territoire conquis et s’abstiennent de faire le moindre effort pour ménager l’amour-propre du propriétaire des lieux. Ainsi, dans l’accord avec la société japonaise OURD (Overseas Uranium Resources Development Company Limited), on lit des phrases dans le genre « attendu que le CEA dispose dans la région d’Arlit de droits... attendu que le Niger... désire être partie à cet accord... »

L’échec du référendum en France, le départ consécutif du général de Gaulle et l’accession de M. Georges Pompidou à la présidence de la République offrent, semblent-il, des perspectives nouvelles. Le président Diori essaie donc une fois de plus de dépasser le marécage des magouilles, pour sortir de l’orbite de l’aide, et atteindre le niveau d’une coopération entre égaux.

Dans une lettre datée du 20 octobre 1969, il réitère en conséquence son désir « d’une transformation profonde du caractère des rapports établis entre nos deux pays. » Il veut, écrit-il, qu’à « la coopération de type classique où le plus faible des partenaires reçoit avec gratitude ce que le plus fort lui donne généreusement », succède « une véritable association. » Il s’y plaint aussi du manque d’efficacité de M. Yvon Bourges, chef de la délégation française, et l’explique précisément en termes fort diplomatiques par l’inertie de l’administration voir son manque d’esprit de coopération. Le Président précise encore que « le concours accru de la France doit se révéler nettement substantiel... pour assurer le décollage économique de mon pays. »

Dans sa réponse, datée du 21 novembre 1969, le président Pompidou admet la nécessité de différencier « notre aide traditionnelle, commune à tous les pays francophones, et la coopération particulière qui découle de nos accords sur la recherche et l’exploitation des mines d’uranium. » Reconnaissant « le caractère spécifique de l’association franco-nigérienne pour le développement de la production d’uranium », il propose en conséquence que « les concours exceptionnels du gouvernement français prévus par le protocole du 16 octobre 1968 pour la mise en valeur des gisements d’uranium » soient affectés au « fonds national d’investissements créé par le Niger. »

Donc, Georges Pompidou, conscient de la nécessité de ménager l’amour-propre de son correspondant, fait la distinction entre « l’aide » d’une part, et les « concours » de l’autre. Il laisse prévoir, de plus, un accroissement substantiel de l’effort financier de l’État français.

Quelques mois plus tard, toujours soucieux de préserver la

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