Somaïr, du CTIU et de la CFNU, les différents décrets, lois, statuts, etc.

Leur lecture me plonge dans un profond étonnement que je ne me donne pas la peine de cacher dans le rapport succinct daté du 17 janvier 1972 dont l’original est remis au président Diori.

À cette époque, les prix du pétrole bougent déjà de façon notable. Le Financial Times de Londres [8] titre : « L’ère du pétrole bon marché est révolue. »

Les puissances occidentales commencent à récolter les fruits amers de l’avidité des grandes compagnies pétrolières. L’« Organisation des pays exportateurs de pétrole » (OPEP) n’a-t-elle pas été créée en 1960, en réaction à l’outrecuidance de ces sociétés qui, pour faire précisément obstacle à l’essor de l’énergie d’origine nucléaire, avaient baissé les prix du brut et répercuté cette baisse sur les pays producteurs de pétrole ? L’époque où l’on déclarait à l’EDF : « L’atome aura au moins servi à obliger les pétroliers à baisser leurs tarifs », paraît dépassée. Le prix de l’Arabian Light, brut de référence, est passé en 18 mois, de 1,80 à 2,59 dollars le 1er janvier 1972.

Au Niger, la sécheresse persiste et la famine s’étend à la quasi-totalité du pays. Les retombées financières de l’uranium s’avèrent décevantes. Au plan des relations franco-nigériennes, la tactique du lobby parisien semble prendre le pas sur l’optique du président Pompidou. En tout cas, son gouvernement manifeste des réticences. On hésite, à Paris, à placer franchement le problème de l’uranium sur le plan des relations entre États, et les « concours » financiers espérés s’amenuisent d’autant.

Le CEA pour sa part, en dépit des signes prémonitoires que constituent l’arrêt de la baisse des prix du pétrole suivi de hausses graduelles, freine la production. À la réunion du 2 octobre 1971, son directeur propose d’abandonner le projet de construction de la seconde tranche de l’usine de traitement destinée à porter la production annuelle de 700 à 1 500 tonnes d’U3 08.

Dépourvus de moyens de pression efficaces, nous tentons une fois de plus de porter le problème sur la place publique. Ainsi le quotidien parisien Le Monde [9] se fait l’écho de la déconvenue des autorités nigériennes :
« Le gouvernement nigérien, écrit-il, espère tirer de l’affaire quelque 20 millions de francs par an : le dixième de son budget. Mais ce rêve ne risque-t-il pas de se muer en

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