mise en service de 13 000 MW entre 1978 et 1982 », soit cinq fois plus que la totalité de la puissance installée en énergie nucléaire existant en 1973. M. Messmer va plus loin et décide bientôt d’accélérer le rythme de lancement de la construction des centrales nucléaires et d’arriver aux 13 000 MW dès 1980. Donc, objectivement, l’uranium nigérien doit faire prime.

Si la rédaction de la partie politique du rapport ne pose pas de problèmes majeurs, il en est autrement des aspects technico-économiques. Pour une raison bien simple à l’époque : personne, au Niger, n’a de connaissances sérieuses sur l’uranium. Heureusement, le Niger compte alors de nombreux amis hauts placés à l’EDF comme dans deux ministères techniques. Force est de le constater, ces amis font preuve de beaucoup plus de compréhension envers un pays pauvre ravagé par la sécheresse et la famine, que certains des représentants officiels et surtout officieux de la France. Ils fournissent sans hésiter les éléments de calcul qui nous permettront, entre autres, d’arriver aux prix de revient comparatifs de l’unité-fuel et de l’unité-atome.

Il nous faut aussi utiliser le portefeuille d’amitiés du Niger au Canada. Entre octobre 1973 et mars 1974, je vais quatre fois à Ottawa, les trois premières à titre officieux car je ne suis plus conseiller du président Diori depuis mars 1973, et la quatrième fois à titre officiel, avec une lettre du chef d’État nigérien, sans qu’il y ait eu pour autant changement de mon statut (Annexe 8). À chaque fois, j’en repars avec des faits, des chiffres, des arguments nouveaux pour étayer le dossier du Niger.

L’un des documents détaille le prix de revient du kWh nucléaire (0,75 cent américain, soit 1,875 francs CFA au taux de change du moment) et précise que la part d’uranium naturel consommé représente 3 % de ce chiffre. Le second nous amène à douter du sérieux des calculs de rentabilité du CEA, et nous fournissant le prix de revient du minerai canadien : avec une teneur trois fois plus faible, des difficultés d’exploitation énormes, des salaires très élevés, le prix de revient canadien est le même que celui d’Arlit...

Mon dernier séjour, comme je l’indiquerai dans mon compte-rendu au Président, sera particulièrement fructueux. Arrivé le lundi 11 mars 1974 à Ottawa, je repars pour Montréal et Paris le 13, après avoir rencontré, sans préavis spécial, M. Trudeau et plusieurs de ses ministres. Les instructions du Premier ministre du Canada à son principal adjoint, en ma présence, sont claires : « Il n’y a pas de secrets pour le Niger. »

À Paris, d’autres amis du Niger nous fournissent d’autres paramètres de base qui nous permettront de

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