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prix de l’uranium d’Arlit. » Or, ajoute le député socialiste, «  le gouvernement français avait jusqu’à présent refusé toutes les propositions de réévaluation présentées par le gouvernement nigérien, notamment lors du voyage à Niamey de M. Guéna en mars 1974. »

M. Le Pensec demande en conséquence au ministre de démentir formellement «  toute hypothèse de collusion entre le gouvernement français, les services de M. Foccart et les putschistes nigériens », de « définir la position du gouvernement à l’égard des demandes de réévaluation du prix de l’uranium », de « faire connaître l’interprétation qu’il donne actuellement des accords de défense passés entre la France et le Niger. »

Pour ma part, j’écris au Premier ministre du Canada pour le prier d’intervenir « auprès des nouvelles autorités nigériennes afin que le président Diori soit traité de la façon la moins humiliante et la plus humaine possible. » [8]

L’émotion paraît particulièrement forte au Nigéria. Personne n’y a oublié le rôle généreux joué par le Président durant la guerre dite du Biafra, sa lutte courageuse pour préserver l’unité du pays. C’est pourquoi, dans les heures qui suivent l’annonce du coup d’État, les troupes nigérianes situées dans la zone frontalière sont mises en état d’alerte d’ordre du général Gowon. Celui-ci exige que M. Usman Faruk, le gouverneur militaire de l’État fédéré du Nord-ouest, rende visite au président Diori et s’assure personnellement de son bien-être. Le colonel Kountché se courbera.

Mieux, le 17 avril, M. Ibrahim Loutou, ambassadeur du Niger au Nigéria, arrive à l’aéroport de Lagos. M. Sani Kontagora, représentant du Nigéria à Niamey, l’accompagne. À sa descente d’avion, en présence de M. Loutou et en contradiction avec les règles les plus élémentaires de la diplomatie, M. Kontagora « regrette » le putsch car «  le président Diori Hamani était l’un des meilleurs présidents qui aient paru sur la scène africaine. » L’ambassadeur du Niger ne bronchera pas. Il s’évertuera à assurer la presse nigériane et étrangère que le putsch «  n’a pas été téléguidé de l’extérieur » et que la mort de la Présidente était « complètement accidentelle. »

Le 18, radio Lagos diffuse à plusieurs reprises le texte du message envoyé par le général Gowon à la junte de Niamey dans lequel il insiste sur la nécessité

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