces recherches confirmaient dès 1959, l’existence de gisements exploitables et notamment ceux d’Azelik et de Madaouela dont la richesse en uranium métal était évaluée à 4 000 et 6 500 tonnes respectivement. Dans le cadre de cette prospection, le CEA et le Bureau de Recherche Géologiques et Minières (BRGM) découvraient le site d’Arlit avec des réserves sûres de 20 000 tonnes d’uranium métal [2].

Dès confirmation de cette découverte, le président Diori harcèle Paris. Il se plaint des lenteurs du CEA à toute personnalité française de passage. Il multiplie les missives. Dans l’une d’elles, datée du 25 janvier 1967 et adressée à M. Couve de Murville, ministre des Affaires étrangères, il insiste pour « que ces ressources nouvelles soient exploitées sans tarder. » Dans sa réponse, le ministre du général de Gaulle lui donne l’assurance que « la construction des installations nécessaires à l’exploitation (commencera) dès la fin de 1967. »

Une fois la mise en exploitation rapide du gisement d’Arlit, le président Diori passe au palier suivant : il cherche à accroître, dans toute la mesure du possible, les profits provenant de l’exploitation de l’uranium de son pays. Là, les choses se compliquent. Il s’aperçoit bien vite que ses partenaires ne sont guère prêts à lui faciliter la tâche.

En effet, les responsables du CEA _passant outre aux directives politiques_ se livrent à une guérilla de type mercantiliste et se réfèrent constamment à la notion de rentabilité. Or, le Président le sait, le CEA a perdu des milliards de francs lourds par suite d’erreurs de jugements, de tâtonnements, d’errements dans le processus de choix de la filière nucléaire la meilleure. Et les Nigériens, interloqués, constatent que ce même organisme se bat pied à pied pour restreindre les retombées fiscales au Niger et préserver d’autant les intérêts commerciaux. Ainsi, le CEA cherche à bénéficier de l’exonération de la taxe spécifique sur les carburants, à obtenir une baisse de 50 % de l’impôt sur le bénéfice industriel et commercial et sur la taxe ad valorem. Il se croit même en droit d’intervenir en faveur de ses prestataires de services afin d’obtenir leur exemption de la taxe sur le chiffre d’affaires de 13% !

Les responsables s’acharnent à imposer leur point de vue, tout en admettant que la suppression de cette TCA priverait le Niger de 500 millions de francs CFA de rentrées fiscales. Le président Diori se montre d’autant plus scandalisé _et ne s’en cache pas pour le dire à haute voix_ que le CEA est censé être un organisme d’État.

Dans ce combat

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