internationale, les perspectives et l’ampleur d’une éventuelle révision du prix de l’uranium, le ou les modes de calcul possibles de ce prix, les possibilités de manœuvres de Niamey, de Paris, du CEA, etc etc. Il me garantit une discrétion parfaite ; elle sera effectivement assurée jusqu’au début de la phase finale des discussions franco-nigériennes à Niamey.

À cause des variations des prix du brut, donc des impératifs de l’actualisation, j’établirai trois rapports successifs. Le dernier, daté du 16 mars 1974, servira de document de base à la délégation nigérienne lors des ultimes négociations.

L’analyse politique s’avère aisée tant ses données paraissent évidentes. Le renversement du rapport des forces entre pays industrialisés et pays producteurs se manifeste clairement tout de suite, avant la fin des combats entre Égyptiens et Israéliens. En effet, les pays industrialisés paraissent désarmés face à la décision des producteurs arabes d’arrêter toute fourniture de pétrole aux États-Unis et aux Pays-Bas.

Loin d’élever la voix et de protester contre les hausses brutales de prix d’octobre et de décembre 1973, ils en sont réduits à demander simplement la levée de l’embargo. Personne ne songe alors à recourir aux canonnières, pas d’allusion à une quelconque solution à Mossadegh.

Autre phénomène non moins intéressant, des pays sous-développés _ceux de l’OPEP_ réussissent pour la première fois à obliger les puissances industrielles à prendre fait et cause pour eux sur le problème israélo-arabe : le Japon va à Canossa, tandis que les Neuf condamnent Israël qui, pour une fois, n’était pas l’agresseur.

Le budget de la Commission de l’énergie nucléaire américaine est augmenté de 44 % et voisine le milliard de dollars...

Chacun des États membres de la CEE, tout en proclamant sa solidarité avec Washington et La Haye, cherche, tout comme la France, à conclure des accords bilatéraux avec les pays producteurs. Les accords fermes de fourniture conclus par la France avec l’Arabie Saoudite et la Libye se font à des prix supérieurs à ceux fixés par l’OPEP à la conférence de Téhéran.

M. Charbonnel, ministre du président Pompidou, déclare à la tribune du Sénat qu’ « en l’état actuel des choses, c’est l’énergie nucléaire qui est le meilleur atout pour réduire la dépendance énergétique de la France. » Le groupe Péchiney-Ugine-Kuhlman annonce son intention « d’accroître rapidement la capacité de ses usines » pour la porter à 10 000 tonnes d’uranium contenu en 1978. Le Premier ministre, M. Messmer, fait siennes les conclusions auxquelles est parvenu huit mois auparavant M. Jean Couture, président de la Commission consultative pour la production d’énergie nucléaire. Il y recommandait « la

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