remonter la filière et de préciser la valeur comparative des énergies d’origine nucléaire et pétrolière.

À partir de là, nous arrivons aux conclusions financièrement étonnantes que voici :
— sur la base de l’équivalence énergétique, une tonne de concentré d’uranium produisant grosso modo autant d’énergie que 10 000 tonnes de pétrole, le prix actuel de la tonne de concentré d’uranium nigérien, soit 5 250 000 francs CFA rendu port européen, devrait être multiplié par 42 et atteindre donc 220 000 000 de francs CFA ;
— en partant du prix de revient du kWh fuel, on obtient, pour les centrales nucléaires françaises, un coefficient multiplicateur de 13,60 et un prix plancher de 7 000 000 francs CFA comme prix de la tonne de concentré d’uranium...

Dans ce contexte, le juste prix de la tonne de concentré d’uranium nigérien devrait se situer quelque part entre 70 et 220 millions de francs CFA. Inutile de relever que nous sommes enclins à nous accrocher au chiffre résultant du calcul basé sur l’équivalence énergétique.

Et les clients ? Ils ne semblaient pas faire problème. Par exemple, on m’avait appris à Ottawa que la Tennessee Valley Authority avait demandé, fin 1973, des offres échelonnées totalisant 43 000 tonnes de concentré. Pour sa part, la United States Atomic Energy Commission évaluait en décembre 1972, la puissance des réacteurs en service alors dans le monde, à 31 361 MW et à 246 638 MW la puissance des réacteurs commandés ou prévus. Sur la base de 225 kg de concentré d’uranium par MW installé et par an, cela signifiait, à terme, 55 000 tonnes/an de concentré...

Tout naturellement, le Président cherche à établir des contacts avec des sociétés pétrolières ou minières américaines, scandinaves, etc [11].

À la même époque, les centrales nucléaires françaises totalisent 2 500 MW installés tandis que 2 500 MW sont en cours d’installation, sans compter les 13 000 MW dont la construction avait été lancée par M. Messmer. Elles consommeraient donc 4 050 tonnes/an d’uranate à partir de 1980, d’où un déficit de 2 600 tonnes, même en prenant en compte la production de la France métropolitaine. Le Niger et le Gabon _l’Australie, l’Afrique du Sud et les Etats-Unis étant, pour des raisons diverses hors course_ apparaissent donc comme des fournisseurs irremplaçables.

Dans cette perspective, il nous semble que les négociations entre les deux délégations se dérouleront dans une atmosphère détendue et déboucheront rapidement sur un accord préservant les intérêts des deux parties. Il en ira autrement.

Les négociations seront

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