class="spip_note_ref"> [7], le tableau de l’évolution prévisible des recettes fiscales et des dividendes revenant au Niger, soit 2 600 000 francs français en 1973 et 32 000 000 en 1984. Ces chiffres on ne peut plus modiques repris par la grande presse réduisaient à néant la propagande du CEA sur sa prétendue générosité. Ses dirigeants ne pouvaient plus faire état du « pont d’or fait au Niger » ; de même, il devenait de plus en plus difficile de citer, sous forme de confidences, des sommes mirobolantes, et de se plaindre de « l’ingratitude de Diori ».

D’autre part, face à l’attitude condescendante de certains dirigeants du CEA qui se voulaient, de plus, porte-parole de la France, nous publiions des informations glanées dans la presse étrangère et mettant en relief l’anxiété des puissances industrielles _en 1970, bien avant le premier « choc pétrolier »_ pour s’assurer des sources d’approvisionnement en uranium. Je transmettais aussi au Président les informations recueillies ou recoupées au cours des déjeuners et dîners en ville. Mais cette activité incidente mise à part, je ne m’intéressais pas à la problématique de l’uranium nigérien.

Le président Diori ne m’associera pleinement, de façon directe et prioritaire, à son combat pour une juste rémunération de l’uranium nigérien, que durant les trois dernières années de sa présidence.

Dans cette lutte inégale mais décisive pour le destin du Niger, j’eus le privilège, l’honneur et aussi _pourquoi en faire un mystère ?_ le plaisir d’être à la fois le témoin fasciné par l’ampleur de l’enjeu et des risques, et aussi un acteur dont le rôle, quoique modeste, devait dépasser celui de figurant.

En juillet 1971, lors d’un entretien dans le petit salon du Palais, le président Diori me parle longuement et de façon détaillée, pour la première fois, des problèmes de l’uranium. Il termine son exposé en me disant : « La Francophonie est sur les rails, et le financement de la Route de l’Unité est acquis. Il est temps que vous vous atteliez à ce nouveau dossier autrement important, et même vital, pour l’avenir du Niger. » Bien entendu, j’acquiesce.

Ignorant jusqu’aux données les plus élémentaires du problème, je commence par la quête des documents. La mauvaise volonté évidente de certains responsables des différentes administrations nigériennes rend la collecte malaisée. Il me faudra plus de trois mois pour obtenir les photocopies des lettres échangées entre le président de la République du Niger et le chef de l’État français et ses ministres, les procès verbaux de la

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