espoirs d’un développement extrêmement rapide. »

Le Président Pompidou, alors dans la phase finale de la maladie qui devait l’emporter, lui répond le 7 mars. Sa lettre est empreinte de noblesse. Il place, pour la première fois, le problème de l’uranium dans son cadre naturel. Une revalorisation de l’uranium lui paraît normale, il se montre sensible à la volonté du Niger « de contribuer à la sécurité de notre approvisionnement en uranium » et propose une négociation tripartite franco-nigéro-gabonaise.

Le CEA change de tactique et on se retrouve, une fois de plus, devant le cas de figure classique d’un conflit franco-français : le Commissariat à l’Énergie Atomique est prêt à accepter une meilleure rémunération de l’uranium nigérien à la condition que l’État français _et non le CEA_ soit le payeur.

Cette optique nouvelle se manifeste dès le 15 février 1974, à la réunion du Comité technique inter-ministériel de l’uranium, par une déclaration de M. Taranger. « ... L’uranium nigérien étant pour la prochaine décennie indispensable à l’essor énergétique français », dit le porte-parole du CEA, le gouvernement français se trouve « contraint de faire un effort accru et important en ce qui concerne l’aide à apporter au Niger... [13]. » Quant aux taxes _qui elles, doivent être réglées par le CEA_ « il ne devrait pas être revenu sur ce qui a été écrit », déclare M. Taranger. Quelle sera l’ampleur de l’apport français ? « L’aide totale et souhaitable devrait atteindre, dit-il, quelques dizaines de milliards par an, pour permettre au Niger de décoller économiquement [14]. »

Donc, selon M. Taranger, l’uranium nigérien étant indispensable à la France, il propose que le gouvernement français prenne à sa charge, sous forme de contribution de plusieurs dizaines de milliards de francs CFA par an, le financement des livraisons d’uranium nigérien.

En clair, gouvernement français et CEA sont d’accord sur la nécessité d’augmenter dans des proportions considérables le prix de l’uranium nigérien, mais divergent sur celui d’entre eux qui doit régler la facture.

La « Conférence franco-nigéro-gabonaise » s’ouvre le 23 mars 1974 à Niamey. J’y suis depuis le 22 à la demande expresse du Président. Il souhaite de plus que je sois en permanence au Palais où se déroule la

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