réunion.

D’entrée de jeu, les chefs des délégations nigériennes et gabonaises « ont exposé à la délégation française que le métal produit pouvait être considéré d’une part sous l’aspect commercial, que les délégations africaines n’entendent pas discuter pour le moment, et d’autre part sous celui d’un apport effectif à l’économie française qui, dans le cadre de la coopération établie entre eux, doit contribuer également au développement économique et social du Niger et du Gabon [15]. »

Le chef de la délégation nigérienne précise encore que la production du seul Niger, soit 1 000 tonnes/an, équivaut à 10 millions de tonnes de pétrole se traduisant par une économie en « devises de l’ordre de 150 milliards de FCFA et un allègement de dépenses pouvant être estimé de 80 à 100 milliards de FCFA... »

Face aux Africains, la délégation française conduite par M. Guéna, ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, refuse d’envisager la prise en compte de ces deux paramètres fondamentaux de la problématique de l’uranium nigérien. Elle refuse de « s’engager dans une évaluation de l’uranium par comparaison au pétrole sur le plan énergétique » , s’obstine à ignorer le facteur « devises étrangères », et se déclare tout juste prête « « à réexaminer le prix actuel du métal et à étudier un accroissement de l’aide. » » C’est une négation à la fois des dernières positions et du Président Pompidou et du CEA. C’est la recherche de l’épreuve de force, le défi, même si la délégation française, constatant « la divergence fondamentale » entre les deux positions, promet avant la suspension de séance, un mémorandum pour le lendemain.

Le président Diori me demande mon avis. Je propose de porter l’affaire sur la place publique, d’officialiser la position française, de relever ainsi la contradiction criante entre les déclarations des officiels à Paris et les agissements de leurs représentants. Le moment semble d’autant plus propice au Président qu’à New York, l’Assemblée générale des Nations Unies débat du problème des matières premières énergétiques et autres. Or, dans cette discussion, la délégation française apparaît comme le champion incontesté d’une juste rémunération des matières premières et même d’une stabilisation de leur prix.

Une seconde séance de travail a lieu en début de soirée. La délégation française s’accroche à sa thèse : elle se refuse à donner une surprime à l’uranium nigérien car, affirme son porte-parole, le kWh nucléaire produit en France à

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