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d’un accord de défense dont au demeurant il n’avait jamais été question, du moins à ma connaissance, avant l’arrivée du leader libyen.

Je viens de débarquer à Niamey pour le début des négociations franco-nigériennes sur le prix de l’uranium. Je suis donc surpris de lire dans la livraison du 25 mars 1974 du Temps du Niger, la signature, lors de la visite du colonel Kadhafi, d’un « traité de défense et de sécurité, aux termes duquel chacune des deux parties s’engage à défendre l’autre en cas d’agression directe ou indirecte... » Sa publication, avec deux semaines de retard, lui donne de plus un cachet mystérieux.

Mais le président Diori ne paraît pas attacher une grande importance à toute l’affaire. Moi-même, apprenant l’absence de tout document officiel qui puisse être qualifié de « traité », voire de simple « accord », pense que l’événement n’aura aucun impact politique à l’intérieur ou à l’extérieur.

D’autant que le commandant Sani, qui sera le véritable maître d’œuvre du putsch, avait participé à toutes les phases des discussions en tant que membre de plein droit de la délégation nigérienne... [25] Par ailleurs, le Président, qui lui témoignait une grande confiance _au point de le consulter même sur des sujets totalement hors de sa compétence_ avait certainement discuté du problème avec celui qui était alors le Chef d’État-Major adjoint de l’armée nigérienne. Mieux, sur les questions militaires _nominations, armements, affectations, etc._ j’en témoigne, le Président passait très rarement outre aux avis du Commandant Sani. Il en découle, logiquement, que le chef de file des officiers putschistes ne s’était pas opposé à la signature de ce « traité de défense » [26]. On ne peut même retenir la thèse d’une machination de Sani _il aurait poussé le Président à se compromettre avec Kadhafi pour provoquer l’ire des candidats putschistes_ car toute l’armée savait qu’il participait aux négociations et qu’il était le confident de Diori Hamani... Donc le corps des officiers n’avait pu s’offusquer de ce texte.

De toute évidence, il en allait autrement dans certains milieux parisiens anxieux « d’en finir » avec Diori Hamani [27]. Je le

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